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Comprendre ce qui se cache derrière cette colère

Dans son livre “Comment comprendre l’Esprit” G. K. Gyatso écrit, je cite : “La colère peut se diriger contre n’importe qui, même contre nos amis. Nous pouvons aussi nous mettre en colère contre des objets, ou bien si nos désirs ne sont pas exaucés“. Nous avons tous de nombreuses expériences de la colère et nous en aurons encore bien d’autres tant que nous donnerons une légitimité à nos accès pathologiques de colère. Succinctement, la colère est un état d’esprit qui nous dit : “Ça m’énerve !!!” et nous voulons détruire ce qui nous énerve. Nous trouvons tout à fait normal de ressentir cette colère, confrontés à diverses situations de notre vie.

Ce n’est pas parce que nous nous heurtons à une difficulté ou à une contrariété que nous devons forcément nous mettre en colère. Quoi qu’il arrive, ce n’est pas une justification. Sans une véritable compréhension, c’est hélas la riposte la plus courante que nous adoptons. La colère peut naître également de la préoccupation de soi, de l’attachement à ce qui nous concerne. Parfois nous pouvons nous mettre en colère simplement parce que nous ne pouvons pas admettre que nous avons tort dans une situation bien précise. Une sorte de réaction d’autodéfense, qui soi-disant est un moyen stupide de se défendre, préférant rejeter la faute sur quelqu’un d’autre ou quelque chose d’autre.

Comment franchir les premiers pas pour se libérer de la colère. Générer une ferme détermination de ne plus se laisser prendre par la colère. Pour cela nous devons avoir une profonde conviction des dangers de la colère. La colère n’est pas simplement “crier”, “taper du poing” et exploser. La colère est comme un feu qui peut se manifester sous la forme de petites étincelles mais aussi sous la forme d’un important incendie. Ainsi, la colère peut s’exprimer sous plein d’aspects différents. Lorsque par exemple, sous l’emprise de la colère nous crions, ce n’est qu’une extériorisation de notre esprit de colère. Mais nous pouvons aussi être dans une colère noire sans manifester quoi que ce soit.

Selon son tempérament, la colère d’une personne se manifeste de manière plus ou moins visible. D’où l’importance de bien comprendre celle-ci pour apprendre à la déceler rapidement dans notre esprit. Il n’y a rien de plus dangereux qu’une colère non identifiée. Elle se traduit par un comportement tel que : “Non, pas du tout, je ne suis pas en colère !”, alors que cramoisie, sa respiration s’emballe et que ses mains deviennent moites. Cela revient à contenir la pression dans une cocotte-minute prête à exploser, et qui finalement explosera. Mais parfois la colère se déclenche à la suite d’une circonstance banale ou sous forme de rancune insidieusement accumulée qui finit par se manifester.

En toute circonstance, nous devons dire non à cette colère qui se développe dans notre esprit plutôt que de l’accepter en argumentant pour la justifier. En amont de la colère règne dans notre esprit une confusion qui ne fait pas la distinction entre la situation extérieure, cause circonstancielle et le facteur mental colère cause substantielle présente dans notre esprit. Avoir un esprit de colère n’arrange pas les choses et ne se justifie jamais car elle fait du mal à nous-même et aux autres et de plus ne nous aide jamais. Tous nos états d’esprit perturbés proviennent du fait de notre vision incorrecte et de notre perception déformée du monde. Si la solution ultime à la colère est la réalisation de la vacuité, nous pouvons dès maintenant méditer et utiliser les opposants à la colère que sont la patience et l’amour.

Nous devons être particulièrement vigilants quand nos souhaits ne se réalisent pas, lorsque nous éprouvons des déceptions ou des contrariétés ou lorsque nous sommes amenés à faire quelque chose que nous n’aimons pas. Ce sont généralement de telles situations qui nous mettent en colère. Nous pouvons à tout moment décider de ne pas donner notre assentiment à cette colère et orienter notre esprit dans une direction plus constructive. Comment ? En nous souvenant que la colère est inutile, mais que sa présence renforcera notre détermination à détruire notre préoccupation de soi, la racine de tous nos problèmes. À travers de telles situations nous approfondirons notre compréhension du karma, en pensant : “Là, j’ai moi-même créé la cause de me mettre en colère dans cette situation, est-ce que peux vraiment ne plus jamais me mettre en colère ?“.

Rédigé d’après mes études et réflexions sur un enseignement tiré du livre “Comment comprendre l’Esprit”, reçu dans le cadre du PF au Centre de Méditation Kadampa de Genève en 2015

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Ce qui fait le développement d’une perturbation mentale

Les perturbations mentales animent constamment notre manière d’être et notre façon d’agir dans la vie de tous les jours. Cette affirmation doit être vue sous l’éclairage de notre sagesse, car notre ignorance veut nous convaincre que notre attitude dépend essentiellement de causes et de conditions extérieures à notre esprit. Alors que tout ce que nous percevons n’a pas d’existence intrinsèque, la nature ultime de tous les phénomènes est la vacuité. Dans les enseignements sur la vacuité Bouddha nous enseigne que tous les phénomènes ne sont qu’une simple manifestation de la vacuité. Cet enseignement est très profond et demande de la patience et de la persévérance pour être bien compris.

Une compréhension intellectuelle de cet enseignement n’aura pas le pouvoir de changer en profondeur notre esprit. Nous sommes actuellement comme ce malade qui, bien que voulant guérir et ne plus souffrir, se contente de lire plusieurs fois par jour la notice du médicament que le docteur lui a prescrit. La présence même des perturbations mentales dans notre esprit en est le principal obstacle. À notre niveau, et avant même d’utiliser l’opposant ultime qui est la sagesse réalisant la vacuité des phénomènes, les opposants temporaires et spécifiques à chaque perturbation nous apporte une paix intérieure temporaire nous permettant de réduire leur effet néfaste.

Pour comprendre comment agissent ces opposants, nous devons connaître les principales causes des perturbations mentales. Parmi les principales causes, quatre de celles-ci sont nécessaires pour qu’une perturbation mentale se produise : la racine, la graine, l’objet et la focalisation inappropriée. Dans son livre “Comment comprendre l’Esprit”, Vénérable G. K. Gyatso nous décrit celles-ci, je cite : “La racine de toutes les perturbations mentales est la saisie d’un soi. La graine d’une perturbation mentale est un potentiel laissé précédemment sur le continuum mental par des perturbations mentales similaires, potentiel qui agit en tant que cause substantielle de cette perturbation mentale. L’objet est tout objet contaminé. Enfin, la focalisation inappropriée est un facteur mental qui se concentre sur l’objet d’une manière incorrecte“.

Il faut donc la présence de ces quatre causes pour qu’une perturbation mentale se développe. Mais il suffit qu’une d’entre-elles manque pour que la perturbation mentale ne puisse se développer. Parmi ces quatre, celle que nous pouvons le mieux cibler est en fait la focalisation inappropriée. À savoir, notre manière de nous focaliser sur un objet. Autrement dit, si nous réussissons à travailler sur les causes de la focalisation inappropriée, nous empêcherons le développement de la perturbation mentale en question. Bien que cette pratique empêche le développement de celle-ci, elle n’élimine pas pour autant les graines en dormance qui subsistent dans notre esprit. Ces dernières peuvent être détruites par des pratiques de purification, (Le Soutra des Trois cumuls ou la pratique de Vajrasattva avec récitation de son mantra).

Pour empêcher le développement d’une perturbation mentale, comment ne pas tomber dans la focalisation inappropriée ? Vénérable G. K. Gyatso, toujours dans son livre “Comment comprendre l’Esprit”, nous dit ceci, je cite : “ … en ne permettant pas à notre esprit de ressasser le caractère plaisant ou déplaisant des objets contaminés et de l’exagérer“. Somme toute, en quoi la focalisation inappropriée sur un objet plaisant nous est-elle néfaste ? Le fait de fixer notre attention sur un objet plaisant, en exagérant ses qualités contribue à développer une autre perturbation mentale, l’attachement. La plupart d’entre nous sommes incapables de vivre une expérience plaisante sans développer de l’attachement. Une sorte de “viscosité mentale” s’établit entre notre esprit et l’objet contaminé, nous privant de notre liberté.

Rédigé d’après mes révisions et mes transcriptions d’un enseignement du PF basé sur le livre “Comment comprendre l’Esprit” reçu au Centre Atisha de Genève en 2016

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À quoi reconnaît-on une perturbation mentale ?

Nous sommes nombreux à subir un continuum de situations plus ou moins désagréables dans la multitude d’expériences quotidiennes de notre vie. Et, par ignorance, inlassablement nous mettons toute notre énergie à trouver la cause de tels événements. Par habitude, nous recherchons la cause de nos désagréments, de nos échecs, de nos vicissitudes, finalement de notre souffrance dans le monde qui nous entoure. Qui n’a pas une fois incriminé son supérieur, son conjoint, son collègue d’être responsable de ses divers tourments ? D’une manière générale, nous avons une tendance innée à rechercher “le coupable” à l’extérieur de notre esprit dans les personnes et les objets qui nous entourent.

Dans ses enseignements des “Quatre Nobles Vérités”, Bouddha nous apprend que la cause de notre souffrance n’est pas extérieure mais intérieure. La cause se trouve au niveau de notre esprit dont le fonctionnement est contaminé par des perturbation mentales. Pour remédier à cette malheureuse situation, nous serons bien inspirés de reconnaître ces perturbations mentales et de les neutraliser afin de reconstruire la paix intérieure de notre esprit. Mais qu’est-ce au juste qu’une perturbation ? Dans son livre “Comment comprendre l’esprit”, G.K. Gyatso nous livre sa définition, je cite : “Une perturbation mentale est, par définition, un facteur mental qui provient de la focalisation inappropriée et dont la fonction est de rendre l’esprit agité et incontrôlé”.

La seule et unique fonction d’une perturbation mentale est donc de nous faire souffrir. Pour reconnaître à coup sûr si nous avons une perturbation mentale ou pas, il nous suffit de savoir si notre esprit est agité et incontrôlé, autrement dit de savoir si nous sommes bien ou pas à un moment donné. La focalisation inappropriée sur les objets de nos perturbations mentales se fait à travers nos portes sensorielles, l’œil, l’oreille, le nez, la langue, le corps. Simultanément le facteur mental discrimination appréhende ce qui différentie l’objet particulier de la perturbation mentale des autres objets, nous permettant de le reconnaître et de maintenir l’activité de celle-ci. Une mauvaise focalisation associée à une discrimination insuffisante entretient la confusion dans notre esprit qui lui donne alors son assentiment.

Pour remédier à cette pénible situation, nous devons impérativement contrôler l’accès à nos portes sensorielles. La qualité de notre esprit dépend des états d’esprit qui l’accompagnent. Les états d’esprit négatifs notamment sont causés par les perturbations mentales et non par les objets et les conditions extérieures. Ce que nous croyons être perçu à l’extérieur n’est qu’une image générique, une illusion dans notre esprit. Comment pouvons-nous être tributaires d’une illusion ? Simplement par ignorance, l’ignorance de saisie d’un soi qui nous fait croire que les phénomènes et les objets existent indépendamment de notre esprit, de leur propre côté ou de manière intrinsèque. Les perturbations mentales nous induisent en erreur et nous font rechercher le bonheur au mauvais endroit.

Bien que nous développions les perturbations mentales dans notre esprit, nous avons besoin de connaître avec précision les états d’esprit résultants. Les états d’esprit perturbés sont la cause de toutes les actions négatives et la source de toutes les souffrances et de tous les dangers. En identifiant puis en éliminant nos perturbations mentales nous pouvons résoudre tous nos problèmes.

D’après un enseignement sur le thème “Se guérir du passé” avec Kelsang Jigkyob au IRC de Kailas en 2014 et de mes notes personnelles

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Régression et transformation, les balises de notre vie

Notre esprit, créateur de toute chose, est capable de créer de l’ordre, potentiellement des choses d’une complexité phénoménale. Mais il peut aussi engendrer le désordre inextricable ou même nuisible, sous l’effet des perturbations mentales. Dans le premier cas, nous sommes capables de mobiliser nos intentions vers des situations où nous ressentons joie, sérénité et satisfaction. Nous renforçons nos capacités créatrices et contribuons à rendre meilleur le monde autour de nous. Nous sommes capables de venir à bout de situations difficiles ou conflictuelles, comme nous sommes capables en cas de problèmes de nous ressaisir en adoptant une stratégie dite transformative. Cette stratégie consiste à convertir les conditions adverses en conditions bénéfiques pour notre vie de tous les jours et pour notre développement spirituel.

Dans le cas contraire, notre esprit ressemble à un torrent impétueux sous la dictature de nos perturbations mentales et principalement notre attachement, notre colère et notre ignorance. Dans ces conditions, nous pouvons aussi bien passer d’une idée à l’autre, nourrir des pensées sombres que de nous enliser dans des situations de stress et de régresser sur le plan spirituel. C’est alors que tout nous semble se dresser contre nous. Nous avons l’impression que notre entourage devient hostile, que les gens ne nous comprennent plus et de ce fait ne nous sont d’aucun secours. En d’autres termes, nous déprimons nous-même, et notre entourage progressivement nous abandonne. Nous consacrons un temps excessif à des activités sans rapport avec ce qui devrait être important pour nous. Nous adoptons une véritable stratégie de régression qui nous enfonce de plus en plus dans le samsara. C’est adopter la fameuse loi de E. A. Murphy qui dit : « Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera nécessairement mal ».

Bouddha nous enseigne que notre paix intérieure dépend essentiellement de notre capacité à développer nos aptitudes à convertir les éléments négatifs ou neutres de nos expériences en éléments positifs et bénéfiques. Pour illustrer ce propos, par exemple celui de perdre son travail, chose malheureusement assez fréquente. Suite à ce licenciement nous nous sentons déprimé, outragé par ce que nous considérons comme une injustice, nous prenons refuge dans les addictions de toute sorte et c’est le début de l’effondrement, d’une régression sur tous les plans. Au contraire, et c’est ce que j’ai fait à une certaine époque de ma vie, nous prenons ces événements pénibles comme l’occasion de prendre un nouveau départ dans la vie, avec de nouveaux projets, par exemple l’apprentissage d’une nouvelle langue, etc. nous développons une énergie de renouveau. Ce faisant, ce rebond sera perçu par ceux de notre entourage qui, au lieu de nous éviter, viendront nous proposer leur aide.

Comment est-ce possible ? Fréquemment processus de régression et processus de transformation s’associent si nous pensons à la loi de causalité du karma. Ainsi, au moment des faits, nous pouvons nous mettre en colère dont les effets collatéraux seront nombreux. À tort, nous faisons souffrir notre entourage, nous perdons confiance en nos réelles compétences. Puis, après quelques heures, quelques jours, ces états d’esprit destructeurs s’amenuisent et disparaissent tandis que le calme et la sérénité reprennent leur place de manière constructive. Ceci est possible du moment que nous comprenons que, quand bien même les apparences le contredisent, nous sommes le seul responsable de ce qui nous arrive car nous en avons créé les causes par le passé. Nous devons accepter que nous somme le géniteur de ce chaos momentané dans notre esprit et que nous seul pouvons y remédier.

Grâce à notre potentiel pur, notre graine de bouddha, nous avons une capacité de résilience inimaginable qu’il suffit d’utiliser avec sagesse. Tous autant que nous sommes avons connus des épisodes dans notre existence où tout va de travers. Mais face à l’adversité nous avons également surmonté bien des épreuves avec plus ou moins de succès. Les gens qui prétendent que pour eux tout est facile et sans problèmes ne sont pas sincères et manquent grandement d’humilité. La souffrance est endémique dans le samsara et le bonheur apparent qu’il nous propose est trompeur. Les pseudo-bonheurs que nous trouvons dans celui-ci ne sont que des souffrances changeantes, des diminutions temporaires de souffrance. En faisant grandir notre renoncement à cet univers fallacieux nous allons progressivement nous libérer de toutes souffrances de manière définitive en construisant notre nirvana.

Compilé à partir de notes personnelles et d’expériences vécues. Puissent ces quelques lignes inspirer celles et ceux qui sont momentanément dans la confusion de leur esprit.

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Méditation : Développer le renoncement au samsara

  • Installez-vous confortablement, le dos bien droit et la tête dans sa position naturelle comme si vous observez quelque chose devant vous à l’horizontale.
  • Vous pouvez fermer les yeux si vous le souhaiter ou les laisser juste entrouverts, pour laisser juste un filet de lumière.
  • Prenez maintenant contact avec votre respiration que vous accompagnez naturellement sans contrainte.
  • Et portez toute votre attention à la sensation de l’air qui entre et sort par vos narines.
  • Laissez-vous entraîner par son va-et-vient et faites-le pendant quelques instants
  • Silence (2 minutes)
  • Bouddha a enseigné “Les quatre nobles vérités” nous permettant Medit-renoncement-01d’identifier correctement la nature du samsara et ses objets.
  • Par ces enseignements, il nous explique la nature de la souffrance, son origine, la cessation de celle-ci et les moyens de nous en libérer, c’est-à-dire ce que nous devons abandonner pour y parvenir.
  • Mais nous ne devons pas nous méprendre sur l’objet à abandonner.
  • Bouddha nous dit que l’objet à abandonner est le samsara, et le samsara n’existe pas en dehors de nous.
  • Il ne s’agit pas d’abandonner nos biens matériels, nos relations, ni de changer de mode de vie en quittant sa famille et son travail.
  • Alors si nos biens, nos relations, notre mode de vie et notre travail, nos activités ordinaires ne sont pas le samsara, dans ce cas que devons-nous abandonner?
  • Le samsara est la suite ininterrompue de nos renaissances, sans liberté ni contrôle dans leur succession.
  • Or la souffrance est dans la nature du samsara de la même manière que brûler est dans la nature du feu.
  • Et si nous voulons à l’avenir éviter cette souffrance, nous devons avoir peur de renaître sans le choix ni le contrôle sur le type de renaissance à venir.
  • En ce moment, nous éprouvons divers types de souffrances parce que nous avons pris des renaissances contaminées par ce poison intérieur que sont nos perturbations mentales.
  • Cette expérience perdure parce que nous avons pris des renaissances depuis des temps sans commencement.
  • Et elle n’aura pas de fin tant que nous n’atteignons pas la paix intérieure suprême en renonçant au samsara et nous libérer définitivement de toutes ces souffrances.
  • Aussi longtemps que nous resterons dans ce cycle de renaissances contaminées, souffrances et problèmes ne cesseront jamais.
  • Toutes les souffrances que nous avons connues et que nous connaîtrons dans cette vie actuelle, ne sont juste qu’un aperçu de ce qui nous attend dans le futur.
  • En comprenant la vraie nature du samsara, nous nous rendons compte à quel point il est une prison pour nous.
  • Prisonnier, nous allons développer le grand désir de nous en libérer.
  • Plus ce désir grandit, plus nous allons avoir envie de savoir comment faire pour en sortir.
  • Medit-renoncement-02La porte de sortie de ce cauchemar est le renoncement au samsara, le renoncement au bonheur fallacieux et temporaire que nous procurent tout ce qu’il contient.
  • Nous pensons : “Si je n’atteins pas la libération du samsara, ce cycle de renaissances contaminées, je vais devoir faire l’expérience des souffrances de la naissance, de la maladie, du vieillissement, de la mort, de me séparer de ce que j’aime, de rencontrer ce que je n’aime pas et d’être incapable de satisfaire mes désirs”.
  • “Pour cela, je dois abandonner le samsara dans son ensemble et atteindre la paix intérieure suprême de la libération”.
  • Ces affirmations sont l’objet de notre méditation placée en un seul point, que nous maintenons le plus longtemps possible.
  • Silence (10 minutes)
  • Puis à notre rythme et en douceur, nous pouvons sortir de notre méditation tout en gardant à l’esprit ce renoncement au samsara.

Compilé à partir de mes lectures dans les livres “Le Manuel de Méditation” et “La Voie Joyeuse” de G. Kelsang Gyatso aux Ed. Tharpa

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Réflexion sur la pratique du dharma

Qu’est-ce que c’est véritablement la pratique du dharma? La pratique du dharma consiste à utiliser le dharma comme la solution de tous nos problèmes. Si nous ne connectons pas notre pratique du dharma avec nos problèmes quotidiens, nous ne pratiquons pas vraiment. Le dharma ne peut pas être pratiqué de manière abstraite ou ce serait insensé de le limiter à sa seule compréhension intellectuelle. Nous devons prendre conscience de ce que sont nos Pratique-01vrais problèmes, les perturbations mentales, et d’envisager la solution à la lecture du dharma. Les enseignements de Bouddha, regroupés sous ce nom ont un caractère pragmatique, une véritable technologie qui donnent réponse à tous nos problèmes. Nous pouvons ainsi régler ceux posés par nos perturbations mentales de manière personnalisée. Pour cela, nous pouvons nous poser chaque matin au réveil la question suivante : “Quel est aujourd’hui le plus grand problème qui me préoccupe?” La première réponse qui viendra naturellement à l’esprit sera une situation ou quelque chose d’externe, comme par exemple le travail, les collègues, la voiture etc.

Habituellement la première réponse sera par exemple : “Mon travail! Et dire que je vais devoir supporter encore ce chef qui décrédite tout ce que je fais!”. Une telle réponse est avant tout un constat et ne nous aide guère. Elle peut tout au plus être le motif de nos lamentations, de notre frustration ou de notre colère. De Pratique-02manière plus profonde, tout problème comporte deux aspects, un aspect qui nous semble à l’extérieur de notre esprit et un aspect intérieur de notre esprit. Nous devons clairement faire la distinction entre ces deux aspects du problème. Dans cet exemple, plus que la situation détestable au bureau, c’est la sensation désagréable que cette ambiance provoque dans l’esprit qui est le véritable problème. En d’autres termes, l’ambiance exécrable au travail est l’aspect extérieur du problème tandis que la sensation détestable perçue est l’aspect intérieur de celui-ci. Le feeling déplaisant qui occupe notre esprit est le véritable problème. Par familiarité, nous percevons généralement les problèmes sous un seul aspect, leur aspect extérieur et faisons abstraction de l’autre aspect, l’aspect intérieur. Pas étonnant que nous avons des difficultés à les résoudre.

Pour mieux comprendre ce processus, nous pouvons considérer le problème extérieur à notre esprit comme une cause circonstancielle et le sentiment haïssable de la situation comme la cause substantielle, responsable de notre mal-être. Généralement, nous n’avons pas directement le contrôle des circonstances de ce qui nous arrive dans la vie et nous devons les affronter. Par contre nous pouvons agir sur la cause substantielle du problème, la perturbation mentale activée par la circonstance. Si, face à une problématique, nous changeons notre réponse habituelle en considérant chaque problème sous ces deux aspects, progressivement nous ramenons notre focalisation sur l’aspect intérieur plutôt que sur le seul aspect extérieur qui est hors de notre contrôle. Ce faisant, nous découvrons que notre vrai problème est nos perturbations mentales qui sont la cause de notre état d’esprit négatif. Et lorsque nous avons bien identifié notre vrai problème tel que la frustration, la colère et ainsi de suite nous allons pouvoir utiliser le dharma comme la solution spécifique qui nous libérera de notre posture inconfortable. Le dharma n’est pas en mesure de régler le problème extérieur, comme par exemple l’ambiance détestable au travail. En changeant notre état d’esprit avec les conseils du dharma, nous pouvons percevoir celle-ci différemment et orienter notre esprit vers les effets collatéraux de la cause circonstancielle et non la cause elle-même. Dans notre exemple, nous orienterons notre esprit vers la frustration, la colère ou le dénigrement que la situation engendre dans notre esprit et nous utiliserons le dharma comme solution.

Ainsi, nous utiliserons le dharma pour régler la perturbation mentale colère présente dans notre esprit. Autrement dit, nous réalisons que si nous acceptons l’action de cette colère dans notre esprit nous créons une cause de prendre une renaissance dans les règnes inférieurs. Sincèrement est-ce que ça en vaut vraiment la peine? Manifestement non et c’est pourquoi nous ne donnons pas notre assentiment à la colère qui veut nous détruire et nous rendre plus misérable encore. Une fois le problème de la colère réglé, la critique de notre supérieur aura moins d’impact sur nous et finira par s’épuiser et cesser. En conséquence de ce travail, d’autres problèmes en affinité avec la colère tels que l’esprit incontrôlé, le karma négatif Pratique-03sur notre esprit et ainsi de suite apparaissent. Nous pouvons alors étendre notre application de la pratique du dharma à ceux-ci également. De cette manière nous allons progressivement éradiquer toutes les perturbations mentales responsables de notre souffrance.

Progressivement le ressenti de notre problème se développe en incluant d’autres choses. De cette manière au fil du temps un jour nous allons nous réveiller et nous poser la traditionnelle question à laquelle la réponse claire sera : “Oups! Je peux très bien prendre une renaissance inférieure”. Souvent, dans notre pratique nous aurons de petites crises. Mais après un certain temps, la pratique du dharma prendra une place prépondérante dans notre vie. Le dharma devient un mode de vie. Si en nous posant la question : “Pourquoi je pratique le dharma?” nous ne trouvons pas de raison valide, nous devons retourner  au fondement des enseignements de Bouddha. À savoir que nous voulons être contents, être heureux, que nous souffrons à cause de nos perturbations mentales et le dharma nous donne les outils avec lesquels nous pouvons les éliminer. En conclusion, nous pratiquons le dharma parce que cela fonctionne. Lorsque nous avons cette attitude pragmatique, “Je pratique parce que cela fonctionne pour moi et que c’est la manière même par laquelle je peux résoudre tous mes problèmes”, avec cette motivation nous pouvons continuer de pratiquer sans crainte d’abandonner le dharma.

Inspiré d’après un enseignement du Programme fondamental sur le livre “La Voie Joyeuse” de Ghéshé Kelsang Gyatso donné par Kadam Ryan au Centre Atisha de Genève.

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Qu’est-ce que je fais de ma vie?

Chaque être vivant possède au plus profond de lui-même ce seul objectif : “Être heureux et ne pas souffrir”. Tous nos faits et gestes, toutes nos intentions directement ou indirectement sont orientées vers ce seul but. Si parfois nous avons l’impression d’y parvenir, ce n’est que pour une courte durée avant qu’une nouvelle situation nous dépossède de ce bonheur fugace pour nous confronter à une Ma_vie-01difficulté inattendue, nous imbiber d’une autre souffrance. Les exemples de telles fluctuations entre bonheur et souffrance sont nombreux dans la vie de chacun. Dans cette quête du bonheur qui nous échappe continuellement, alors émerge une simple question : Pourquoi? A cette question, conditionnés par les perturbations mentales racines que sont l’attachement désirant *) et l’ignorance *), nous cherchons en vain à l’extérieur de notre esprit ce qui nous semble être une réponse valide.

Parce que depuis des temps sans commencement nous avons donné notre assentiment aux suggestions perfides et trompeuses émanées par notre esprit contaminé, nous répétons les mêmes scénarios dans notre vie, vie après vie. Pourtant, tout comme voulant enfoncer un clou avec un marteau, après avoir malencontreusement frappé sur notre doigt, il ne nous vient pas à l’idée de frapper une seconde fois pour nous assurer que c’est bien le coup de marteau qui nous a fait mal, nous comprenons notre maladresse. Mais en fait, ce n’est pas le marteau qui est le coupable, mais nous-même en manquant d’habileté. De manière analogue dans notre vie spirituelle, en répétant les mêmes erreurs nous manquons d’habileté, nous manquons de sagesse. Alors émerge dans notre esprit une seconde question : “Que puis-je faire pour orienter différemment ma vie?”

Depuis notre naissance, prenant exemple sur ce que nous percevons dans notre environnement, nous développons un esprit tourné Ma_vie-02exclusivement vers l’extérieur. À travers notre éducation, notre cursus d’études nous construisons notre identité ordinaire, notre “soi externe”. Malheureusement, notre ignorance – l’ignorance qui nous persuade de l’existence intrinsèque de quelque chose à l’extérieur de notre esprit – celle-ci nous entraine dans cette illusion trompeuse qu’est le samsara. Alors que faire? Changer et développer son “soi interne”. Bouddha nous enseigne que nous pouvons tirer profit de toute opportunité dans notre vie pour changer et développer notre “soi interne”. Tant que nous ne développons pas celui-ci, nous resterons un être s’identifiant uniquement à son “soi externe” qui, inexorablement est confiné dans ce qui est ordinaire, ce qui est dans la nature du samsara.

Si nous nous focalisons sur l’amélioration et l’aménagement de notre “soi externe”, tout en délaissant notre “soi interne” au moment de notre mort nous n’en tirerons aucun bienfait. Les enseignements de Bouddha sont en quelque sorte une méthode qui détruit systématiquement ce qui nourrit le “soi externe” et son contexte le samsara. Notre samsara est semblable aux nuages projetés par notre esprit incontrôlé, dominé par le fonctionnement de notre “soi externe” qui est lui-même sous l’emprise de notre attachement désirant et de notre ignorance. En connaissance de cause, nous avons tout ce qui est nécessaire pour choisir l’orientation de notre esprit. Nous avons le choix de décider ce que nous allons faire de notre vie dès maintenant. Est-ce que nous allons continuer à rester une être samsarique jeté sans contrôle d’une renaissance à l’autre ou souhaitons-nous devenir un être illuminé qui, en se libérant sera capable de venir en aide à tous les êtres vivants? Est-ce que nous choisissons d’accomplir des buts ordinaires ou d’accomplir des buts spirituels?

Ma_vie-03Nous devons considérer plusieurs choses que nous sommes capables de réaliser pour faire ce choix. Notre vie ne possède que le sens que nous lui attribuons et pour lequel nous nous investissons. Si nos objectifs sont de nature ordinaire et pour cette seule vie, nous faisons l’expérience d’une vie ordinaire. Les buts ordinaires étant tous les plaisirs extérieurs que notre société propose, les biens matériels, la réputation, les relations et ainsi de suite. Nous devons alors répondre aux questions : “Quel est le but ultime de cette vie?”, “Qu’est-ce que je fais actuellement de ma vie?”, “Quel est le but de toutes mes actions?”. La plupart des gens ne peuvent sincèrement répondre à de telles questions. Si la raison principale de nos actions est d’améliorer notre vie ordinaire, le but de celle-ci sera également ordinaire. Si par contre notre objectif de mettre à profit chaque situation comme une opportunité de combattre nos perturbations mentales pour nous libérer de la souffrance, nous pouvons alors développer des attitudes spirituelles qui affirment notre “soi interne”.

 *) L’attachement désirant est par définition un facteur mental perturbé qui observe son objet contaminé, le considère comme étant cause de bonheur, et le désire.

*) L’ignorance est par définition un facteur mental qui est dans la confusion au sujet de la nature d’un objet, et dont la fonction est une perception erronée et d’autres perturbations mentales.

 Compilé d’après un enseignement du livre “Le Guide de mode de vie d’un bodhisattva” de Ghéshé Kelsang Gyatso, donné par Kadam Ryan en 2004 au Centre Atisha de Genève