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J’ai lu … le 27 mars 2012

Le samsara

On peut comprendre le samsara comme étant une suite de renaissances ininterrompues sans liberté ni contrôle. Le samsara comporte six règnes . Énumérés dans l’ordre ascendant, selon le type de karma qui en est la cause pur y renaître, ce sont les règnes des êtres de l’enfer, des esprits affamés, des animaux, des humains, des demi-dieux et des dieux. Les trois premiers sont les règnes inférieurs, ou migrations malheureuses et les trois derniers sont les règnes supérieurs ou migrations heureuses. Bien que, du point de vue du karma qui nous y fait renaître, le règne des dieux soit le règne le plus élevé du samsara, le règne humain est considéré comme le plus fortuné, parce qu’il nous offre les meilleures conditions pour atteindre la libération et l’illumination.[Essence de Vajrayana de Guéshé Kelsang Gyatso, Glossaire  p. 580]

 Comme l’esprit est le créateur de tout ce que nous percevons et expérimentons, le samsara et ses règnes est également une création de l’esprit !!! Du fait, il n’y a aucun endroit à l’extérieur de notre esprit que nous puissions identifier comme étant l’un ou l’autre de ces règnes. Même à l’aide Google Maps, nous ne saurions localiser le règne des esprits affamés ou des êtres de l’enfer. Comment faut-il comprendre cela?

Notre esprit est sans limites et tout ce à quoi nous pensons est à l’intérieur de celui-ci sous forme de perceptions. Que nous pensions à la planète Jupiter , au système solaire dans son entier ou au cœur de notre Terre, ce ne sont que des images conceptuelles à l’intérieur de notre esprit.

De la même façon, le mot « ciel » nous fait immédiatement penser à un endroit ou quelque chose qui se situe là-haut, au-dessus de notre tête. Pourtant si deux être humains placés aux antipodes l’un de l’autre, pensant au même instant au mot « ciel » ont une perception ordinaire dirigée au dessus de leur tête diamétralement opposée. Alors, si le « ciel » devait être localisé à un endroit précis, lequel des deux personnages a raison?

Ainsi, le samsara et ses règnes se trouvent également dans notre esprit. Et selon le karma de chaque être sensible, le monde qui lui apparaît peut aussi bien être le règne des êtres de l’enfer que celui du règne des humains par exemple. Qui n’a pas entendu l’affirmation suivante  : « Cette semaine, au bureau c’était l’enfer !!! » ou bien encore : J’ai fait un rêve merveilleux, je me suis cru au paradis !!! ». Ces environnements sont le résultat karmique de leurs états esprits. L’être humain atteint de pensées paranoïaques a des états d’esprits perturbés par des croyances de persécution se sentant menacé par le monde qui l’entoure. Lui aussi a une sensation infernale de son univers. Un être éveillé quant à lui possède un esprit entièrement pur et ne saurait voir le monde impur qu’est le samsara. Il vit constamment dans l’illumination.

Citation de Guéshéla : « Lorsque l’esprit est pur, tout est pur. »

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Apprendre à accepter sans réserve les situations difficiles

Quelle que soit la situation difficile que nous avons à affronter, nous n’avons que deux possibilités. Soit nous pouvons faire quelque chose, soit nous ne pouvons rien faire. Si nous pouvons faire quelque chose, nous faisons l’effort de le faire sans pour autant être contrarié ou en colère. Et si nous ne pouvons rien faire, nous sentir triste ou nous mettre en colère ne fait que d’ajouter une frustration supplémentaire à la souffrance existante. Dans ce dernier cas, la solution est à rechercher dans l’acceptation patiente de la situation difficile. Par exemple, si vous souffrez d’un mal de tête, vous allez prendre un analgésique. Mais jusqu’à ce que celui-ci fasse effet, vous n’avez pas d’autre choix que d’attendre qu’il fasse effet et d’accepter momentanément la douleur.

La patience est un esprit capable d’accepter complètement la situation quelle qu’elle soit. C’est bien plus que de serrer les dents et de supporter celle-ci. Cela signifie accueillir sans réserve quoi qu’il arrive et abandonner l’idée que les choses devraient se passer autrement.

En changeant notre perception de ce qui nous paraît une circonstance désagréable, vision de notre esprit perturbé, en une circonstance agréable, vision dictée par notre sagesse qui nous renseigne sur l’inutilité de notre première impression, le désagrément causé par la situation disparaît et par la même occasion la frustration et la colère aussi.

Pour revenir à l’exemple du mal de tête cité ci-dessus, le fait de s’énerver parce que le médicament ne fait pas assez vite de l’effet ne fera que prolonger la souffrance inhérente au mal de tête. Tandis que si nous prenons patience, sachant que son effet est imminent, tout rentrera rapidement dans l’ordre.

Chaque situation est une occasion d’approfondir notre compréhension de la loi du karma.

 Lorsque des situations indésirables surviennent dans notre vie, elles sont la conséquence de la maturation de nos actions non-vertueuses passées. Nous les exploitons pour augmenter notre détermination d’abandonner toutes les actions non-vertueuses et de renforcer seulement ce qui est vertueux.

Nous utilisons aussi chaque situation pour augmenter notre motivation de purifier notre karma négatif.  Les potentialités de ce karma sont semblables à une bombe à retardement pendue dans  notre dos, et nous ne savons pas quand elle va exploser.

Le karma

Le karma est un terme sanskrit qui veut dire acte ou action. Sa signification est souvent mal comprise par la plupart des gens qui croient qu’il s’agit d’une sorte de destin contre lequel on ne peut rien faire. Du reste, on retrouve cette croyance dans l’expression populaire : « Ah! C’est mon karma, je n’y peux rien, je dois faire avec … ».

En fait le karma est un cas particulier de la loi de causalité qui dit qu’un acte a obligatoirement une conséquence ou en d’autres termes qu’une action entraîne inévitablement une réaction. Ainsi à l’origine de chacune de nos expériences, il y a une action et chacune de ces actions nous conduira à faire une expérience, conséquence directe de cette action. Le corollaire de cette loi est qu’il ne peut y avoir une action sans réaction, tout comme il ne peut y avoir une réaction sans une action qui lui ait donné naissance.

Dans notre vie, nous avons à assumer les conséquences de nos actes et chacun peut le vérifier aisément. Par exemple, si maladroitement nous nous tapons sur les doigts avec un marteau, la conséquence est immédiate : la douleur qui va très vite nous faire lâcher le marteau. Ou bien, si nous ne respectons pas le code de la circulation avec notre véhicule, nous nous exposons à une contravention ou pire à assumer les conséquence d’un accident. Ou encore si nous ne sommes pas consciencieux dans notre travail, nous allons finalement recevoir un blâme ou être licencié. Mais heureusement pour nous, ce qui se produit avec des actions négatives ou non vertueuses se produit aussi bien pour nos actions positives et nos actes vertueux. Ces actes vertueux et ces actions positives nous conduiront à faire des expériences agréables et remplies de bonheur.

Pourtant il y a des situations et des expériences de vie dont les causes nous échappent  totalement, pourquoi? Parce que leurs causes sont les actions commises dans une vie précédente, et de cela nous n’en avons évidemment aucun souvenir. Mais nous ne pouvons pas pour autant prétendre que puisque nous ne nous en souvenons pas, ces causes-là n’existent pas.

Chaque acte ou action engendre une empreinte sur le continuum de notre esprit dont l’effet mûri se manifestera lorsque les causes circonstancielles adéquates seront réunies. Ce qui veut dire qu’une action n’est jamais perdue et que le mûrissement de cette action peut très bien arriver aujourd’hui dans cette vie, mais aussi bien plus tard dans une vie future.

Le karma de chacun est comme un abonnement des transports publics il est nominatif et non transmissible. Ce qui veut dire que nous ne pouvons pas déléguer notre karma qui nous gêne et le céder à quelqu’un d’autre. Nous en assumons l’entière responsabilité. Et de ce fait nous devons cesser de rechercher un coupable de tous nos maux et infortunes.

Cette compréhension nous incite analyser notre esprit et son comportement perturbé pour mettre fin à notre inconfort et à notre souffrance. C’est se dire avec bienveillance et sans aucun jugement : « La véritable cause de ce que je vis en ce moment est en moi. Que dois-je comprendre de ce qui m’arrive? » plutôt que de dire : « Qui est-ce qui m’a fait cela? »