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L’esprit, le réalisateur de votre vie

Film Réalisat-02Dans les enseignements de Bouddha il est dit que « Tout est création de l’esprit ». Dans ce sens le monde que nous percevons est le monde auquel nous prêtons attention. De tout ce que nous percevons nous en projetons une image dans notre esprit. Lorsque nous percevons une bougie allumée devant nous une image de cette bougie est projetée dans notre esprit. Il ne saurait y avoir de bougie à l’intérieur de nous. Selon notre état d’esprit nous projetons un monde paisible ou un monde tourmenté par divers problèmes et souffrances. Pour mieux vous aider à comprendre cela, il m’est venu l’idée de la métaphore de la réalisation d’un film.

Vous êtes le réalisateur du film de votre vie et votre esprit « tient » la caméra. La mise en scène résultante est conforme au scénario qui suit fidèlement le script dicté par votre karma. Il n’y a dans le film strictement que ce que votre esprit perçoit au moment du tournage de votre expérience. Ce qui est en dehors du cadrage n’a pas été filmé et donc n’existe pas dans le film. Rien mis à part ce qui a été filmé n’existe. Que vous projetiez le film sur un petit ou un grand écran il n’y aura pas plus de contenu. Vous dirigez l’objectif de votre caméra dans une direction déterminée selon les graines karmiques qui mûrissent dans votre esprit.

Film Réalisat-01L’environnement et les objets présents devant la caméra forment le décor. Les gens avec lesquels vous êtes sont les personnages de votre film. Ils existent dans le rôle bien spécifique que vous leurs avez attribué en fonction de votre scénario. Chacun et chacune n’ont pas d’existence propre mais se manifestent uniquement en relation dépendante de votre état esprit du moment. Votre situation karmique détermine si vous êtes dans une romance ou dans un film d’horreur. Il se peut très bien que vous répétiez encore et encore une même scène, avec les mêmes acteurs ou avec d’autres.

Que faut-il comprendre de cette métaphore ? Nous avons une perception subjective de notre univers parce que vu à travers la lentille de notre esprit influencé par le mûrissement de notre karma. L’univers n’est pas en nous, seule une image de celui-ci se projette en nous à la manière d’un film. Par ignorance de saisie du soi nous sommes pourtant convaincus de l’existence intrinsèque des phénomènes et des gens que nous observons. Or ce ne sont que des images projetées par notre esprit. Si le scénario de notre film ne nous convient pas, nous pouvons à chaque instant le modifier en changeant notre état d’esprit et en changeant notre perception.

Film Réalisat-03En maintenant notre vigilance sur notre façon de percevoir ce qui apparaît dans notre vie, nous pouvons continuellement pratiquer la vertu et éviter ce qui est non vertueux, source de souffrance. En d’autres termes, il ne tient qu’à nous de créer un scénario agréable et sans souffrance. En éliminant de notre esprit les trois poisons que sont l’attachement, la colère et l’ignorance, celui-ci deviendra de plus en plus pur. Finalement quand l’esprit est pur ses créations seront pures et nous vivrons dans un monde pur.

Le rêve est-il une réalité ou la réalité est-elle un rêve?

Réalité-01Si toutes les causes et conditions météorologiques sont réunies pour que des nuages apparaissent dans le ciel, ce dernier se couvrira et il pourra même pleuvoir. La formation des nuages dépend de ces conditions atmosphériques. Sans ces conditions, les nuages ne peuvent se former. Et pour que ce phénomène puisse être observé par notre esprit, faut il encore que nous nous trouvions au bon endroit. Si un ami vous appelle de son téléphone portable pour vous dire qu’il observe un magnifique arc-en-ciel, il est peu probable que vous le voyez aussi, n’étant pas au même endroit.

Cette constatation nous permet d’énoncer la définition suivante : « Tout objet ou phénomène n’existe qu’en relation dépendante de ses parties, de causes et conditions et d’un esprit qui l’observe ».
En considérant la loi de causalité du karma, toute expérience que nous sommes sur le point de vivre est assujettie au mûrissement de graines karmiques présentes dans notre esprit. En d’autres termes, les objets et les phénomènes qui nous entourent sont dus à notre propre état d’esprit d’actuel. Contrairement à ce que nous pensons par ignorance,  ceux-ci n’existent pas de manière intrinsèque en dehors de notre esprit.

Puisque le karma prend sa source dans l’esprit, et plus précisément dans nos intentions mentales traduites en actions, nous avons accumulé dans le passé d’innombrables empreintes karmiques. Et lorsque les causes et conditions  de leur mûrissement seront remplies les effets de ces actions se feront sentir.
Or, notre esprit fonctionne aussi bien à l’état de veille que lorsque nous dormons. On parle d’un esprit grossier lorsque nous sommes réveillés et dans nos activités quotidiennes, et d’esprit subtil lorsque nous dormons dans l’état du rêve. Dans les deux cas, l’activité de notre esprit dépend de ce même mûrissement de graines karmiques.

Réalité-02Contemplons ce qui se passe lorsque, endormi, nous faisons un rêve. Le contenu du rêve résulte de notre état d’esprit. Les objets et les personnes qui apparaissent dans le rêve nous semblent exister réellement, au point que nous pouvons toucher ces objets et dialoguer avec ces personnes. Dans ce rêve, nous pouvons vivre toutes sortes d’émotions agréables et désagréables , voyager à l’autre bout du monde. Si vous doutez de l’existence d’un objet particulier dans votre rêve, vous pouvez avoir la confirmation de son existence en questionnant une autre personne de votre rêve. Mais viendra le moment où nous nous réveillerons et toute ce monde onirique disparaîtra alors que l’esprit subtil du rêve aura cessé.
Contemplons maintenant ce qui se passe lorsque nous sommes réveillés. Toujours en dépendance du mûrissement de graines karmiques sur notre esprit, nous allons faire diverses expériences quotidiennes. Nous allons manipuler divers objets, nous allons interagir avec les personnes de notre entourage. En aucun moment nous doutons de la pertinence de ce que nous percevons comme bien réels, existants de manière intrinsèque.

Réalité-03Que se passe-t-il dans notre esprit pour que les deux situations se ressemblent étrangement? Selon les enseignements de Bouddha, rien n’existe de manière intrinsèque et n’existe de son propre côté de manière indépendante à l’extérieur de notre esprit. Tout est création de notre esprit, aussi bien lorsque nous dormons que lorsque nous sommes réveillés. La principale cause dans les deux cas est notre grande ignorance de saisie du soi. C’est une perturbation mentale  qui nous fait croire que les objets et les phénomènes existent vraiment en dehors de notre esprit et indépendamment de nous, tant à l’état du rêve que dans l’état éveillé. Donc du point de vue de l’esprit il n’y a aucune différence entre une situation vécue dans notre rêve et une même situation vécue les yeux grands ouverts. Les deux situations n’existent que d’une manière conventionnelle, car nous sommes capables de les désigner, de les nommer, de mettre une étiquette sur les objets et les personnes, mais n’existent pas de la manière dont elles nous apparaissent. Nous savons que si nous examinons derrière le simple nom, nous ne pouvons pas trouver l’objet auquel il fait référence.

Cette réflexion sur le rêve de la réalité et la réalité du rêve ne doit pas nous décontenancer et nous faire peur en croyant que rien n’existe. En fait, tout existe d’une manière conventionnelle. Nous sommes ici dans une phase initiale de compréhension et de familiarité d’un concept très profond qui est celui de la vacuité. En contemplant et en méditant encore et encore ce qui vient d’être lu, nous créons sur notre esprit les causes de réaliser cette vérité. C’est en cela que Bouddha nous dit : « Réveillez-vous! ».

Inspiré d’un enseignement reçu samedi dernier et de la lecture de « Huit Etapes vers le Bonheur » de Ghéshé Kelsang Gyatso aux Ed. Tharpa.

Le monde que nous expérimentons est celui auquel nous prêtons attention

Dans les enseignements de Bouddha, il est dit que la fonction de notre esprit est de percevoir et de connaître les objets et les phénomènes. Les objets et les phénomènes n’existent pas de manière intrinsèque mais en relation dépendante de notre état d’esprit. Ainsi, nous pouvons comprendre l’importance de cet état d’esprit en rapport avec la nature des choses et des phénomènes de notre environnement quotidien.

Monde-01Le monde que nous expérimentons est celui auquel nous prêtons attention et nous n’avons pas toujours la sagesse de discerner ce qui est bénéfique ou pas pour notre développement spirituel et notre paix intérieure. Nous sommes constamment sollicité par d’innombrables informations en tout genre, que les médias ne manquent pas d’utiliser partout ou il y a une présence humaine. La plupart de ces informations relatent les misères et les déboires de nos congénères ou bien les drames et les catastrophes dans notre voisinage ou dans le monde. Il suffit de regarder les manchettes de certains journaux ou les information à la télévision pour s’en convaincre.

Monde-02Si nous ne sommes pas vigilants, comme des éponges, nous absorbons ces choses et cela affecte notre paix intérieure jusqu’à penser que tout va mal de part le monde et que nous sommes de malheureuses victimes sans défense. Alors qu’avec discernement, nous pouvons également mettre en lumière tout ce qui est positif et bénéfique dans notre vie. Tout cela dépend simplement de notre état d’esprit. Et tant que nous entretenons les perturbations mentales qui sont à l’origine de cette situation, notre vision du monde sera forcément négative et pessimiste.

Monde-03Par exemple, on me racontait dimanche le cas d’une personne qui va d’échec en échec dans sa vie et qui est convaincue que le monde lui est continuellement hostile et la prive de son bonheur. Pour elle, c’est toujours sur elle que cela tombe, tandis que les autres ont de la chance et de la réussite dans leur vie. Persuadée que c’est au monde et aux autres de changer, elle développe de la convoitise pour ceux qui réussissent et reste dans une complainte quant à sa propre situation. Il suffit parfois d’un simple petit changement d’état d’esprit pour que la situation change progressivement.

Je me souvient d’avoir lu une citation de Edward Murphy, qui dit : « Si une chose peut mal se passer, elle se passera certainement mal ». Du point du vue du fonctionnement de l’esprit, si nous anticipons le fait que cela peut mal se passer, nous créons une vision déformée de notre perception des choses au point que finalement nous sommes persuadé que cela va aller mal. Nous créons les causes et les conditions pour que cela se passe ainsi.  Autrement dit nous prêtons attention à tout ce qui va mal exclusivement et nous avons des expériences similaires. En ignorant tout ce qui  par ailleurs va bien dans notre vie nous gardons la conviction que tout est contraire à nos aspirations de bonheur et de réussite.

Changez donc votre façon de voir les choses et les phénomènes et les choses et les phénomènes que vous regardez changeront.

Réflexion sur l’attachement

Lors de ma retraite de la semaine dernière, dans le livre « Vivre de manière sensée et mourir dans la joie » (Ed. Tharpa), je me suis arrêté sur le paragraphe : « L’attachement » et j’ai lu :
« L’attachement est un facteur mental qui observe un objet contaminé, le ressent comme attirant, exagère cet attrait et désire le posséder. [….] Sa fonction est double: il désire obtenir l’objet et ne jamais en être séparé ».
Cela n’est pas pour autant quelque chose d’exceptionnel, mais fonctionne de manière subtile, perceptible et invisible.

Pour mieux comprendre sa nature, je vais utiliser un exemple. Prenez un aimant de bureau, de ceux qui servent à tenir un papier sur un tableau métallique. En saisissant l’aimant d’une main et une agrafe de bureau de l’autre, rapprochez les en observant ce qui se passe.

  • Plus on les rapproche, plus vous sentez une force d’attraction.
  • Une fois ensemble, il est difficile de les séparer.
  • Si l’on tente de les maintenir à une distance rapprochée, cela devient difficile.
  • Pourtant l’agrafe de bureau n’a aucun pouvoir d’attraction! Car, si vous rapprochez une agrafe de bureau d’une autre, il ne se passe rien du tout.

Tout comme il est difficile de séparer l’aimant de l’agrafe, il est difficile de séparer l’esprit de l’objet auquel il est attaché.  Pourtant l’objet de son propre côté n’a pas de pouvoir d’attraction. Notre attachement, une fois reconnu, nous pouvons réduire sa prise sur notre esprit. Méditez sur vos propres attachements et contemplez ceux que vous pouvez sans grande peine éliminer. Votre vie vous semblera plus facile.

L’illusion d’un citron

Les choses existent en relation dépendante de celui qui les observe et non de façon inhérente.

Imaginez que vous tenez dans vos mains un citron bien mûr. Vous sentez la texture de sa peau par le toucher. Vous le faites tourner dans vos mains tout en percevant son poids et son volume.

Imaginez ensuite que vous partagez ce citron en deux parties à l’aide d’un couteau. Vous sentez alors l’odeur qui s’en dégage, les molécules d’huile essentielle du citron.
Prenez maintenant chaque moitié dans vos deux mains, la face coupée tournée vers vous, juste là devant vous. Et regardez attentivement la partie tranchée du citron.

Remarquez l’épaisseur de l’écorce, les fines nervures qui délimitent les quartiers, la texture de la chair du citron, son jus qui a tendance à vous couler sur les mains.
Pensez maintenant à la saveur de ce citron. Est-il très acide? Ou pas trop? Comment le savoir ? Alors imaginez que vous portez la moitié que vous tenez dans votre main droite à votre bouche pour y goûter.

Reconnaissez que c’est le seul moyen de savoir vraiment le goût du citron! Alors imaginez que vous mordez dans ce citron. Quelle est la sensation qui se manifeste dans votre bouche? Si vous n’êtes pas convaincu de la saveur du citron, imaginez le mordre une seconde fois? Que ressentez-vous? Reconnaissez-vous la saveur astringente de ce citron? Peut-être tout de même pas encore.

Par contre, vous constatez de façon évidente l’abondance de salive dans votre bouche. Salive produite par les glandes salivaires en présence de ce goût particulièrement astringent afin de rétablir un certain équilibre dans votre bouche.

Que c’est-il passé? L’esprit ne fait pas la distinction entre un citron imaginé et un réel citron que vous tenez dans vos mains. Le citron de votre expérience a été tout simplement créé par votre esprit. Il n’existe qu’en relation dépendante de votre propre imagination. Cessez de penser à votre citron et il disparaît immédiatement et n’existe plus.

Perceptions (2ème partie)

Tenant compte de ce qui a été dit dans la première partie, de la même manière que nous pinçons une corde de guitare, sa vibration entre en résonance avec la même corde d’une autre guitare, par analogie nous faisons pareil avec notre esprit.

Si nous générons au niveau de notre esprit la bonté que nous percevons chez une personne en la considérant comme sans défauts, nous nous mettons en résonance avec les potentialités de bonté de cette personne et non ses défauts. Remarquez que si au contraire, nous nous focalisons sur l’un de ses défauts, les potentialités correspondantes de celui-ci entrent également en résonance avec notre pensée.

De la même façon, si une mère focalise toute son attention sur les échecs scolaires de son enfant, elle ne fera que renforcer les potentialités d’échec de celui-ci au détriment des qualités qui sommeillent sûrement encore chez l’enfant.

Cette observation, nous permet aussi de comprendre « Voir nos défauts dans le miroir du dharma« . Imaginons-nous pinçant une corde de la guitare sans regarder nos doigts, mais en observant attentivement les cordes de l’autre guitare. Que se passe-t-il? En regardant la corde qui vibre en résonance sur l’autre guitare, nous pouvons en déduire quelle corde nous avons pincé. De même que si nous voyons un défaut chez l’autre personne, nous pouvons  en déduire que nous avons les potentialités du même défaut sur notre esprit.

C’est pourquoi, nous devons nous efforcer d’observer ce qui est beau et bon chez la personne que nous rencontrons au lieu de voir ce qui est négatif et de porter tout de suite un jugement. Car en contemplant ce que nous voyons chez l’autre personne, nous renforçons les potentialités correspondantes pour qu’un jour nous ayons les mêmes qualités ou défauts.

Perceptions (1ère partie)

Chaque fois que nous rencontrons une autre personne, nous pouvons entrer en résonance avec celle-ci. Nos esprits entrent en résonance de la même manière que les cordes d’une guitare non utilisée se mettent à vibrer à l’unisson d’une autre guitare dont on pince les cordes, pour autant que celles-ci soient parfaitement accordées.

L’influence qu’exerce tout esprit sur les autres et que les autres esprits exercent sur le nôtre est une réalité. Le monde que nous percevons est le monde auquel nous prêtons attention. De chaque personne perçue nous faisons une image dans notre esprit dont nous sommes le réalisateur.  Selon les potentialités karmiques mûrissantes à un moment donné sur notre esprit, nous mettons l’accent sur un aspect particulier du monde que nous créons, et c’est de cette manière qu’il nous apparaît. Donc, notre réalisation est subjective.

Parmi les myriades d’informations que notre esprit reçoit, à chaque instant, seules les informations correspondantes à notre état karmique actuel sont perçues et traitées par lui. Les autres, de notre point de vue, n’existent pas ou sont insignifiantes. Tout se passe comme si ces informations traversaient une sorte de filtre caractérisé par notre état d’esprit.

De manière très simple, nous pouvons comprendre cette influence par des exemples de nombreuses situations de notre vie de tous les jours. N’avez-vous jamais remarqué que certaines personnes en attirent d’autres même sans faire quoi que ce soit, de par leur simple présence. Pourquoi, lorsque une telle personne est parmi nous l’ambiance devient sereine et joyeuse ou bien le contraire?

Ainsi, lorsque qu’une personne sous l’emprise de la colère entre dans une pièce, vous la ressentez immédiatement et, à moins d’être parfaitement centré, sa colère peut commencer à vous influencer. Et, au contraire si une personne du groupe auquel vous appartenez déborde d’optimisme et d’entrain, elle est capable de vous motiver pour faire les choses encore mieux.

Tout comme il est difficile de rester dans l’empathie en accueillant le récit d’une personne dans une profonde détresse émotionnelle, nous devons être vigilants de ne pas nous laisser influencer par des propos trop exaltés. Une attitude compatissante empreinte de sagesse nous protègera de tout débordement et de toute maladresse.

(La 2ème partie sera publiée prochainement)

Voir nos défauts dans le miroir du dharma

Aspect scientifique

Depuis notre naissance, nous considérons le monde dans lequel nous vivons comme possédant une réalité matérielle absolue. Par ce conditionnement, nous évoluons dans notre vie avec cette vision des choses. Toutes les informations que nous possédons sur le monde extérieur  nous sont fournies par nos cinq sens. Le monde que nous connaissons consiste en ce que nos yeux voient, nos oreilles entendent, par les odeurs que nous sentons, les saveurs de tout ce que nous goûtons et par tout ce qui entre en contact avec notre peau. L’homme depuis sa naissance dépend uniquement de ses cinq sens. Et le monde extérieur ne lui est connu qu’à travers eux.

Afin de mieux saisir le mécanisme de notre perception de la matière, rappelons succinctement comment fonctionne notre sens de la vue, qui nous apporte la majeure partie de l’information sur le monde extérieur. Tout objet exposé à la lumière réfléchit une partie de celle-ci sous forme d’ondes lumineuses perçues par nos yeux. Ces ondes lumineuses traversent le cristallin de notre œil et viennent imprimer une image optique sur la rétine. Celle-ci est ensuite acheminée sous forme de stimuli sensoriels vers une partie spécifique du cerveau appelée centre de la vision. À ce moment-là il faut bien comprendre que c’est une image et non l’objet qui se trouve à l’intérieur de notre cerveau.

C’est cette image que notre esprit perçoit. Ainsi, quand nous disons que nous voyons, ce sont les signaux électriques résultants de notre vision qui sont finalement perçus par notre esprit. En d’autres termes, notre esprit a une perception subjective de ce qui est supposé être à l’extérieur. C’est notre ignorance qui nous fait croire que quelque chose existe de façon inhérente à l’extérieur de notre esprit. En réalité ce ne sont que des images virtuelles perçues par un esprit dont l’état change constamment. De la même manière nous pouvons appliquer ce raisonnement à nos autres sens.

Aspect spirituel

Puisque l’interprétation du monde « extérieur à notre esprit » dépend essentiellement de notre état d’esprit, nous percevons les choses de manière changeante. Ainsi, selon les perturbations mentales actives à un moment donné, notre perception de la réalité est elle aussi changeante. Par exemple, si nous sommes de mauvaise humeur, nous avons l’impression que tout se met de travers dans notre vie. Tandis que si nous sommes de bonne humeur, au contraire nous avons tendance à voir la vie positivement. Autrement dit, les expériences que nous traversons sont essentiellement dépendantes de notre état d’esprit.

Alors, au lieu de nous épuiser à vouloir changer ce que nous croyons à tort être à l’extérieur, si nous voulons que quelque chose change dans notre vie nous devons changer l’image que nous en avons, en changeant notre état d’esprit. En prenant chaque situation vécue comme le reflet de notre esprit qui observe sa propre image dans un miroir, il nous appartient d’en changer et de retrouver la paix dans notre esprit. « Changez votre façon de voir les choses, et les choses que vous regardez … changeront! »