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Ne pas réussir à satisfaire nos désirs

Dans le livre “La Voie Joyeuse” de G.K. Gyatso, une courte histoire à la page 152 illustre cet article en introduction, je cite : “Un jour Aryadéva et Ashvagossa s’apprêtaient à débattre. Ashvagossa était sur le pas de la porte, un pied à l’intérieur et l’autre à l’extérieur. Pour tester la sagesse d’Aryadéva, il lui demanda : “Est-ce que je sors ou est-ce que j’entre ?” Aryadéva lui répondit : “Cela dépend de ton intention. Si tu veux sortir, tu sortiras. Si tu veux entrer, tu entreras” …”. L’intention est en quelque sorte le mécanisme qui oriente nos actions afin de satisfaire nos désirs. L’intention est par définition un facteur mental dont la fonction est de centrer son esprit principal sur un objet.

De cette manière, nous recherchons la satisfaction de tous nos désirs dans les objets samsariques qui sont par nature trompeurs. Simultanément, l’attachement désirant nous incite constamment à nous approprier ces objets, prétextant que ceux-ci nous rendront heureux en satisfaisant tous nos désirs. Ainsi, en succombant à la tentation de manger du chocolat, nous pensons que cela va juguler notre envie de chocolat. Le désir de chocolat disparaîtra effectivement mais juste momentanément, jusqu’à la prochaine crise d’envie de chocolat. C’est en fait comme boire de l’eau salée pour tenter d’étancher notre soif. Plus nous en buvons et plus nous avons soif !

Naturellement, pensant qu’assouvir notre envie de chocolat va faire disparaître notre désir de chocolat, en réalité ce sera juste le contraire. Car plus nous succombons à nos désirs et plus ceux-ci augmentent jusqu’à devenir parfois une obsession. Mais pourquoi fonctionnons-nous ainsi ? Le désir naît du moment que nous ressentons une sensation de manque résultant d’un état d’esprit perturbé par diverses pensées négatives de tristesse, d’insécurité, d’ennui ou bien d’autres encore. Notre ignorance de saisie d’un soi nous fait croire que les objets que nous percevons à l’extérieur de notre esprit sont susceptibles de satisfaire nos désirs et nous rendre heureux.

Si, après avoir obtenu l’objet de notre désir sans traiter notre état d’esprit de manque, ce dernier va automatiquement générer un besoin du même objet désiré ou d’un autre différent du premier. Combler un désir ne sert strictement à rien aussi longtemps que nous ne traitons pas la cause de notre insatisfaction. Ceci même si momentanément nous pensons posséder tous les objets de désirs de notre esprit perturbé. Pour illustrer cela, prenons l’exemple d’un homme très riche. Grâce à son argent, cet homme peut obtenir tous les objets de désir imaginables. Toujours insatisfait, il continue encore sa quête de nouveaux objets.

Logiquement, si nous sommes satisfaits d’un certain objet de désir, nous ne devrions plus avoir de désir pour ce même objet. En réalité, soit notre satisfaction s’étiole, soit l’objet ne répond plus à notre manque, mais dans tous les cas la situation est impermanente. Aussi longtemps que nous sommes l’otage de notre esprit de manque, même en possédant actuellement tous les objets désirés, il s’en trouvera de nouveaux pour réveiller le démon du désir dans notre esprit et nous ne serons jamais satisfaits. Pour remédier à cette souffrance récurrente nous devons pratiquer un total esprit de contentement.

Inspiré d’un enseignement tiré du livre “La Voie Joyeuse” reçu au Centre Atisha de Genève en 2005 ainsi que de mes notes personnelles.

Crédits Illustrations http://fr.123rf.com

Le temps est une illusion

Temps-illusionJ’ai pris conscience l’autre jour de beaucoup de choses qui gravitent autour de la notion du temps en puisant dans la multitude de citations existantes. Le temps qui passe, telle une horloge, rythme toutes les activités humaines. Existe-t-il plusieurs temps? Le temps est-il quelque chose de fixe ou variable? Pour certains il passe trop vite, d’autres trouvent le temps long. Il y a des gens qui tuent le temps, d’autres n’ont jamais le temps. Le temps est parfois insaisissable et certains vous diront qu’ils leur filent entre les doigts et la liste n’est pas exhaustive. C’est à croire que le temps est multiple et pour preuve notre voisin nous dira “J’ai tout mon temps”. Finalement, chacun trouve une valeur personnelle au temps.

À partir de ces exemples existe-t-il un temps unique pour tous? C’est alors que je me suis tourné vers la notion de vacuité pour illustrer que le temps est une illusion. Encore et toujours, notre esprit est le créateur de toute chose. Tout nous apparaît comme une image subjective dans notre esprit et rien n’existe en dehors de lui. Ce qui est perçu par notre esprit n’existe qu’en relation dépendante de causes et de circonstances et de celui qui perçoit. Si nous partons du concept qui définit le temps comme l’intervalle qui sépare un instant d’un autre, nous vérifions aisément que cet intervalle n’a pas une valeur constante.

Celle-ci dépend essentiellement de ce que chacun de nous projette sur cet intervalle. Ceci démontre que l’intervalle de temps en lui-même n’a pas de valeur intrinsèque. Sa valeur est subjective puisque générée par notre esprit et est semblable à une illusion. En d’autres termes, un intervalle de temps possède une valeur personnelle changeante selon l’esprit qui le considère et peut même être inexistant. Le temps dans ce sens n’existe pas, c’est ce que nous en faisons qui lui donne une existence, ce n’est qu’une illusion.

Prendre le temps, mode d’emploi

Le temps est une préoccupation de chaque instant pour nous, êtres vivants, car nous sommes assujettis à cette vie, laquelle suit également la loi de l’impermanence. Une vie commence par un début (la naissance), dure une période plus ou moins longue (notre existence) et se termine un jour ou l’autre (notre mort). La durée de celle-ci dépend de notre karma. C’est parce que des potentialités propices à une renaissance humaine ont mûri que nous sommes qui nous sommes. La durée et le contenu de notre vie sont également étroitement liés à notre karma. Et lorsque les graines karmiques qui nous maintiennent en vie cesseront, inévitablement nous mourrons. Le temps semble rythmer la cadence de notre vie comme dans une partition de musique.

Prendre Temps 03Il vous est sûrement arrivé d’être entourés de personnes qui n’ont jamais le temps, qui sont toujours stressées et s’agitent beaucoup tandis que d’autres semblent ne pas être concernées par le temps qui passe. Certaines personnes se dispersent dans une multitude de choses sans jamais avoir le sentiment d’obtenir quelque chose de précis, d’avoir perdu leur temps et souffrent de ne pas obtenir le résultat attendu. D’autres personnes encore réalisent quantité de choses en une seule journée sans laisser transparaître une quelconque angoisse ou surmenage comme si cela était tout à fait normal.

Prendre Temps 01Le temps est-il vraiment si différent pour les personnes ci-dessus? L’intervalle de temps produit par une sorte “d’horloge terrestre unique” est le même pour tous. Les jours ont tous 24 heures et les heures 60 minutes. Notre vie du commencement à la fin n’est qu’une succession d’instants. Mais comme nous avons une perception subjective du temps qui passe, pour chacun d’entre-nous le temps est différent. Ainsi, vous pouvez trouver “le temps long” ou au contraire trouvez qu’il “passe trop vite”. Tout dépend finalement de votre état d’esprit.

La nature de notre intention est un facteur qui modifie notre perception du temps. Si par exemple, nous faisons quelque chose sans entrain et sans motivation, il est certain que nous trouverons le temps long et ennuyeux. Par contre si nous faisons une expérience avec enthousiasme et motivation, nous aurons l’impression que le temps passe trop vite. Il y a des instants interminables et d’autres fugaces en dépendance de notre manière de percevoir l’événement.

Prendre Temps 02Évidemment qu’il y a certaines choses pour lesquelles le temps est impératif. Si nous avons un délai à tenir pour faire une tâche, nous disposons du choix entre deux attitudes dont le résultat sera très différent. Celui de développer l’état d’esprit qui croit que le temps va manquer et qui engendre une tension et un stress ou bien celui de développer un état d’esprit calme et serein sachant que nous avons le temps. Dans le premier cas, cette pression nous enlève probablement une bonne partie de nos moyens avec le risque de ne pas finir notre tâche; tandis que dans le deuxième cas, le fait d’être calme induit une détente qui aura un impact sur le résultat de notre travail.

En conclusion, notre ignorance de saisie du soi nous leurre, nous fait croire qu’il y a un temps immuable là en dehors de notre esprit et qui existe de son propre côté. Suivant ce que nous faisons il n’est pas suffisant ou au contraire suffisant pour accomplir une action. Notre perception souvent nous induit en erreur en générant en nous soit une souffrance ou une insatisfaction soit une exaltation et un sentiment de bonheur. L’une et l’autre ne sont qu’une simple illusion produite par notre esprit comme dans un rêve. Tandis que notre sagesse nous dicte de prendre le temps et ne pas se laisser prendre par le temps.

Le choix

Choix-1Vous avez certainement entendu dans votre entourage quelqu’un dire : “Bah! Je n’ai pas le choix!” En fait, il s’agit là d’une perception erronée, parce que nous avons toujours le choix. Et ne pas choisir est aussi un choix. Comment expliquer cette paraphrase du point de vue spirituel?

Si nous vivons en ce moment une expérience malheureuse qui nous fait souffrir, nous avons systématiquement besoin de trouver une raison à cette souffrance. Mais la grave erreur que nous commettons est de rechercher son origine à l’extérieur de notre esprit. Et dans beaucoup de situations, ne trouvant pas “un coupable” responsable de notre souffrance, nous en venons à dire :  “Bah! Je n’ai pas le choix!”, “C’est la malchance”.

Du point de vue de l’esprit ordinaire par exemple, nous ne choisissons pas d’être malade, d’attraper la grippe. Nous avons ainsi l’impression d’être une victime d’une force extérieure, le mauvais temps, les virus, etc. C’est oublier que la loi de causalité du karma s’applique ici également et que la cause qui échappe à notre interprétation actuelle se situe dans nos vies passées et de ce fait nous est inaccessible. Parce qu’à un moment donné, nous avons commis une action non-vertueuse dont le résultat est des potentialités de maladie par exemple et que les causes circonstancielles pour le mûrissement de celles-ci sont remplies en ce moment, alors nous sommes malades.

Bouddha nous enseigne que tout est création de l’esprit et que rien n’existe en dehors de notre esprit. L’impermanence subtile de tout phénomène nous y compris nous coupe de nos vies antérieures. Ainsi l’être qui a fait le choix aboutissant à notre souffrance actuelle n’existe plus et nous prive de l’explication de notre maladie. À posteriori nous n’avons plus le contrôle de l’esprit qui a engendré notre souffrance actuelle. Il ne nous reste que le choix d’accepter son mûrissement.

Une métaphore vous aidera à mieux comprendre. Par exemple, je suis cadre dans une petite entreprise qui développe de nouvelles technologies. De par ma fonction je connais assez bien le fonctionnement de celle-ci. Un matin, la nouvelle tombe comme un coup de tonnerre, mon patron vient de décéder dans un accident de la circulation. Étant professionnellement le mieux placé pour faire face, je suis pressenti pour assurer l’intérim de mon patron. Je suis certes au courant de beaucoup de choses, mais certaines, actuellement en chantier, n’étaient connues que de lui seul. Ainsi, jour après jour, semaine après semaine je vais être confronté aux effets de causes que seul mon patron connaissait.

Choix-2Par contre nous avons le choix des options des actions que nous créons à partir de maintenant en nous souvenant que toute action porte à conséquence. Si nous nous engageons dans des actions non-vertueuses, celles-ci se transformeront dans le futur en expériences de malheur et de souffrance. Et si, au contraire nous pratiquons la discipline morale dans des actions vertueuses, nous sommes certains de nous libérer progressivement de la souffrance.

La mort … mais pas seulement

Durant ma dernière retraite, sur ” La Concentration sur le thème de la mort”, me sont venues de nombreuses réflexions dont certaines des plus pertinentes, parce que faciles à comprendre, se trouvent ci-après :

Impermanence-0La mort mais pas seulement la notre, celle de notre corps mais la mort de toute expérience. À ce propos, Bouddha nous a enseigné l’impermanence. Tout phénomène qui apparaît à notre esprit a un commencement, une durée et une fin. Il en est ainsi pour nos biens matériels, nos relations, nos expériences, nos émotions et ainsi de suite. Ce processus est par nature irréversible et s’applique à tout sans exception. Ce qui veut dire que par exemple nous ne pouvons pas refaire la même expérience, ni revivre la même situation.

Nous pouvons tout au plus faire une expérience similaire ou vivre une nouvelle situation semblable à la précédente. Par exemple, en retournant en vacances exactement au même endroit en pensant revivre les mêmes sensations, le plus souvent nous serons déçus. Ceci parce qu’entre-temps nous avons changé d’état d’esprit et que les choses extérieures paraissent avoir également changé.

Persuadés qu’ils sont une source de bonheur, nous consacrons beaucoup d’énergie à posséder les biens les plus précieux, à nous entourer de personnes qui nous sont chères. Notre attachement à ces biens et à ces personnes, tôt ou tard nous causera une souffrance. Les conceptions et les apparences ordinaires entretenues sur notre esprit par le murissement de notre karma génèrent le début, la durée et la fin de chacune de nos expériences. En comprenant que tout est la création de notre esprit et que rien n’existe de manière intrinsèque, Nous serons moins tributaires de celles-ci.

Impermanence-01De la même manière nous sommes fortement attachés à notre corps. l’idée de nous en séparer est pour la plupart d’entre nous tout simplement impensable. C’est la raison pour laquelle, par ignorance, nous craignons tant la mort.
Impermanence-02Pourtant, même dans cette vie, nous avons vécu “d’innombrables morts” sans nous en rendre compte parce que leur issue était d’une certaine manière prévisible et donc connue. Les temps de notre enfance, de notre adolescence et de notre jeunesse sont bel et bien irrémédiablement morts. Ce ne sont plus que des souvenirs. Par contre, notre mort nous confrontent à une situation unique et imprévisible qui. génère notre peur et notre anxiété.

Si nous ne nous sentons pas encore capables de relativiser notre mort, nous pouvons nous familiariser à celle-ci en comprenant le moyen d’y parvenir dans les situations de notre vie de tous les jours.

  • Impermanence-3Nous sommes résignés et souvent en colère lorsque nous perdons quelque chose. Notre souffrance est en rapport avec le degré de notre attachement à cette chose.
  • Nous profitons de la compagnie d’un être cher et nous sommes malheureux de le voir partir.
  • Nous tombons malade et ce fait devons renoncer à participer à un événement de grande importance.

D’une manière générale, la fin de quelque chose qui nous tient à cœur nous fait souffrir quand bien même nous ne pouvons changer le cours des choses. c’est juste souffrir davantage. Tandis qu’en acceptant la fin inopinée d’une expérience nous souffrons moins et développons une grande sagesse. La sagesse d’accepter l’impermanence des objets et des phénomènes.

Actualiser nos croyances

Je sors gentiment de ma déprime après avoir passé la majeure partie des quatre mois derniers dans mon studio. Lundi, à la suite de ma méditation, je balaye 360 degrés des yeux mon logis. Je constate que mon état d’esprit change selon les objets qu’il perçoit. Ceci est normal, me direz-vous, mais dans ce cas il y avait une dimension de plus dans ma réflexion : l’envie de changement! l’envie de renouveau!

Avec le temps, nous nous attachons aux choses parce que nous croyons qu’elles ont une certaine importance. Nous adoptons dans notre quotidien une multitudes d’activités et de gestes que, par habitude, nous faisons  presque machinalement, comme un rituel, parce que cela nous paraît important.

Les croyances, comme par ailleurs beaucoup de produits, ont-elles aussi une durée limite de consommation. Celles-ci changent avec le temps, c’est dans l’ordre de l’impermanence des objets et des phénomènes. Les croyances n’ont quant à elles aucune existence inhérente, elles existent en relation dépendante de notre état d’esprit. Les croyances de notre enfance sont pour la plupart devenues obsolètes et nous les avons éliminées de notre esprit. Alors il arrive un moment où certaines de celles-ci nous gênent, nous perturbent. C’est le moment de revisiter la collection de ses croyances, mais comment?

Pour cela, il y a quatre critères importants nous permettant une mise à jour de nos croyances.

  1. Le poids des arguments. Faire une liste exhaustive des avantages et des désavantages de conserver une croyance.
  2. L’observer avec un esprit objectif. Sans attachement, avoir un esprit critique, comme un scientifique en effectuant avec sagesse une contemplation analytique de sa pertinence. Il vous est sûrement arrivé la situation où une personne ou un ami vous fait remarquer une erreur manifeste. Et ainsi pris sur le fait, vous rétorquez : “Ah bon ! Moi je croyais faire juste ! J’ai toujours fait ainsi”.
  3. Ce qui est vrai ou faux n’est pas l’essentiel, la seule chose qui compte est de croire ce qui est le plus bénéfique. Il y a des raisons valides personnelles pour décider de croire ce qui est bénéfique pour soi-même. Ce qui est bénéfique pour soi ne l’est peut-être pas pour son voisin. Mais heureusement, ce qui est en fait vrai est ce qui est le plus bénéfique à croire. Plutôt que de raisonner sur ce qui est vrai ou faux, n’ayez pas peur de le faire sur ce qui est bénéfique à croire. Les choses vraies sont généralement les choses les plus bénéfiques à croire.
  4. À condition d’avoir appliqué un ou plusieurs des trois points ci-dessus nous pouvons déduire la fiabilité de la croyance observée. La fiabilité intégrale qui découle des enseignements du dharma doit nous aider à faire les bons choix.

Tout comme dans nos communes, il y a périodiquement un ramassage des objets encombrants et que nous profitions de cette occasion pour nous débarrasser de tout ce qui est inutile, nous pouvons également périodiquement contempler la liste de nos croyances et de les mettre à jour.

Quand est-ce la dernière fois où vous avez fait l’inventaire de vos croyances et de leur actualisation?

Miroir sans tain

Avez-vous jamais fait l’expérience d’être devant un miroir sans tain? Pour ma part, je me suis souvenu d’un rêve vécu la nuit passée et pour le moins très étrange.

Tout le monde sait que lorsque nous voyons une bougie allumée devant nous, celle-ci provoque une image sensorielle dans une partie bien précise de notre cerveau mais il n’y a pas de bougie allumée dans notre tête !!! À son tour l’image de la bougie est perçue par notre esprit, seul capable de percevoir et de connaître les objets et les phénomènes.

Alors que j’observais attentivement le miroir en question, à ma grande stupeur, au lieu de voir une image de moi-même avec tous ses défauts que seul le miroir du dharma peut refléter, je ne voyais de l’autre côté du miroir que des objets et des personnages aux contours floutés, méconnaissables et difficilement interprétables. Ces mêmes personnages parlaient de manière totalement incompréhensible, de façon inintelligible. Qu’est-ce que tout ce charabia veut dire? Comment comprendre ce qui m’arrive, me suis-je dit?

Mais plongé l’obscurité de mon esprit dans les ténèbres de l’océan de mon samsara j’étais bien incapable de voir ne serait-ce qu’une image de mon propre esprit afin de pouvoir m’accrocher à quelque chose de tangible et me permettant de m’orienter dans ce naufrage cauchemardesque.

Alors que mes forces semblaient m’abandonner, seul envers et contre tous, comme un éclair immense, embrasant le ciel dans son entier. La voix de mon Guide Spirituel se fit entendre et m’invita à répéter après lui la requête suivante:

Tu es le Gourou, Tu es le Ydam
Tu es le Daka et le Protecteur du Dharma
À partir de maintenant, et jusqu’à ce que j’atteigne l’illumination, Je ne chercherai pas d’autre refuge que toi!
Dans cette vie, dans le bardo et jusqu’à la fin de mes vies,
Tiens-moi s’il te plaît avec la crochet de ta Compassion!
Délivre-moi des peurs du samsara et de la paix
Accorde-moi tous les accomplissements,
Sois constamment mon compagnon,
Et protège-moi de tous les obstacles.

Tirée de la Sadhana bénie de l’Offrande au Guide Spirituel du VGL] depuis je la répète sans discontinuer comme un mantra en espérant ma guérison spirituelle et de celle de tous les êtres sensibles dans la même situation que moi puissent en bénéficier.