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Réflexion sur nos perceptions sensorielles

Que ce soit consciemment ou inconsciemment nous sommes constamment assujettis à nos perceptions et dans cet article plus précisément les perceptions sensorielles. Pour bien comprendre celles-ci, commençons par leur définition. Dans le chapitre “Perceptions sensorielles et perceptions mentales” du livre “Comment comprendre l’esprit”, G. K. Gyatso nous dit que, je cite : “La perception sensorielle est, par définition, une perception qui se développe en dépendance de sa condition dominante non commune, un pouvoir sensoriel possédant une forme“. La fonction principale d’une perception sensorielle est, respectivement pour nos cinq sens, de voir des formes, d’entendre des sons, de sentir des odeurs, de faire l’expérience de goûts et de saveurs, et de faire l’expérience du contact avec des objets.

Chacune de ces cinq perceptions sensorielles se développe en dépendance de sa condition dominante, c’est-à-dire ce qui aide principalement à son développement. Par exemple la perception sensorielle de l’œil se développe en dépendance du pouvoir sensoriel de l’œil, la perception sensorielle de l’oreille se développe en dépendance du pouvoir sensoriel de l’oreille, et de même pour les autres perceptions sensorielles. Chacun de ces pouvoirs sensoriels a pour fonction de générer la perception de l’organe correspondant. Ainsi, le pouvoir sensoriel de l’œil a pour fonction de générer directement la perception de l’œil. Les autres pouvoirs restant se comprennent de manière semblable. Pour chaque perception sensorielle il existe une condition dominante commune et une condition dominante non commune.

Pour qu’une perception se développe, celle-ci a besoin d’un pouvoir mental qui est sa condition dominante non commune. Sans le pouvoir sensoriel correspondant, la perception ne pourrait pas se développer. Ce n’est pas parce que nous possédons l’organe œil par exemple que forcément nous pouvons voir. S’il n’y a pas le pouvoir sensoriel de l’œil, même si nous avons nos deux yeux, nous ne pouvons voir. Parce que la perception de l’œil dépend avant tout du pouvoir sensoriel de l’œil. Toujours dans le livre “Comment comprendre l’Esprit”, il est mentionné que :  “Le pouvoir sensoriel de l’œil est un pouvoir intérieur, ou énergie qui réside au centre même de l’organe œil, dont la fonction est de générer directement la perception de l’œil“. Si nous n’avons pas ce pouvoir sensoriel de l’œil ou que ce dernier est défectueux, nous n’allons pas pouvoir voir. De même avec l’oreille, l’organe oreille, sans le pouvoir sensoriel de l’oreille, parce que absent ou défectueux, soit nous n’allons pas pouvoir entendre, soit nous allons entendre mal.

Ce que nous connaissons à travers nos perceptions sensorielles nous aide à générer un esprit conceptuel, c’est-à-dire une pensée qui appréhende son objet par l’intermédiaire d’une image. Lorsque nous disons que “Tout est création de l’esprit” cela veut dire que celui-ci crée une image de l’objet. Lorsque nous observons une bougie allumée, aucune bougie allumée ne se trouve dans notre esprit, mais seulement son image générique. Et à partir de cette image  l’esprit génère une perception conceptuelle en imputant une désignation, une étiquette “bougie” à cet objet perçu. Selon le même processus de raisonnement nous pouvons développer la réflexion pour l’oreille, la langue, le nez et le toucher.

Rédigé d’après mes révisions du livre “Comment comprendre l’Esprit”, sujet du Programme fondamental enseigné en 2016 au Centre Atisha de Genève.

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D’où vient le bonheur et d’où vient la souffrance

Actuellement nous, les êtres humains, vivons dans le règne du désir. Ce désir se manifeste dans notre vie principalement par deux aspirations : celle d’être heureux et celle de ne pas souffrir. Malheureusement notre quête du bonheur est continuellement anéantie par la souffrance produite par nos perturbations mentales. Et lorsque nous croyons enfin être heureux, ce bonheur n’est que de courte durée, emporté par une grande insatisfaction. Nos désirs ne se concrétisent jamais complètement. Dans la méditation d’une personne de capacité intermédiaire du livre “Comment comprendre l’Esprit”, G.K. Gyatso écrit, je cite : “Nous avons d’innombrables désirs, mais quels que soient nos efforts pour les satisfaire, nous n’avons jamais l’impression d’y parvenir. Même quand nous obtenons ce que nous voulons, nous ne l’obtenons pas de la manière dont nous l’aurions voulu“.

Si nous contemplons l’explication de G.K. Gyatso, naturellement une question profonde surgit dans notre esprit : Mais alors : “D’où vient le bonheur et d’où vient la souffrance”, si nous avons tant de difficultés à réaliser notre bonheur et à supprimer la souffrance dans notre vie ? Nous persistons à croire que dans le samsara, il doit bien exister quelque chose qui puisse nous rendre heureux durablement et faire cesser nos souffrances définitivement. En fait, notre grande ignorance nous fait croire cela. Bouddha nous dit pourtant que dans le samsara, il n’y a absolument rien qui puisse nous rendre heureux et que nous devons renoncer à lui sous peine de souffrir encore et encore. Le samsara n’est pas un endroit géographique, c’est une création de notre propre esprit impur sous l’emprise de l’ignorance de la saisie d’un soi et des perturbations mentales.

Pour développer le renoncement au samsara, nous devons appliquer dans notre vie un nouveau paradigme. A savoir que tout ce que manifeste le samsara dans notre esprit est trompeur et nous serions bien inspirés d’en tenir compte à chaque instant. Ce ne sont que des apparences ou des illusions qui habitent notre esprit. Cela va-t-il vouloir dire que nous devrions renoncer à notre logement, notre travail, notre partenaire, nos amis et ainsi de suite et vivre comme un ermite dans une caverne loin de toute civilisation ? La finalité de tout objet samsarique ne peut nous éviter la souffrance et nous procurer le bonheur durable que nous recherchons depuis toujours. Alors que faire ? Il est très important de bien comprendre ce à quoi nous renonçons. Depuis des temps sans commencement nous nous sommes trompés à ce sujet. Plus précisément, nous nous sommes trompés sur la vraie origine du bonheur et de la souffrance.

Notre erreur vient du fait de croire que le bonheur et la souffrance viennent de l’extérieur de notre esprit. Notre bonheur semble dépendre de la possession de choses samsariques ou au contraire du rejet de ces mêmes choses samsariques. Nous pensons : “Il faut que je possède et accumule certaines choses” ou bien : “Il faut que je me débarrasse de certaines autres choses”. Ce faisant nous pouvons passer d’un extrême à l’autre, à savoir de la possession maladive de tout ce qui nous fait envie au rejet le plus total. Ni l’un ni l’autre ne nous rendront heureux et sans souffrance. Ne comprenant pas leur véritable provenance, nous échouons dans toutes nos tentatives de libération de ceux-ci. Cette erreur cruciale, nous la commettons tous. Ce manque de compréhension nous fait penser que le bonheur vient de la richesse provenant du monde ordinaire dans lequel nous vivons et que la souffrance provient de causes et de conditions issues de ce même monde ordinaire.

Nous attribuons la capacité de nous rendre heureux à quelque chose se trouvant à l’extérieur de notre esprit. De même nous attribuons la cause de nos souffrances à quelqu’un ou quelque chose d’extérieur. Ne comprenant pas que le bonheur et la souffrance viennent de l’intérieur, intellectuellement oui nous comprenons cela, mais nous devons vraiment le vivre au quotidien en contemplant nos réactions aussi bien lorsque nous sommes fatigués ou en colère, que tout va de travers dans notre vie que lorsque nous avons l’impression d’avoir goûté au bonheur, fusse-t-il même de courte durée. Nous blâmons ou nous exaltons uniquement des causes extérieures dans ces moments-là. Si nous possédons un esprit insatisfait et perturbé, où que ce soit et quelles que soient les conditions extérieures nous serons malheureux.

Nous avons besoin d’isoler notre esprit des perturbations mentales. Lorsque nous utilisons des moyens extérieurs pour dompter notre esprit, nous allons de fait dépendre de ces moyens extérieurs ainsi nous allons nous attacher à ces conditions extérieures pour maintenir notre esprit paisible. Le danger réside dans l’attachement à ces conditions extérieures. Le moyen de se libérer des perturbations mentales est l’entraînement spirituel. Ce qui veut dire : identifier les perturbations mentales, les réduire et les abandonner, en cultivant leurs opposants qui sont l’amour, la compassion, la sagesse et la patience. L’obtention du vrai bonheur, la désagrégation de notre souffrance et de manière ultime la libération, ne peuvent être faits qu’avec une action de l’esprit.

Rédigé et compilé à partir d’un enseignement du Programme fondamental sur la base du livre “Comment comprendre l’Esprit”, les méditations, reçu au Centre Atisha à Genève

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Un précieux mentor

Porté par la foi et l’envie d’être heureux, l’aspiration nous incite à faire des efforts pour maintenir une discipline morale impeccable dans notre vie quotidienne. À chaque fois que nous avons suffisamment envie de faire une action spécifique, nous agissons en fonction de critères produits par l’état momentané de notre esprit. Seulement voilà, nos actions sont parfois telles que, au lieu de nous rendre la vie facile et nous conduire vers le bonheur, elles nous plongent dans les difficultés et la souffrance. Pourquoi ? Parce que nous donnons notre assentiment à nos préoccupations ordinaires produites par nos perturbations mentales.

Pourtant, nous avons toutes et tous le moyen de nous tirer de pareils faux pas malheureux. Parmi les onze facteurs mentaux vertueux présent dans notre esprit, il en est un très précieux que nous avons intérêt à apprécier davantage si nous voulons être heureux : le sentiment de honte. Là encore, il ne faut pas s’y méprendre car ce n’est pas ce que dit la croyance populaire, bien au contraire. Dans son livre “Comment comprendre l’Esprit”, G. K. Gyatso nous donne la définition du sentiment de honte, je cite : “Le sentiment de honte est, par définition, un facteur mental dont la fonction est d’éviter les actions inappropriées pour des raisons qui nous concernent“.

Ainsi, lorsque nous nous retenons de faire une action négative, en pensant que pour une raison valide elle n’est pas judicieuse, nous donnons raison à notre sentiment de honte. Autrement dit, lorsque nous nous abstenons de produire une action négative, parce que nous comprenons que cette action ne correspond pas à la ligne de conduite dictée par notre discipline morale, nous évitons de créer des conséquences fâcheuses. Le sentiment de honte agit en amont de l’action que nous nous prêtons à commettre. Si par contre, l’action est déjà effectuée, nous ne pouvons qu’avoir du regret mais en aucun cas un sentiment de honte.

Le sentiment de honte fonctionne à la manière d’une alarme préventive. Celle-ci va se déclencher en étant simplement attentif à ce qui se passe dans notre esprit au moment où nous avons détecté le danger de commettre une action négative. Grâce à l’attention et à la vigilance qui observent le signal du sentiment de honte, nous nous surprenons sur le point de commettre quelque chose pouvant porter un préjudice. Nous pouvons alors immédiatement interrompre notre mauvaise intention avant de passer à l’acte. À ce moment précis, le sentiment de honte nous en a empêché.

Sans lui, nous pouvons bien dire et faire tout ce qui nous passe par l’esprit, sans retenue et sans contrôle. Les effets collatéraux d’une telle attitude, non seulement vont à l’encontre de notre vœu de discipline morale, mais surtout seront sans considération pour les autres. Nous générons ainsi beaucoup de souffrances autours de nous parfois même sans nous en apercevoir. Nous devons “écouter” cette petite voix qui nous murmure : “Non, je ne vais pas faire telle ou telle action, parce que cela ne correspond pas à l’attitude que j’ai choisie pour ma vie spirituelle”. C’est dans notre intérêt de suivre les conseils de ce précieux mentor.

Rédigé et compilé d’après mes révisions du Programme fondamental d’après le livre “Comment comprendre l’Esprit” de G. K. Gyatso, suivi au Centre Atisha en 2016.

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À quoi reconnaît-on une perturbation mentale ?

Nous sommes nombreux à subir un continuum de situations plus ou moins désagréables dans la multitude d’expériences quotidiennes de notre vie. Et, par ignorance, inlassablement nous mettons toute notre énergie à trouver la cause de tels événements. Par habitude, nous recherchons la cause de nos désagréments, de nos échecs, de nos vicissitudes, finalement de notre souffrance dans le monde qui nous entoure. Qui n’a pas une fois incriminé son supérieur, son conjoint, son collègue d’être responsable de ses divers tourments ? D’une manière générale, nous avons une tendance innée à rechercher “le coupable” à l’extérieur de notre esprit dans les personnes et les objets qui nous entourent.

Dans ses enseignements des “Quatre Nobles Vérités”, Bouddha nous apprend que la cause de notre souffrance n’est pas extérieure mais intérieure. La cause se trouve au niveau de notre esprit dont le fonctionnement est contaminé par des perturbation mentales. Pour remédier à cette malheureuse situation, nous serons bien inspirés de reconnaître ces perturbations mentales et de les neutraliser afin de reconstruire la paix intérieure de notre esprit. Mais qu’est-ce au juste qu’une perturbation ? Dans son livre “Comment comprendre l’esprit”, G.K. Gyatso nous livre sa définition, je cite : “Une perturbation mentale est, par définition, un facteur mental qui provient de la focalisation inappropriée et dont la fonction est de rendre l’esprit agité et incontrôlé”.

La seule et unique fonction d’une perturbation mentale est donc de nous faire souffrir. Pour reconnaître à coup sûr si nous avons une perturbation mentale ou pas, il nous suffit de savoir si notre esprit est agité et incontrôlé, autrement dit de savoir si nous sommes bien ou pas à un moment donné. La focalisation inappropriée sur les objets de nos perturbations mentales se fait à travers nos portes sensorielles, l’œil, l’oreille, le nez, la langue, le corps. Simultanément le facteur mental discrimination appréhende ce qui différentie l’objet particulier de la perturbation mentale des autres objets, nous permettant de le reconnaître et de maintenir l’activité de celle-ci. Une mauvaise focalisation associée à une discrimination insuffisante entretient la confusion dans notre esprit qui lui donne alors son assentiment.

Pour remédier à cette pénible situation, nous devons impérativement contrôler l’accès à nos portes sensorielles. La qualité de notre esprit dépend des états d’esprit qui l’accompagnent. Les états d’esprit négatifs notamment sont causés par les perturbations mentales et non par les objets et les conditions extérieures. Ce que nous croyons être perçu à l’extérieur n’est qu’une image générique, une illusion dans notre esprit. Comment pouvons-nous être tributaires d’une illusion ? Simplement par ignorance, l’ignorance de saisie d’un soi qui nous fait croire que les phénomènes et les objets existent indépendamment de notre esprit, de leur propre côté ou de manière intrinsèque. Les perturbations mentales nous induisent en erreur et nous font rechercher le bonheur au mauvais endroit.

Bien que nous développions les perturbations mentales dans notre esprit, nous avons besoin de connaître avec précision les états d’esprit résultants. Les états d’esprit perturbés sont la cause de toutes les actions négatives et la source de toutes les souffrances et de tous les dangers. En identifiant puis en éliminant nos perturbations mentales nous pouvons résoudre tous nos problèmes.

D’après un enseignement sur le thème “Se guérir du passé” avec Kelsang Jigkyob au IRC de Kailas en 2014 et de mes notes personnelles

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Régression et transformation, les balises de notre vie

Notre esprit, créateur de toute chose, est capable de créer de l’ordre, potentiellement des choses d’une complexité phénoménale. Mais il peut aussi engendrer le désordre inextricable ou même nuisible, sous l’effet des perturbations mentales. Dans le premier cas, nous sommes capables de mobiliser nos intentions vers des situations où nous ressentons joie, sérénité et satisfaction. Nous renforçons nos capacités créatrices et contribuons à rendre meilleur le monde autour de nous. Nous sommes capables de venir à bout de situations difficiles ou conflictuelles, comme nous sommes capables en cas de problèmes de nous ressaisir en adoptant une stratégie dite transformative. Cette stratégie consiste à convertir les conditions adverses en conditions bénéfiques pour notre vie de tous les jours et pour notre développement spirituel.

Dans le cas contraire, notre esprit ressemble à un torrent impétueux sous la dictature de nos perturbations mentales et principalement notre attachement, notre colère et notre ignorance. Dans ces conditions, nous pouvons aussi bien passer d’une idée à l’autre, nourrir des pensées sombres que de nous enliser dans des situations de stress et de régresser sur le plan spirituel. C’est alors que tout nous semble se dresser contre nous. Nous avons l’impression que notre entourage devient hostile, que les gens ne nous comprennent plus et de ce fait ne nous sont d’aucun secours. En d’autres termes, nous déprimons nous-même, et notre entourage progressivement nous abandonne. Nous consacrons un temps excessif à des activités sans rapport avec ce qui devrait être important pour nous. Nous adoptons une véritable stratégie de régression qui nous enfonce de plus en plus dans le samsara. C’est adopter la fameuse loi de E. A. Murphy qui dit : « Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera nécessairement mal ».

Bouddha nous enseigne que notre paix intérieure dépend essentiellement de notre capacité à développer nos aptitudes à convertir les éléments négatifs ou neutres de nos expériences en éléments positifs et bénéfiques. Pour illustrer ce propos, par exemple celui de perdre son travail, chose malheureusement assez fréquente. Suite à ce licenciement nous nous sentons déprimé, outragé par ce que nous considérons comme une injustice, nous prenons refuge dans les addictions de toute sorte et c’est le début de l’effondrement, d’une régression sur tous les plans. Au contraire, et c’est ce que j’ai fait à une certaine époque de ma vie, nous prenons ces événements pénibles comme l’occasion de prendre un nouveau départ dans la vie, avec de nouveaux projets, par exemple l’apprentissage d’une nouvelle langue, etc. nous développons une énergie de renouveau. Ce faisant, ce rebond sera perçu par ceux de notre entourage qui, au lieu de nous éviter, viendront nous proposer leur aide.

Comment est-ce possible ? Fréquemment processus de régression et processus de transformation s’associent si nous pensons à la loi de causalité du karma. Ainsi, au moment des faits, nous pouvons nous mettre en colère dont les effets collatéraux seront nombreux. À tort, nous faisons souffrir notre entourage, nous perdons confiance en nos réelles compétences. Puis, après quelques heures, quelques jours, ces états d’esprit destructeurs s’amenuisent et disparaissent tandis que le calme et la sérénité reprennent leur place de manière constructive. Ceci est possible du moment que nous comprenons que, quand bien même les apparences le contredisent, nous sommes le seul responsable de ce qui nous arrive car nous en avons créé les causes par le passé. Nous devons accepter que nous somme le géniteur de ce chaos momentané dans notre esprit et que nous seul pouvons y remédier.

Grâce à notre potentiel pur, notre graine de bouddha, nous avons une capacité de résilience inimaginable qu’il suffit d’utiliser avec sagesse. Tous autant que nous sommes avons connus des épisodes dans notre existence où tout va de travers. Mais face à l’adversité nous avons également surmonté bien des épreuves avec plus ou moins de succès. Les gens qui prétendent que pour eux tout est facile et sans problèmes ne sont pas sincères et manquent grandement d’humilité. La souffrance est endémique dans le samsara et le bonheur apparent qu’il nous propose est trompeur. Les pseudo-bonheurs que nous trouvons dans celui-ci ne sont que des souffrances changeantes, des diminutions temporaires de souffrance. En faisant grandir notre renoncement à cet univers fallacieux nous allons progressivement nous libérer de toutes souffrances de manière définitive en construisant notre nirvana.

Compilé à partir de notes personnelles et d’expériences vécues. Puissent ces quelques lignes inspirer celles et ceux qui sont momentanément dans la confusion de leur esprit.

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Se méprendre sur qui nous sommes

Aussi longtemps que nous nous identifions à quelque chose qui par nature est contaminé, nous sommes terriblement limités dans notre développement spirituel. Or du fait même de notre renaissance samsarique, nous sommes piégés dans un corps contaminé et dans un esprit contaminé. Cette contamination n’est pas due à un microbe ou à un virus ordinaire, provenant du monde extérieur, elle est due à Méprendre-01la présence d’innombrables perturbations mentales sur le continuum mental à l’intérieur de notre esprit. Et les effets de celles-ci nous font rencontrer des situations qui sont la cause de notre souffrance. Pourquoi? Parce que nous pensons que ce corps et cet esprit, nos agrégats contaminés, sont géniaux et peuvent nous procurer le bonheur que nous recherchons.

En octroyant des qualités susceptibles de nous rendre heureux à nos agrégats contaminés, nous nous trompons complètement. Ils ne sont rien d’autre qu’un piège dans lequel nous nous trouvons. Et plus nous essayons de tirer profit de ces agrégats contaminés, plus nous nous amalgamons avec eux. Parce que nous sommes convaincus que là est la source de notre bonheur, essayer d’extraire un quelconque plaisir de nos agrégats contaminés, est un piège fatal. Nous n’avons pour cela pas besoin de contempler longuement le bilan des avantages et des désavantages de nos agrégats contaminés pour conclure qu’ils nous procurent nettement plus de souffrances que de plaisirs. À vrai dire, notre vie dans le samsara est essentiellement remplie de souffrances.

Méprendre-02Ce corps que nous chérissons tant nous a fait souffrir dès notre naissance entretiendra cette souffrance jusqu’à notre mort en passant par la maladie et le vieillissement. Lorsque nous rencontrons quelques instants de plaisir, tôt ou tard nous serons déçus et trahis par les conséquences des souffrances qui en résulteront. Notre esprit ordinaire est quant à lui encore moins fiable que notre corps ordinaire. Notre esprit ordinaire nous trahit à chaque instant. Notre esprit ordinaire nous donne systématiquement le conseil à l’opposé de ce qui serait bon pour nous. La fonction de nos perturbations mentales est de nous induire dans l’erreur. Comment pouvons-nous vraiment faire confiance en ce corps et à cet esprit qui nous font tant souffrir alors que nous attendions d’eux un bonheur durable?

En conclusion de ce qui précède, nos agrégats contaminés, notre corps et notre esprit ordinaires ne sont pas dignes de confiance. Ils ne sont pas fiables! Et si nous avons choisi ceux-ci pour établir la base de notre bonheur, nous avons effectivement fait le mauvais choix. Mais heureusement, nous ne sommes pas ces agrégats contaminés. Nous sommes bien le possesseur de ceux-ci, mais nous ne sommes pas ceux-ci. Nos agrégats contaminés sont le résultat de notre karma négatif depuis des temps sans commencement. Ils sont la preuve même de notre manière de fonctionner depuis des temps sans commencement. Si nous voulons vraiment développer notre confiance en qui nous sommes, nous devons réaliser qui est notre vrai soi.

Méprendre-03Qui nous sommes est notre potentiel pur, notre graine de bouddha, notre vrai Soi. Tenant compte de cela, arrêtons de nous identifier à notre corps et notre esprit ordinaires en les considérant source de bonheur. Actuellement, de manière aveugle nous nous en remettons aux mauvais conseils de notre esprit ordinaire. Nous suivons inconditionnellement celui-ci systématiquement. Mais en fait il y a une autre source de conseils dans notre esprit, notre potentiel pur que nous pouvons considérer comme un guide spirituel. Notre travail consiste d’apprendre à comment nous en remettre exclusivement à lui avec confiance. Une des raisons principale pour laquelle nous nous n’en remettons pas à lui est tout simplement parce que nous ne l’entendons pas ou que nous ne l’écoutons pas.

Pourquoi fonctionnons-nous ainsi? Parce que nous n’avons pas encore compris le fait que les conseils de notre esprit ordinaire sont faux et que nous n’avons pas saisi le bienfondé des conseils de notre guide spirituel. Nous faisons de la résistance envers le plan du guide spirituel. De cette attitude soit nous pensons qu’il n’a pas un bon plan pour nous, soit nous pensons ne pas mériter celui-ci parce nous ne nous sentons pas capables de le mettre en pratique dans notre vie. Nous pensons peut-être savoir ce qui est le meilleur pour nous. Une lutte incessante dans notre esprit nous accapare ne sachant discerner entre notre vie ordinaire et notre vie spirituelle. Seule la foi nous dirigera vers la voie spirituelle. C’est normal que cela suscite des peurs de changer d’habitude.

Inspiré du Cours du Programme fondamental basé sur le livre “Huit Etapes ver le Bonheur” reçu au Centre Atisha de Genève en 2009.

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Réflexion sur la pratique du dharma

Qu’est-ce que c’est véritablement la pratique du dharma? La pratique du dharma consiste à utiliser le dharma comme la solution de tous nos problèmes. Si nous ne connectons pas notre pratique du dharma avec nos problèmes quotidiens, nous ne pratiquons pas vraiment. Le dharma ne peut pas être pratiqué de manière abstraite ou ce serait insensé de le limiter à sa seule compréhension intellectuelle. Nous devons prendre conscience de ce que sont nos Pratique-01vrais problèmes, les perturbations mentales, et d’envisager la solution à la lecture du dharma. Les enseignements de Bouddha, regroupés sous ce nom ont un caractère pragmatique, une véritable technologie qui donnent réponse à tous nos problèmes. Nous pouvons ainsi régler ceux posés par nos perturbations mentales de manière personnalisée. Pour cela, nous pouvons nous poser chaque matin au réveil la question suivante : “Quel est aujourd’hui le plus grand problème qui me préoccupe?” La première réponse qui viendra naturellement à l’esprit sera une situation ou quelque chose d’externe, comme par exemple le travail, les collègues, la voiture etc.

Habituellement la première réponse sera par exemple : “Mon travail! Et dire que je vais devoir supporter encore ce chef qui décrédite tout ce que je fais!”. Une telle réponse est avant tout un constat et ne nous aide guère. Elle peut tout au plus être le motif de nos lamentations, de notre frustration ou de notre colère. De Pratique-02manière plus profonde, tout problème comporte deux aspects, un aspect qui nous semble à l’extérieur de notre esprit et un aspect intérieur de notre esprit. Nous devons clairement faire la distinction entre ces deux aspects du problème. Dans cet exemple, plus que la situation détestable au bureau, c’est la sensation désagréable que cette ambiance provoque dans l’esprit qui est le véritable problème. En d’autres termes, l’ambiance exécrable au travail est l’aspect extérieur du problème tandis que la sensation détestable perçue est l’aspect intérieur de celui-ci. Le feeling déplaisant qui occupe notre esprit est le véritable problème. Par familiarité, nous percevons généralement les problèmes sous un seul aspect, leur aspect extérieur et faisons abstraction de l’autre aspect, l’aspect intérieur. Pas étonnant que nous avons des difficultés à les résoudre.

Pour mieux comprendre ce processus, nous pouvons considérer le problème extérieur à notre esprit comme une cause circonstancielle et le sentiment haïssable de la situation comme la cause substantielle, responsable de notre mal-être. Généralement, nous n’avons pas directement le contrôle des circonstances de ce qui nous arrive dans la vie et nous devons les affronter. Par contre nous pouvons agir sur la cause substantielle du problème, la perturbation mentale activée par la circonstance. Si, face à une problématique, nous changeons notre réponse habituelle en considérant chaque problème sous ces deux aspects, progressivement nous ramenons notre focalisation sur l’aspect intérieur plutôt que sur le seul aspect extérieur qui est hors de notre contrôle. Ce faisant, nous découvrons que notre vrai problème est nos perturbations mentales qui sont la cause de notre état d’esprit négatif. Et lorsque nous avons bien identifié notre vrai problème tel que la frustration, la colère et ainsi de suite nous allons pouvoir utiliser le dharma comme la solution spécifique qui nous libérera de notre posture inconfortable. Le dharma n’est pas en mesure de régler le problème extérieur, comme par exemple l’ambiance détestable au travail. En changeant notre état d’esprit avec les conseils du dharma, nous pouvons percevoir celle-ci différemment et orienter notre esprit vers les effets collatéraux de la cause circonstancielle et non la cause elle-même. Dans notre exemple, nous orienterons notre esprit vers la frustration, la colère ou le dénigrement que la situation engendre dans notre esprit et nous utiliserons le dharma comme solution.

Ainsi, nous utiliserons le dharma pour régler la perturbation mentale colère présente dans notre esprit. Autrement dit, nous réalisons que si nous acceptons l’action de cette colère dans notre esprit nous créons une cause de prendre une renaissance dans les règnes inférieurs. Sincèrement est-ce que ça en vaut vraiment la peine? Manifestement non et c’est pourquoi nous ne donnons pas notre assentiment à la colère qui veut nous détruire et nous rendre plus misérable encore. Une fois le problème de la colère réglé, la critique de notre supérieur aura moins d’impact sur nous et finira par s’épuiser et cesser. En conséquence de ce travail, d’autres problèmes en affinité avec la colère tels que l’esprit incontrôlé, le karma négatif Pratique-03sur notre esprit et ainsi de suite apparaissent. Nous pouvons alors étendre notre application de la pratique du dharma à ceux-ci également. De cette manière nous allons progressivement éradiquer toutes les perturbations mentales responsables de notre souffrance.

Progressivement le ressenti de notre problème se développe en incluant d’autres choses. De cette manière au fil du temps un jour nous allons nous réveiller et nous poser la traditionnelle question à laquelle la réponse claire sera : “Oups! Je peux très bien prendre une renaissance inférieure”. Souvent, dans notre pratique nous aurons de petites crises. Mais après un certain temps, la pratique du dharma prendra une place prépondérante dans notre vie. Le dharma devient un mode de vie. Si en nous posant la question : “Pourquoi je pratique le dharma?” nous ne trouvons pas de raison valide, nous devons retourner  au fondement des enseignements de Bouddha. À savoir que nous voulons être contents, être heureux, que nous souffrons à cause de nos perturbations mentales et le dharma nous donne les outils avec lesquels nous pouvons les éliminer. En conclusion, nous pratiquons le dharma parce que cela fonctionne. Lorsque nous avons cette attitude pragmatique, “Je pratique parce que cela fonctionne pour moi et que c’est la manière même par laquelle je peux résoudre tous mes problèmes”, avec cette motivation nous pouvons continuer de pratiquer sans crainte d’abandonner le dharma.

Inspiré d’après un enseignement du Programme fondamental sur le livre “La Voie Joyeuse” de Ghéshé Kelsang Gyatso donné par Kadam Ryan au Centre Atisha de Genève.

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