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Enregistrements de courtes méditations guidées inspirées des cours

Méditation : La compassion, l’opposant à la méchanceté

  • Chaque méditation que nous faisons crée un grand mérite sur le continuum de notre esprit. Ce mérite, sous la forme de potentiel peut être activé dans nos vies futures pour produire leur fruit, les réalisations spirituelles.
  • Dans cette méditation, nous allons mieux réaliser ce que signifie éradiquer la méchanceté en faisant grandir notre compassion.
  • Alors, installons-nous confortablement, le dos bien droit et la tête dans sa position naturelle comme si nous observons quelque chose devant nous à l’horizontale.
  • Nous pouvons fermer les yeux si nous le souhaitons ou les laisser entrouverts, pour laisser passer juste un filet de lumière.
  • Prenons maintenant contact avec notre respiration que nous accompagnons naturellement sans contrainte.
  • Et portons toute notre attention sur la sensation de l’air qui entre et sort par nos narines.
  • Nous imaginons qu’à chaque expiration nous expirons toutes nos distractions sous l’aspect d’une fumée noire.
  • Et qu’à chaque inspiration nous inspirons une lumière blanche qui remplit notre corps et notre esprit.
  • Silence (2 minutes)
  • En raison des empreintes d’ignorance accumulées depuis des temps sans commencement, nous saisissons avec la plus grande vivacité notre je.
  • Notre esprit saisit automatiquement ce je de cette manière parce que nous le considérons de la plus haute importance.
  • Que quelque chose vienne ternir ou mettre en doute cette importance et nous générons immédiatement la préoccupation du soi, l’attachement, la colère, la jalousie et ainsi de suite.
  • Derrière cette riposte se dissimule le plus souvent à des degrés divers et sous toutes ses formes une certaine méchanceté.
  • Or, dans “Comment comprendre l’esprit” Ghéshé la définit la méchanceté comme un facteur mental perturbé qui désire que d’autres êtres vivants souffrent.
  • Pourtant, qui n’a pas une fois fomenté des intentions de vengeance à la suite d’une dispute, d’un conflit où nous avons perdu notre superbe importance, en pensant : “Je vais le lui faire payer chèrement !”.
  • La jalousie, si elle n’est pas désamorcée, peut conduire au crime passionnel.
  • L’attachement, hors de notre contrôle, devient une raison de commettre des actions dommageables envers les autres.
  • Cette méchanceté latente qui se cache derrière de tels comportements est pour les bouddhiste le principal objet à abandonner.
  • Et pour juguler le facteur mental méchanceté nous devons progressivement accroître notre compassion. Celle-ci est l’opposant direct à la méchanceté.
  • Alors, comment faire grandir notre compassion ?
  • Pour cela amenez votre attention au milieu de votre poitrine dans le chakra du cœur. Et de cet endroit contemplez ce que vous allez entendre maintenant.
  • À cause de notre jalousie, de notre colère, de notre attachement ou de notre ignorance nous sommes capables de faire souffrir quelqu’un, de lui souhaiter du mal.
  • Si nous voulons éradiquer la méchanceté de notre esprit, nous devons cesser immédiatement de faire souffrir les autres et générer en lieu et place la compassion universelle.
  • Cet esprit qui désire sincèrement libérer tous les êtres vivants de la souffrance.
  • Ce désir naît de la contemplation de la souffrance des êtres qui ont tous été nos mères.
  • À cause de leurs obstructions karmiques, certains sont actuellement des êtres de l’enfer et en tant que tels subissent continuellement d’atroces brûlures, se sentent torturés de toutes sortes de manières.
  • À cause d’une renaissance animale, certains doivent lutter chaque jour pour leur survie en craignant à chaque instant d’être dévoré vivant par d’autres animaux.
  • D’autres ont pris des renaissances dans le pays des esprits affamés. De ce fait, avec le ventre vide et la bouche desséchée, ils sont pourtant incapables de trouver la moindre nourriture ou boisson.
  • Plus proches de nous, des êtres humains se complaisent dans la non vertu en accomplissant des actions négatives innommables.
  • Non seulement ils agissent ainsi à cause de leurs perturbations mentales, mais créent également les causes de leur souffrance future.
  • Quelle que soit la situation de tous ces êtres sensibles, nous pouvons imaginer et contempler leur souffrance et souhaiter qu’elle cesse le plus rapidement possible.
  • Laissons donc naître en nous une forte compassion qui souhaite que plus aucun de ces êtres sensibles ne souffre et soit définitivement libéré de ce cycle insupportable du samsara.
  • Nous déterminons avec fermeté dans notre cœur, notre envie de libérer définitivement tous les êtres vivants de la souffrance, en pensant :
  • “Je ne peux pas supporter la souffrance de ces innombrables êtres mères qui se noient dans l’océan vaste et profond du samsara, le cycle des renaissances contaminées,
  • Ils sont ainsi obligés d’éprouver des souffrances physiques et des douleurs mentales insupportables, dans cette vie et dans les innombrables vies futures.
  • Je dois absolument libérer définitivement tous ces êtres vivants de leurs souffrances”.
  • Nous méditons en seul point sur cette affirmation pendant quelques instants.
  • Silence 5 minutes
  • Puis progressivement, nous sortons chacun à son rythme de cette méditation en conservant dans notre cœur le message de cet enseignement.

Méditation inspirée du Programme Fondamental “Comment Comprendre l’Esprit” de G.K. Gyatso, au Centre Atisha de Genève en 2016

Crédits Illustrations http://fr.123rf.com

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Méditation : Développer le renoncement au samsara

  • Installez-vous confortablement, le dos bien droit et la tête dans sa position naturelle comme si vous observez quelque chose devant vous à l’horizontale.
  • Vous pouvez fermer les yeux si vous le souhaiter ou les laisser juste entrouverts, pour laisser juste un filet de lumière.
  • Prenez maintenant contact avec votre respiration que vous accompagnez naturellement sans contrainte.
  • Et portez toute votre attention à la sensation de l’air qui entre et sort par vos narines.
  • Laissez-vous entraîner par son va-et-vient et faites-le pendant quelques instants
  • Silence (2 minutes)
  • Bouddha a enseigné “Les quatre nobles vérités” nous permettant Medit-renoncement-01d’identifier correctement la nature du samsara et ses objets.
  • Par ces enseignements, il nous explique la nature de la souffrance, son origine, la cessation de celle-ci et les moyens de nous en libérer, c’est-à-dire ce que nous devons abandonner pour y parvenir.
  • Mais nous ne devons pas nous méprendre sur l’objet à abandonner.
  • Bouddha nous dit que l’objet à abandonner est le samsara, et le samsara n’existe pas en dehors de nous.
  • Il ne s’agit pas d’abandonner nos biens matériels, nos relations, ni de changer de mode de vie en quittant sa famille et son travail.
  • Alors si nos biens, nos relations, notre mode de vie et notre travail, nos activités ordinaires ne sont pas le samsara, dans ce cas que devons-nous abandonner?
  • Le samsara est la suite ininterrompue de nos renaissances, sans liberté ni contrôle dans leur succession.
  • Or la souffrance est dans la nature du samsara de la même manière que brûler est dans la nature du feu.
  • Et si nous voulons à l’avenir éviter cette souffrance, nous devons avoir peur de renaître sans le choix ni le contrôle sur le type de renaissance à venir.
  • En ce moment, nous éprouvons divers types de souffrances parce que nous avons pris des renaissances contaminées par ce poison intérieur que sont nos perturbations mentales.
  • Cette expérience perdure parce que nous avons pris des renaissances depuis des temps sans commencement.
  • Et elle n’aura pas de fin tant que nous n’atteignons pas la paix intérieure suprême en renonçant au samsara et nous libérer définitivement de toutes ces souffrances.
  • Aussi longtemps que nous resterons dans ce cycle de renaissances contaminées, souffrances et problèmes ne cesseront jamais.
  • Toutes les souffrances que nous avons connues et que nous connaîtrons dans cette vie actuelle, ne sont juste qu’un aperçu de ce qui nous attend dans le futur.
  • En comprenant la vraie nature du samsara, nous nous rendons compte à quel point il est une prison pour nous.
  • Prisonnier, nous allons développer le grand désir de nous en libérer.
  • Plus ce désir grandit, plus nous allons avoir envie de savoir comment faire pour en sortir.
  • Medit-renoncement-02La porte de sortie de ce cauchemar est le renoncement au samsara, le renoncement au bonheur fallacieux et temporaire que nous procurent tout ce qu’il contient.
  • Nous pensons : “Si je n’atteins pas la libération du samsara, ce cycle de renaissances contaminées, je vais devoir faire l’expérience des souffrances de la naissance, de la maladie, du vieillissement, de la mort, de me séparer de ce que j’aime, de rencontrer ce que je n’aime pas et d’être incapable de satisfaire mes désirs”.
  • “Pour cela, je dois abandonner le samsara dans son ensemble et atteindre la paix intérieure suprême de la libération”.
  • Ces affirmations sont l’objet de notre méditation placée en un seul point, que nous maintenons le plus longtemps possible.
  • Silence (10 minutes)
  • Puis à notre rythme et en douceur, nous pouvons sortir de notre méditation tout en gardant à l’esprit ce renoncement au samsara.

Compilé à partir de mes lectures dans les livres “Le Manuel de Méditation” et “La Voie Joyeuse” de G. Kelsang Gyatso aux Ed. Tharpa

Crédits Illustrations http://fr.123rf.com

Méditation : Abandonner les origines de notre souffrance

  • Installez-vous confortablement, le dos bien droit et la tête dans sa position naturelle comme si vous observez quelque chose devant vous à l’horizontale.
  • Vous pouvez fermer les yeux si vous le souhaiter ou les laisser entrouverts, pour laisser passer juste un filet de lumière.
  • Prenez maintenant contact avec votre respiration que vous accompagnez naturellement sans contrainte.
  • Et portez toute votre attention à la sensation de l’air qui entre et sort par vos narines.
  • Laissez-vous entraîner par son va-et-vient et faites-le pendant quelques instants
  • Silence (2 minutes)
  • Les souffrances et les difficultés que nous rencontrons dans notre vie ne sont pas dues au hasard.
  • Elles ont forcément une origine, elles ont une cause comme l’explique la loi du karma.
  • Et si nous n’abandonnons pas la cause de ces souffrances et de ces difficultés, nous connaîtrons d’insupportables souffrances.
  • Nous serons confrontés à d’insupportables souffrances et d’inextricables difficultés dans cette vie-ci et dans nos vies futures.
  • Les origines dont parle Bouddha dans les quatre nobles vérités fait référence à nos perturbations mentales et en particulier à notre ignorance de saisie d’un soi.
  • C’est elle qui est la source de toutes nos souffrances et de tous nos problèmes.
  • Comme toutes les perturbations mentales, l’ignorance de saisie d’un soi est par définition un facteur mental qui provient de la focalisation inappropriée
  • Cette focalisation inappropriée est le mode de fonctionnement habituel de notre esprit sous l’étroite dépendance de notre ignorance de saisie d’un soi.
  • À tort, nous pensons que ce sont les conditions extérieures qui sont à l’origine de toutes nos souffrances.
  • Nous pensons qu’il y a véritablement quelqu’un ou quelque chose qui se trouve à l’extérieur de notre esprit et qui nous fait souffrir.
  • Nous sommes persuadés que le responsable de notre souffrance et de tous nos problèmes se trouve à l’extérieur de nous.
  • En fait, par ignorance nous pensons que c’est toujours la faute à quelque chose ou à quelqu’un.
  • Nous cherchons désespérément un coupable, un responsable.
  • Après quoi nous tentons en vain de changer sans succès ces conditions extérieures.
  • Or, les vraies origines de tous nos problèmes et souffrances sont nos perturbations mentales et en particulier notre ignorance de saisie d’un soi.
  • Celle-ci est la racine de toutes nos perturbations mentales. Toutes les autres, telles que la colère, la jalousie, l’attachement, la convoitise et ainsi de suite en découlent.
  • Toutes proviennent de l’ignorance de saisie d’un soi comme les fleurs et les fruits se forment à partir de la racine d’un arbre.
  • C’est pourquoi nous devons clairement identifier notre ennemi. Celui-ci n’a nullement l’aspect d’une personne ou d’un objet extérieur.
  • Notre véritable ennemi personnel, véritable démon intérieur, est l’ensemble de nos perturbations mentales qui prennent le contrôle de notre esprit.
  • Si nous voulons nous libérer définitivement de nos souffrances, nous devons éradiquer la racine du mal, l’ignorance de saisie d’un soi.
  • De tout notre cœur, nous pensons : « Je veux me libérer définitivement de toutes les souffrances de cette vie et de celles de mes innombrables vies futures ».
  • « Par conséquent, je dois absolument faire de grands efforts pour reconnaître, réduire et finalement abandonner complètement mon ignorance de la saisie d’un soi ».
  • Nous maintenons fermement cette détermination et restons centrés dessus en un seul point le plus longtemps possible.
  • Silence (5 minutes)

Méditation sur la mort

Si nous observons la nature ces temps-ci nous pouvons voir des changements significatifs. La couleur verte qui domine dans la végétation laisse la place au jaune, au rouge et au brun. La sève des arbres ne nourrit plus les feuilles et celles-ci prennent de belles couleurs pour finalement mourir et tomber sur le sol. La vie semble se retirer pour laisser la place à une période de repos et de frimas. Autrement dit la nature se meurt. En fait ce n’est pas étonnant que dans la culture occidentale cette période est associée à la mémoire mort-01des morts. Traditionnellement au début de novembre, par divers rituels et cérémonies, les gens se souviennent des êtres chers trop tôt disparus. Inconsciemment nous pensons que la mort n’arrive qu’aux autres. Bien que nous sachions que ce sera une fois notre tour, nous préférons ne pas trop y réfléchir, pensant que de toute manière ce n’est pas pour tout de suite. C’est ainsi que malheureusement pour nous, le moment où cela nous arrivera, nous serons soudainement surpris et nous ne serons pas préparés spirituellement à quitter cette vie sereinement. Méditer sur notre mort à venir est une méthode très bénéfique pour nous y préparer et nous familiariser avec elle. C’est pourquoi vous pouvez vous laisser guider par la méditation ci-dessous.

  •  Installez-vous confortablement, le dos bien droit et la tête dans sa position naturelle comme si vous observez quelque chose devant vous à l’horizontale.
  • Vous pouvez fermer les yeux si vous le souhaiter ou les laisser juste entrouverts, pour laisser juste un filet de lumière.
  • Prenez maintenant contact avec votre respiration que vous accompagnez naturellement sans contrainte.
  • Et portez toute votre attention à la sensation de l’air qui entre et sort par vos narines.
  • Laissez-vous entraîner par son va-et-vient et faites-le pendant quelques instants
  • Silence (2 minutes)
  • Il est possible que nous soyons mal à l’aise en entendant parler de la mort, mais le fait de méditer et de contempler la mort est très important pour l’efficacité de notre pratique.
  • Le but de la méditation sur notre mort est d’empêcher la paresse de l’attachement, le principal obstacle à notre pratique du dharma.
    Notre pratique spirituelle est souvent en contradiction avec notre désir de profiter des plaisirs de ce monde.
  • Tant que nous maintiendrons cette paresse dans notre esprit, nous continuerons à éprouver malheur et souffrance dans cette vie et dans toutes nos vies futures.
  • La méditation sur la mort est la méthode nous permettant de vaincre cette paresse. Pour cela nous devons méditer encore et encore sur notre mort jusqu’à en avoir une profonde réalisation.
  • Actuellement nous avons tous une compréhension intellectuelle de la mort, mais notre prise de conscience reste superficielle.
  • La conséquence habituelle d’un tel état d’esprit est que nous pensons à chaque instant : “Je ne vais pas mourir aujourd’hui, je ne vais pas mourir aujourd’hui”.
  • Une situation que tout le monde a connu une fois peut illustrer cela. “Par un temps hivernal une pluie givrante a recouvert le trottoir sur lequel vous marchez. Pour progresser vous pouvez avoir deux attitudes : soit vous vous dites : “J’avance sans problème car de toute manière je ne vais pas tomber” soit vous vous dites : “J’avance prudemment car je pourrais bien tomber”. Dans la première situation vous serez surpris en tombant tandis que dans la deuxième vous pouvez anticiper la chute et éviter de vous faire mal.mort-02
  • De la même manière l’esprit qui pense chaque jour spontanément : “Il se peut très bien que je meure aujourd’hui” ne sera pas surpris le moment venu.
  • Cette pensée ne nous trompera pas parce qu’elle provient de notre sagesse.
    Penser à la mort nous incite à rester humble et plus réaliste quant à nos véritables besoins.
  • La mort, d’une manière très naturelle nous place dans une perspective correcte dans notre vie.
  • C’est donner d’une certaine manière une force et un intérêt approprié au contenu de notre existence, en lui donnant beaucoup plus de sens.
  • Car de toutes nos vies antérieures, qui furent dénuées de sens, nous n’avons apporté que souffrances et perturbations mentales.
  • Ainsi, chaque fois que nous sommes sur le point de faire une action dans notre vie, essayons de tenir compte de la mort dans notre réflexion en pensant :
  • “Si je venais à mourir aujourd’hui, qu’est-ce que je déciderais de faire maintenant?”.
  • “Si je devais mourir aujourd’hui comment je réagirais dans telle ou telle situation?”.
    Tout en nous souvenant de ce qui a été dit, laissons ce genre de questionnement prendre une place dans notre esprit quelques instants encore.
  • Silence (10 minutes)
    Tout en nous souvenant de notre précédente contemplation et en conservant notre concentration, nous pouvons écouter ce qui va suivre.
  • Comme nous sommes peu enclins à penser à la mort dans notre vie de tous les jours, nous  nous exposons à être très surpris le moment venu.
  • En continuant de penser : “Je ne vais pas mourir aujourd’hui, je ne vais pas mourir aujourd’hui”
  • Même le jour de notre mort nous serons toujours en train de faire des projets ou de penser à ce que nous allons faire dans quelques instants, dans quelques jours, la semaine prochaine et ainsi de suite.
  • Il est certain que la mort viendra et rien ne peut l’empêcher.
  • Que je naisse dans le règne du samsara le plus heureux ou dans l’enfer le plus profond, je vais devoir rencontrer la mort.
  • Où que j’aille, je ne trouverai aucun endroit pour me soustraire à la mort.
  • Il est certain que je vais mourir. Il n’y a aucun moyen d’éviter la dégradation finale de mon corps.
  • Ma vie s’écoule jour après jour, d’instant en instant et je ne sais pas du tout quand je vais mourir. Le moment de la mort est totalement incertain.
  • Il se peut très bien que je meure aujourd’hui. Il se peut très bien que je meure aujourd’hui.
  • mort-03Ce sentiment nous conduira progressivement à la conclusion : “Puisque je dois bientôt quitter ce monde, cela n’a aucun sens de m’attacher aux choses de cette vie. Je vais plutôt consacrer toute ma vie à la pratique du dharma”.
  • Cette détermination est l’objet de notre méditation que nous maintenons sans l’oublier aussi longtemps que possible.
    Silence (10 minutes)

Méditation : La prise et le don

Dans ce monde de plus en plus dégénéré, tous les jours nous sommes confrontés à la souffrance et parfois à la détresse de ceux qui nous entourent. À ce moment-là, nous voudrions tellement leur venir en aide, mais comment? Puisque nous n’avons les moyens habiles des bouddhas pour leur apporter concrètement une aide, nous pouvons le faire tout de même de manière plus subtile. Nous avons tous en nous une partie de notre esprit qui est déjà illuminée, notre graine de bouddha. Et puisque tout est création de l’esprit, nous pouvons bien imaginer utiliser cette partie-là de notre esprit pour agir. La difficulté majeure qui nous empêche de le faire est notre ignorance, notre préoccupation de soi et notre ignorance de saisie d’un soi. En effet, nous nous croyons tellement important et précieux que nous accordons que peu d’importance aux autres. Alors que les bouddhas accordent considèrent tous les êtres vivants comme importants, sans discrimination.

Nous pouvons venir en aide à quelqu’un en pratiquant “la Prise et le Don”, une méditation très courante dans les milieux bouddhiste. En éprouvant une grande compassion pour la [personne lambda] à qui nous voulons apporter notre aide, nous laissons notre cœur s’ouvrir d’avantage pour accueillir avec empathie la souffrance et la détresse de celle-ci. Nous voulons lui offrir plus d’espace pour se libérer de ses problèmes. Pour ce faire, nous imaginons à la place de [personne lambda] la ou les personnes à qui nous voulons apporter un peu de réconfort et de soulagement, tout en suivant les suggestions décrites dans les lignes ci-dessous sous forme d’une méditation guidée.

 Guide pratique : À chaque fois que vous entendez un bip sonore aux endroits marqués par [personne lambda] en pensée vous remplacez ce signal par le prénom de la personne pour laquelle vous faites cette méditation.

  • Je génère un sentiment de compassion et de pur amour, libre de toute préoccupation de soi.
  • Ce sentiment grandit maintenant en moi au point d’ouvrir mon cœur et de laisser s’exprimer ma bodhitchitta.
  • J’aspire à demeurer ouvert à toute situation, à toute difficulté sans me refermer.
  • Puis je me concentre sur [personne lambda] que j’imagine dans l’espace devant moi.
  • Avec toute mon empathie, je perçois ce que ressent [personne lambda].
  • Comme dans mon esprit [personne lambda] n’est pas séparé de moi, par l’échange de soi-même avec l’autre,
  • Je peux me mettre à sa place pour mieux ressentir sa douleur, sa souffrance.
  • Et je m’ouvre autant qu’il est nécessaire pour accueillir tout ce qui se présente.
  • Je pourrais lire sur le visage de [personne lambda] sa détresse d’être ainsi victime de ses perturbations mentales.
  • Et je pense : “[personne lambda] éprouve en ce moment une souffrance indescriptible dans sa vie.
  • Celle-ci continuera à la faire souffrir aussi longtemps qu’il ou elle n’en sera pas libéré(e)”.
  • En développant cet amour désirant qui grandit en moi en ce moment, je pense :
  • “Comme ce serait merveilleux si [personne lambda] pouvait être définitivement libéré(e) dès maintenant”.
  • “Puisse-t-elle y parvenir”.
  • “Je vais moi-même contribuer à ce cela s’accomplisse. Je dois le faire maintenant”.
  • Ce qui a de l’importance en ce moment est la souffrance de [personne lambda], lui ou elle seul(e) compte pour moi. Rien n’est plus important.
  • Sans distraction, en me concentrant sur [personne lambda], je procède de la manière suivante :
  • J’imagine que toute sa souffrance, son inconfort, tout ce que vit [personne lambda] en ce moment se rassemble sous l’aspect d’une fumée noire.
  • Je prends cette fumée en moi au niveau de mon cœur et la laisse se dissoudre dans mon ignorance, ma préoccupation de soi et ma saisie d’un soi.
  • À chaque inspir, je visualise cette fumée noire entrer en moi et se dissoudre au niveau de mon cœur.
  • Au moment d’inspirer, je reçois la souffrance dont [personne lambda] fait l’expérience.
  • Et à chaque expir, je visualise une vague d’amour et de compassion remplir le cœur de [personne lambda].
  • Tout ce qui pourrait lui faire du bien en ce moment.
  • Je fais ceci durant de longues minutes en échangeant son mal-être par une paix intérieure venant de l’amour et de la compassion que je lui adresse.
  • [Pause 2 min avec gong]
  • Au fur et à mesure que j’inspire sa souffrance et que j’expire une force d’amour et de compassion, je peux lire un soulagement sur son visage.
  • [Pause 5 min avec gong]
  • Je développe ensuite la profonde conviction de [personne lambda] est définitivement libéré(e) de toute souffrance.
  • Au fond, ce que je souhaite c’est de lui offrir suffisamment d’espace dans son cœur pour se détendre
  • Pour qu’un soudain changement d’attitude puisse l’aider à laisser tomber son fardeau de souffrance et de douleur.
  • Avec une grande foi, j’assiste à la transformation progressive de [personne lambda].
  • En résultat, [personne lambda] est maintenant resplendissant(e) de lumière, le regard souriant en ayant retrouvé tout son bien-être.

Méditation : La nature conventionnelle de l’esprit

Préalable : Cette méditation dure une vingtaine de minutes. Assurez-vous de ne pas être dérangé par le téléphone, par les membres de votre entourage et animaux domestiques. Choisissez un endroit tranquille, loin de bruits habituels susceptibles de vous distraire. Étant donné la durée de cette méditation, une fois celle-ci terminée, accordez-vous un moment de transition avant de reprendre toute activité.

Installez-vous confortablement avec le dos bien droit en ayant au préalable vérifié de ne pas être dérangé pendant la durée de cette méditation.
Clarté-Esprit-01Portez simplement toute votre attention sur votre respiration naturelle en percevant l’air qui effleure vos narines en inspirant et en expirant.
Laissez votre respiration naturelle vous accompagner pendant quelques instants tout en laissant momentanément toutes vos préoccupations de côté.
Sentez progressivement un état de calme s’installer en vous et faites ceci pendant quelque instants encore.
[pause 2 minutes]

Clarté-Esprit-04Puis contemplons maintenant ce que nous allons entendre.
Nous avons tous un esprit, mais savons-nous vraiment ce qu’il est?
Si quelqu’un nous demande la vraie nature de celui-ci, comment il fonctionne, nous sommes incapables de donner une réponse précise.
Parce que nous n’en avons pas une compréhension claire, habituellement nous pensons que l’esprit est notre cerveau.
Mais le cerveau est un organe physique matériel, une partie de notre corps.
Or l’esprit n’est pas une partie de celui-ci, il est un continuum complètement dépourvu de matière et de forme qui ne peut se voir au sens de notre vision.
Il est principalement situé dans la région du chakra du cœur.
Contrairement à la flamme d’une bougie, qui elle est produite par la cire de celle-ci, l’esprit lui n’est pas produit par le corps.
Et quand le corps meurt, l’esprit persiste et va vers la prochaine existence.
La nature de notre esprit lui-même est clarté, une lumière aussi vaste que l’univers dans laquelle tout, absolument tout se passe.
Sa fonction est de tout connaître. Ainsi, il a le pouvoir également de connaître toute chose, où que ce soit et simultanément partout.
Seul l’esprit a le pouvoir de connaître et de comprendre les objets.
Lorsque nous disons que nous comprenons quelque chose, c’est seulement parce que notre esprit comprend cette chose.
Toutes nos pensées, nos paroles et nos actions physiques dépendent entièrement de notre esprit.
Notre esprit est le créateur de toute chose.
Tout ce que nous pensons, que nous voyons, entendons, sentons, goûtons ou touchons à travers nos perceptions sensorielles est créé par l’esprit.
Comprendre que tout est créé par l’esprit nous aide à comprendre son pouvoir.
Chaque être vivant est sous le contrôle de son esprit.
L’esprit lui-même est un champ clair et universel de connaissances qui a le pouvoir de tout créer.
[pause 2 minutes]
Tout en restant dans la claire lumière de notre esprit, essayons maintenant de gagner une expérience personnelle, en contemplant ce qui suit :
Clarté-Esprit-03Puisque notre esprit est le créateur de tout, il peut percevoir toute forme et peut se manifester sous toute forme.
Puisque notre esprit n’est pas un son, il peut entendre et émettre tous les sons.
Puisque notre esprit n’est pas une odeur, il peut sentir toute odeur et toutes les odeurs proviennent de lui.
Puisque notre esprit n’est pas le toucher, il peut avoir toute sensation et peut tout éprouver.
Puisque notre esprit n’est pas le goût, il peut goûter à tout et créer toute saveur.
Puisque notre esprit n’est pas une pensée, il peut penser à tout et générer toute pensée.
Puisque notre esprit est le créateur de tout, il peut tout créer.
Puis sur la base de cette contemplation, essayons de générer le sentiment de la présence de l’esprit lui-même et de rester dans sa nature égale et immuable.
Imprégnions-nous de ces affirmations pendant quelques instants encore.
[pause 2 minutes]
Si une distraction se manifeste, réalisons que c’est un objet de notre esprit et non notre esprit lui-même. Ce n’est qu’une pensée dans notre esprit et en comprenant ceci, laissons-la simplement disparaître tout en reportant notre attention sur l’esprit lui-même.
Laissons cette distraction se dissoudre dans notre esprit comme un nuage se dissipe dans un ciel clair et revenons une fois encore dans le calme immuable de notre esprit.
[pause 1 minute]
Si une image se manifeste, réalisons toujours que c’est un objet de notre esprit et non l’esprit lui-même.
Ce n’est qu’une image mentale dans notre esprit que nous laissons simplement s’éloigner, semblable à un nuage qui se dissipe dans un ciel clair et revenons  dans le calme immuable de notre esprit.
[pause 1 minute]
Si un son se manifeste, réalisons que ce n’est qu’un objet de notre esprit et non l’esprit lui-même. En l’entendant, laissons ce son se dissoudre tel un nuage dans le ciel clair de notre esprit.
[pause 1 minute]
Si une perturbation mentale se manifeste, nous réalisons qu’une fois encore c’est un objet de notre esprit perturbé et non l’esprit lui-même. Ce n’est qu’une pensée dans notre esprit.
Clarté-Esprit-02En focalisant toute notre attention sur l’esprit lui-même, nous laissons également cette perturbation se dissoudre dans notre esprit comme un nuage se dissipe dans un ciel clair.
Et comme toujours dans ces cas, nous nous concentrons sur la sensation de calme immuable de notre esprit.
Cette sensation est notre objet de méditation placée sur lequel nous restons le plus longtemps possible, durant quelques minutes encore.
[pause 3 minutes]
Puis progressivement, nous revenons dans notre perception ordinaire des choses et sortons de notre méditation.

Méditation compilée à partir d’un enseignement donné par Kadam Ryan au Centre Atisha de Genève.

Méditation : Au bord de la rivière

Rivière-01L’idée de cette méditation m’est venue lors d’une promenade entre mes séances de méditations de la retraite post-festival faite cette semaine de retour du Portugal. Alors que je faisais une halte au bord d’un ruisseau non loin de de chez moi, je contemplais l’eau coulant devant moi et je fis la découverte suivante. Si je contemplais les feuilles emportées par le courant en fixant sur elles mon attention, je perdais la vision des cailloux au fond du la rivière. Et inversement si je maintenais mon attention sur les cailloux au fond de l’eau, les feuilles progressivement disparaissaient. Notre vision nous permet difficilement de voir nettement à la fois deux objets situés à des distances différentes. Notre vision se focalise sur un seul plan à la fois. Cette constatation m’a inspiré alors la méditation ci-dessous.

  • Installez-vous confortablement le dos bien droit sur votre siège de méditation.
  • Tourner votre esprit vers l’intérieur de vous-même.
  • Prenez conscience de votre respiration sans chercher à bien respirer. Acceptez votre manière naturelle de respirer.
  • Contentez-vous de suivre le mouvement de votre respiration et de devenir réceptif à tout ce qui s’élève dans la conscience.
  • Portez votre attention sur le va et vient de votre respiration comme un point d’ancrage de l’attention.
  • Pause 1 minute
  • Imaginez maintenant que vous êtes assis au bord d’une rivière.
  • Vous observez simplement l’eau qui coule juste là devant vous.
  • Rivière-02Plus précisément contemplez les magnifiques pierres qui se trouvent dans le lit de la rivière.
  • Une multitude de cailloux qui vont de la couleur blanche jusqu’au noir, des grands des plus petits le plus souvent en forme de galets.
  • Fixez ce fond de rivière multicolore qui vous absorbe complètement.
  • Pause 1 minute
  • Soudain, semblant venir de nulle part, hors de votre champ de perception visuelle
  • des feuilles mortes emportées par le courant, passent devant vous telles de minuscules embarcations et attirent votre attention.
  • Puis s’éloignent et disparaissent de votre vue.
  • Si vous êtes attentifs, vous constaterez que vous ne pouvez observer nettement les cailloux au fond de la rivière et simultanément vous focaliser sur les feuilles qui passent.
  • Si vous maintenez votre attention sur les cailloux du fond de la rivière, les feuilles qui passent ne viennent plus distraire votre observation.
  • Elles s’estompent, deviennent floues et disparaissent.
  • Faites cette expérience pendant quelques instants encore, tantôt en observant les feuilles qui passent, tantôt la beauté multicolore du fond de la rivière.
  • Pause 1 minute
  • En quoi cette observation vous aide à comprendre le fonctionnement de votre esprit.
  • Ces feuilles  sont comme chacune de vos pensées perturbées, qui traversent l’espace sans limite de votre esprit.
  • Comme ces feuilles, aucune de vos pensées perturbatrices ne s’arrête dans votre champ de perception. Elles ne font que passer.
  • Si vous ne donnez pas votre assentiment à vos perturbations mentales, celles-ci ne tarderont pas à sortir de votre champ de conscience, pour finalement disparaître.
  • Il en va de même pour vos pensées. Elles traversent l’espace de votre esprit et vont disparaître dès l’instant où vous ne vous identifiez pas à elles.
  • Ainsi vont disparaître toutes vos pensées perturbatrices pour vous faire ressentir un esprit calme et serein.
  • Pour quelques minutes observez la clarté de votre esprit, en appréciant la paix intérieure qui s’y installe.
  • Pause 5 minutes
  • Vous pouvez maintenant progressivement sortir de votre méditation en commençant par regarder globalement la beauté de la nature autour de vous, de vous lever gentiment et de revenir dans le présent de vos occupations.