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Réflexion sur la souffrance changeante

Cette souffrance mérite d’être contemplée pour en comprendre la signification profonde. La souffrance qui résulte de nos problèmes quotidiens provient essentiellement du fait que nous cherchons la satisfaction dans les plaisirs du samsara. Or, les plaisirs du samsara ne peuvent nous procurer que de l’insatisfaction. Bouddha nous enseigne que la nature même du samsara est souffrance. En ce sens, les plaisirs de ce monde se conforment aux règles de l’impermanence. Initialement peut-être ils nous gratifient d’un bonheur éphémère, En recherchant le bonheur dans des plaisirs aussi limités, il ne tardera pas à se transformer en souffrance.

Ce bonheur éphémère n’est autre que ce que Bouddha appelle la souffrance changeante. Le bonheur que nous ressentons habituellement lorsque nous bénéficions de conditions propices ne n’est pas un véritable bonheur mais une souffrance changeante, c’est-à-dire un soulagement temporaire de notre souffrance précédente. Nous pouvons mieux comprendre ce fonctionnement en considérant les objets d’addiction tels que l’alcool, la cigarette, la drogue, le sexe et ainsi de suite. L’expérience initiale de bonheur reste le plus souvent insatisfaisante et nous incite à recommencer tout en créant une assuétude perfide.

Notre expérience de souffrance changeante s’éternise aussi longtemps que nous ignorons qu’il existe autre chose. Cette accoutumance nous est néfaste car elle nous soustrait à l’idée qu’un vrai bonheur existe. souf-chang-01Nous devons pouvoir distinguer une véritable cause de bonheur d’une souffrance changeante. Cette distinction nous est donnée par Aryadéva dans le Traité en quatre cents versets qui dit, je cite : “Bien que nous puissions voir que l’augmentation de bonheur est détruite par sa cause, il ne peut jamais être observé que l’augmentation de la souffrance est détruite par sa cause”. Plus simplement, en augmentant la cause de notre bonheur de ce monde, celui-ci se transformera en souffrance. Mais jamais l’augmentation de la cause d’une souffrance ne transformera celle-ci en bonheur.

Il est correct d’avoir de l’insatisfaction avec ce que nous propose le samsara. Dans le monde extérieur nous ne trouverons jamais de quoi nous satisfaire en matière de bonheur durable. En réalisant que c’est notre esprit qui est le créateur de tout, si nous purifions notre esprit nous pouvons tirer plaisir de tout sans faire l’expérience d’une souf-chang-02souffrance changeante. Les objets extérieurs, de leur propre côté ne peuvent faire quoi que ce soit pour nous procurer du bonheur ou de la souffrance, puisqu’ils n’ont pas d’existence intrinsèque. Alors, nous établissons une relation différente avec les objets et pouvons prendre plaisir de l’état d’esprit résultant. Et du moment que notre esprit perturbé construit un objet contaminé, celui-ci est une vraie souffrance même si apparemment c’est un objet de plaisir.

Alors, quelles sont ces véritables causes de bonheur que nous avons tant de peine à trouver ? S’il ne nous reste pas d’autre alternative, il peut paraître normal de nous investir dans l’obtention d’objets samsariques. Par contre, s’il existe quelque chose qui est une vraie cause de bonheur, nous réalisons le gaspillage de notre temps à s’obstiner dans le samsara. Les vraies causes de bonheur ne sont pas à rechercher dans les choses extérieures mais intérieures dans notre esprit. Pour cela nous pouvons examiner nos perturbations mentales telles que la colère, la jalousie, l’attachement et ainsi de suite. Plus ces perturbations mentales se développent dans notre esprit et plus nous souffrons. Mais finalement, qu’est-ce qui peut nous apporter le vrai bonheur : l’amour, la compassion, la réalisation de notre précieuse vie humaine, etc.

Inspiré d’un enseignement tiré du livre “La Voie Joyeuse” reçu au Centre Atisha de Genève en 2005 ainsi que de mes notes personnelles.

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En finir avec la colère

Dans la plupart des situations, le mobile de la colère est l’échec de nos attentes. C’est parce que nos attentes ne sont pas satisfaites que la colère se développe dans notre esprit. Nous sommes souvent tellement obnubilés par la réalisation de nos attentes que la frustration engendrée par une telle situation parasite complètement notre esprit qui se laisse alors submerger par un état perturbé appelé colère. Et que ce soit pour nous- même ou pour les autres les effets de la colère sont tous sans exception négatifs et dommageables. Ainsi, chaque déception, chaque contrariété, chaque perte, chaque désappointement, chaque crève-cœur va engendrer une forme de colère dans notre esprit. Selon nos antécédents karmiques, nous serons plus ou moins familiers avec des états de colère.

Pour en finir avec nos colères, nous devons en premier lieu les identifier. La colère est par définition un état d’esprit perturbé qui appréhende un objet animé ou inanimé, le ressent comme déplaisant, exagère ses défauts et désire lui nuire. Nous allons nous focaliser essentiellement sur les aspects négatifs de la situation qui nous irrite jusqu’à ce que nous ayons construit une image mentale défavorable qui existe de manière intrinsèque en dehors de notre esprit. Bouddha nous enseigne comment venir à bout de cette maladie mentale appelée colère, une des plus grandes sources de souffrance dans notre vie. En l’espace d’un court instant, tous les aspects désagréables et négatifs d’un objet ou d’une situation s’amplifient fortement au détriment des apparences agréables et positives.

Parfois, il nous semble normal et légitime de nous mettre en colère. Suivant les circonstances, nous trouvons des bienfaits à la colère. Mais ce n’est qu’une apparence trompeuse, car la colère dans tous les cas détruit notre paix intérieure et apporte la souffrance dans notre vie. Donc, pour en finir avec la colère, il est nécessaire d’analyser son origine, sa nature pour développer le moyen d’y remédier. Quelle que soit l’objet de notre expérience future, naturellement nous projetons une stratégie pour parvenir à atteindre notre objectif et inévitablement nous entretenons le désir de réussir. Notre ignorance alliée à notre fort attachement au résultat va conditionner toutes nos attentes. Et comme souvent celles-ci ne sont pas comblées, notre esprit est l’objet d’une grande déception.

Plus nos attentes seront assujetties à un esprit égoïste qui n’accepte pas un résultat contraire, plus notre colère se développera et plus nous souffrirons. Pour ne pas se laisser emporter par ce processus destructeur, nous devons assouplir notre esprit et qui peut accepter que les choses ne se déroulent pas forcément toujours comme prévu. Rappelons-nous que nous ne pouvons changer les conditions extérieures à notre avantage afin qu’elles soient conformes à nos attentes. Par contre, nous pouvons changer notre état d’esprit envers ces mêmes conditions extérieures, en reconnaissant la présence de la colère qui s’amorce, ne pas s’identifier à elle et accepter une alternative possible qui sauvegardera notre paix intérieure.

Si, dans le feu de l’action il nous est difficile d’appliquer une solution instantanément aux conditions adverses, nous pouvons à posteriori analyser une expérience vécue dans le passé et contempler quelles auraient été les alternatives possibles qui nous auraient évité une grande colère. Avec la méditation et l’entraînement à contempler nos expériences de colère, nous allons progressivement identifier les mécanismes de celle-ci. Par l’exercice, nous assouplirons peu à peu notre esprit afin d’avoir une vision plus large de nos attentes. Et pour conclure de rappeler que la plupart de nos attentes ne se réaliseront jamais comme nous le souhaiterions ou peut-être même ne s’accompliront pas du tout.

Inspiré d’un Atelier sur le thème “La colère” donné par Tania Médina au Centre Atisha de Lausanne en 2012

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Régression et transformation, les balises de notre vie

Notre esprit, créateur de toute chose, est capable de créer de l’ordre, potentiellement des choses d’une complexité phénoménale. Mais il peut aussi engendrer le désordre inextricable ou même nuisible, sous l’effet des perturbations mentales. Dans le premier cas, nous sommes capables de mobiliser nos intentions vers des situations où nous ressentons joie, sérénité et satisfaction. Nous renforçons nos capacités créatrices et contribuons à rendre meilleur le monde autour de nous. Nous sommes capables de venir à bout de situations difficiles ou conflictuelles, comme nous sommes capables en cas de problèmes de nous ressaisir en adoptant une stratégie dite transformative. Cette stratégie consiste à convertir les conditions adverses en conditions bénéfiques pour notre vie de tous les jours et pour notre développement spirituel.

Dans le cas contraire, notre esprit ressemble à un torrent impétueux sous la dictature de nos perturbations mentales et principalement notre attachement, notre colère et notre ignorance. Dans ces conditions, nous pouvons aussi bien passer d’une idée à l’autre, nourrir des pensées sombres que de nous enliser dans des situations de stress et de régresser sur le plan spirituel. C’est alors que tout nous semble se dresser contre nous. Nous avons l’impression que notre entourage devient hostile, que les gens ne nous comprennent plus et de ce fait ne nous sont d’aucun secours. En d’autres termes, nous déprimons nous-même, et notre entourage progressivement nous abandonne. Nous consacrons un temps excessif à des activités sans rapport avec ce qui devrait être important pour nous. Nous adoptons une véritable stratégie de régression qui nous enfonce de plus en plus dans le samsara. C’est adopter la fameuse loi de E. A. Murphy qui dit : « Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera nécessairement mal ».

Bouddha nous enseigne que notre paix intérieure dépend essentiellement de notre capacité à développer nos aptitudes à convertir les éléments négatifs ou neutres de nos expériences en éléments positifs et bénéfiques. Pour illustrer ce propos, par exemple celui de perdre son travail, chose malheureusement assez fréquente. Suite à ce licenciement nous nous sentons déprimé, outragé par ce que nous considérons comme une injustice, nous prenons refuge dans les addictions de toute sorte et c’est le début de l’effondrement, d’une régression sur tous les plans. Au contraire, et c’est ce que j’ai fait à une certaine époque de ma vie, nous prenons ces événements pénibles comme l’occasion de prendre un nouveau départ dans la vie, avec de nouveaux projets, par exemple l’apprentissage d’une nouvelle langue, etc. nous développons une énergie de renouveau. Ce faisant, ce rebond sera perçu par ceux de notre entourage qui, au lieu de nous éviter, viendront nous proposer leur aide.

Comment est-ce possible ? Fréquemment processus de régression et processus de transformation s’associent si nous pensons à la loi de causalité du karma. Ainsi, au moment des faits, nous pouvons nous mettre en colère dont les effets collatéraux seront nombreux. À tort, nous faisons souffrir notre entourage, nous perdons confiance en nos réelles compétences. Puis, après quelques heures, quelques jours, ces états d’esprit destructeurs s’amenuisent et disparaissent tandis que le calme et la sérénité reprennent leur place de manière constructive. Ceci est possible du moment que nous comprenons que, quand bien même les apparences le contredisent, nous sommes le seul responsable de ce qui nous arrive car nous en avons créé les causes par le passé. Nous devons accepter que nous somme le géniteur de ce chaos momentané dans notre esprit et que nous seul pouvons y remédier.

Grâce à notre potentiel pur, notre graine de bouddha, nous avons une capacité de résilience inimaginable qu’il suffit d’utiliser avec sagesse. Tous autant que nous sommes avons connus des épisodes dans notre existence où tout va de travers. Mais face à l’adversité nous avons également surmonté bien des épreuves avec plus ou moins de succès. Les gens qui prétendent que pour eux tout est facile et sans problèmes ne sont pas sincères et manquent grandement d’humilité. La souffrance est endémique dans le samsara et le bonheur apparent qu’il nous propose est trompeur. Les pseudo-bonheurs que nous trouvons dans celui-ci ne sont que des souffrances changeantes, des diminutions temporaires de souffrance. En faisant grandir notre renoncement à cet univers fallacieux nous allons progressivement nous libérer de toutes souffrances de manière définitive en construisant notre nirvana.

Compilé à partir de notes personnelles et d’expériences vécues. Puissent ces quelques lignes inspirer celles et ceux qui sont momentanément dans la confusion de leur esprit.

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Nomophobie, cette nouvelle dépendance

Récemment dans les médias, parmi les nouveautés du Petit Robert j’ai découvert le terme nomophobie qui définit l’addiction au téléphone portable. Cette dépendance est en train de changer totalement le comportement de l’individu. Il suffit de voir le nombre d’utilisateurs de tous les milieux socio-culturels et de tout âge. Et bientôt, il sera ringard de ne pas en posséder un. Partant d’un principe positif et louable, ce qui devait être simplement un téléphone, le portable devient un accessoire qui prend de plus en plus de place dans la vie de chacun. Inconsciemment il s’infiltre dans toutes nos activités tel un envahisseur. Suite à un article concernant l’addiction au téléphone portable dans notre société contemporaine, j’ai porté ma réflexion sur ce phénomène actuel avec un regard différent. Comment interpréter ces expériences du point de vue d’un pratiquant bouddhiste ?

nomophobe-01 Je me déplace souvent avec les transports publics et à maintes reprises j’ai pu contempler des gens de tout âge, à peine assis, les mains jointes sur leur téléphone portable, les yeux focalisés sur l’écran se plongent dans un univers virtuel et restent complètement absorbés. Autre constat. Je suis époustouflé de voir le nombre de personnes qui tiennent leur portable dans la main de façon permanente, quelles sont les raisons d’un tel comportement ? Tout porte à croire que c’est pour ne pas perdre un seul instant de la vie qui se passe à travers l’écran de leur téléphone. Convaincus qu’il ne faut pas manquer un seul appel d’un être cher, toute leur attention est focalisée sur le moindre signe de communication. Persuadés de leur importance dans le réseau social auquel ils appartiennent, la supervision de celui-ci leur est primordiale pour savoir qui parle avec qui et de qui ils parlent et surtout quelles sont celles et ceux qui m’ont envoyé un message, une photo, un vidéo ou autre.

nomophobe-02L’autre jour, sur une terrasse d’un café, quatre jeunes arrivent et s’assoient à une table. Après avoir passé la commande de leur consommation, chacun, les yeux rivés sur son smartphone, s’adonne à de multiples manipulations avec grande dextérité.  Cette scène dura une bonne demi-heure sans qu’aucun n’adresse la parole à son voisin pourtant assis à la même table ! ils sont repartis sans échanger la moindre parole. Un moment de convivialité et de partage ? N’avaient-ils rien à se dire ? Ou encore une autre situation courante dans le domaine relationnel, celui du couple qui hors de leur maison, de leur foyer sont constamment en communication l’un avec l’autre et ce parfois au détriment de leur efficacité au travail. Une fois ensemble à la fin de la journée, ils n’ont plus rien à se dire ! Plus terrible encore, dans un spot de la prévention des accidents le BPA, a diffusé en 1915 un petit film choc sur ce que peut entraîner la nomophobie chez un jeune accro à la musique rap et au chat avec les copains. Voir la vidéo ici : Anastase : Le tour de magie.

Comment décoder les expériences décrites au regard des enseignements de Bouddha ? Avec ou sans téléphone portable, le monde qui nous apparaît ne reste qu’une illusion. Le smartphone ou le IPhone n’est qu’un artifice de plus du samsara qui nous fait miroiter un bonheur qui n’existe pas en dehors de notre esprit. Il renforce une attitude égocentrique et égoïste qui accentue notre attachement désirant envers cet objet. Bien sûr, le smartphone ou le IPhone nous rend atteignable dans toute circonstance. Mais sans sagesse il devient aussi un moyen de nous rendre très vulnérables aux personnes malveillantes et sans scrupules qui exploitent jusqu’à nos données privées. Paradoxalement, à travers les réseaux sociaux via Internet, il est possible de se faire un réseau d’amis dans le monde entier et que nous ne verrons probablement jamais.

Alors que dans notre entourage des gens se sentent délaissés et ont besoin de notre aide et de notre compassion. Développer notre bodhitchitta est véritablement possible qu’avec les gens qui nous entourent directement et non virtuellement. Lorsque nous sommes en peine, la main d’un ami qui se pose sur notre épaule n’a pas d’égal dans le monde virtuel.  La peur de ne pas exister, de ne pas avoir de nomophobe-03valeur renforce notre attachement désirant. Comme tout objet samsarique, il est dans la nature de la souffrance et ne nous procure aucun bonheur durable. La présence du téléphone portable dans notre vie est ambivalente. Autant il peut nous engluer davantage encore dans le samsara comme il peut dans certaines circonstances nous être bénéfique. À nous de développer la sagesse qui fait la part des choses en nous évitant de devenir tous des nomophobes.

 

Dans les dédales de notre karma

Dedales-03D’une manière générale karma veut dire action. Tout au long de nos innombrables vies nous avons commis toutes les sortes d’actions, certaines vertueuses et d’autres non vertueuses. Toutes ces actions ont été précédées d’une intention qui s’est manifestée dans notre esprit. Dans le livre “Comment comprendre l’esprit”, G.K. Gyatso nous précise que l’intention est, par définition un facteur mental dont la fonction est de centrer son esprit principal sur un objet. La fonction principale de l’intention est de créer le karma. Pour qu’une action soit possible, nous devons réunir un certain nombre de causes et de conditions sans quoi celle-ci ne sera que partiellement accomplie. Nous parlons alors d’action incomplète qui pourtant ne sera pas sans conséquence.

Une action, même incomplète, aura tout de même un effet sur notre esprit. Chaque action produit quatre types d’effets sur notre esprit, qui sont l’effet mûri, l’effet d’une tendance similaire à la cause, l’effet d’une expérience similaire à la cause et l’effet environnemental. Dans certains cas il n’y a pas d’effet mûri d’une action et nous Dedales-01parlons d’une action incomplète. Pour illustrer cela, prenons l’exemple d’un jeu vidéo dans lequel il s’agit de tuer le plus grand nombre d’ennemis au risque de se faire tuer soi-même. Puisqu’il s’agit d’un jeu, il n’y a pas de morts réels néanmoins le joueur met toute son intention dans l’acte de tuer. Du point de vue de l’esprit l’intention de tuer est manifeste. Beaucoup de personnes banalisent ce genre de jeux qu’ils croient “inoffensifs” puisque virtuels.

Par contre les trois autres effets sont produits à chaque action de tuer, même virtuellement. Ainsi, l’action de tuer crée des effets qui sont des tendances similaires à la cause de tuer, des expériences similaires à la cause de tuer ainsi que des effets environnementaux. À l’avenir, dans une vie future nous aurons des tendances à tuer des êtres sensibles, nous ferons l’expérience d’être tué et d’avoir notre vie subitement écourtée ou encore un effet environnemental qui est une qualité de l’esprit qui fait l’expérience de ces conditions. Il est dit dans le livre “la Voie joyeuse” du même auteur, qu’un grand nombre de nos difficultés et de nos souffrances semblent être provoquées par des conditions extérieures, mais en réalité ce sont les effets environnementaux de nos propres actions négatives.

Dedales-02Quelle soit complète ou incomplète une action passée a créé des effets potentiels sur le continuum de notre esprit qui, sitôt les causes et les conditions remplies mûriront sous l’aspect d’une expérience agréable ou le plus souvent désagréable dans notre vie actuelle. Lorsque celle-ci se manifeste nous avons deux attitudes possibles à adopter, soit de manière constructive soit de manière péjorative. Soit de manière constructive en acceptant l’expérience comme une opportunité de purifier notre karma, ce qui aura pour conséquence de détruire les potentialités restantes de l’expérience ; soit de manière péjorative comme par exemple par de la colère ou toute autre action négative et dont la conséquence sera de générer de nouvelles graines karmiques dommageables pour notre avenir.

En conclusion, toutes les apparences qui se manifestent à notre esprit sont des effets karmiques de nos actions passées. Avant de nous engager dans une action quelle qu’elle soit, nous devons penser aux effets karmiques que celle-ci va produire. Dès que nous réalisons que nous sommes sur le point de nous engager dans une action négative source de souffrance, naturellement nous basons notre intention sur d’éventuels effets collatéraux extérieurs et non de l’impact direct sur notre esprit. En regardant les conséquences karmiques de notre action, une appréciation sans complaisance nous dit : ” Ça ne vaut certainement pas la peine de m’engager dans cette action négative !”. Réalisant cette affirmation, nous prendrons la détermination de ne plus nous engager dans une telle action.

Compilé à partir d’un enseignement sur le livre “La Voie Joyeuse” ainsi que de notes personnelles d’un autre enseignement sur le livre “Comment comprendre l’Esprit” de G.K. Gyatso, reçus au Centre Atisha de Genève.

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Se défaire de l’attachement désirant

Dans le livre “Comment comprendre l’esprit” G.K. Gyatso nous donne la définition de l’attachement désirant, je cite : “l’attachement désirant est, par définition, un facteur mental perturbé qui observe son objet contaminé, le considère comme étant cause de bonheur, et le désire”. Notre attachement provient de notre préoccupation de soi, laquelle donne naissance à une sensation de besoin. Ce besoin nous mobilise à la recherche du bonheur que nous pensons trouver dans les objets à l’extérieur de notre esprit. Une focalisation inappropriée exagère ensuite le pouvoir de l’objet au point d’avoir la conviction que personne d’autre actuellement pourrait créer un objet plus parfait pour satisfaire notre désir. Cela peut être n’importe quoi, une personne, un objet matériel ou autre.

Defaire-Attache 01Lorsque cette sensation se développe, deux possibilités sont envisageables. Soit nous ne sommes pas en possession de notre objet d’attachement et à ce stade nous pensons que nous ne pouvons pas être heureux sans lui. Ne détenant pas notre objet d’attachement nous ne pouvons pas être heureux et nous souffrons, nous nous sentons misérables, nous ne sommes pas bien. Tout se passe comme si nous ressentions un vide, une absence et à cause de cela nous souffrons. L’autre possibilité est que nous disposons bien de cet objet d’attachement, mais malheureusement celui-ci n’accomplit pas ou plus toutes les attentes projetées. Dans ce cas de figure, notre besoin non plus n’est pas rempli comme nous le voudrions et il en résulte une insatisfaction.

Ce désir inassouvi engendre de la colère envers l’objet d’attachement puisque celui-ci nous déçoit. Et à la suite de cette déconvenue, nous projetons notre envie sur quelque chose d’autre qui va le remplacer, un nouvel objet d’attachement. Et nous recommençons le même processus. Nous pensons : “Cet objet ne peut satisfaire mon bonheur … mais cet autre objet, alors oui il peut certainement satisfaire mon besoin de bonheur”. Tant que nous alimentons cette focalisation inappropriée dans notre esprit, nous passerons d’un objet contaminé à un autre, car aucun objet n’est source de bonheur dans le samsara. Tel un enfant, ébloui par une multitude de jouets attirants, prend l’un pour le lâcher ensuite au profit d’un autre qui lui semble plus intéressant ou peut détruire celui qui ne le satisfait plus.

Defaire-Attache 02Il est intéressant de remarquer ce processus récurant car sa compréhension nous permet d’enrayer le fonctionnement de l’attachement désirant dans notre esprit. Et pour se défaire de cet attachement, nous devons contempler les conséquences de celui-ci dans notre esprit. La première constatation est immédiate : tant que nous ne possédons pas l’objet  pour lequel nous développons de l’attachement, nous souffrons d’une manière ou d’une autre. La deuxième constatation est que : bien qu’en possession de notre objet, celui-ci ne répons pas ou ne répond plus à nos attentes et à nouveau nous souffrons. La troisième conséquence est une conséquence karmique : l’attachement désirant crée les causes pour qu’à l’avenir nous serons séparé de notre objet d’attachement.

Defaire-Attache 03L’attachement désirant est assimilable à une tempête sur l’océan de notre esprit que le vent de notre focalisation inappropriée manifeste sitôt que les causes et les conditions karmiques sont réunies. Tentant compte de tout cela, d’une manière générale, pour couper le pouvoir trompeur de l’attachement désirant nous devons identifier la déception qu’il nous procure. À tort nous sommes convaincus que les objets de notre attachement désirant sont une cause de bonheur et ce n’est pas le cas. Quand nous possédons enfin notre objet de bonheur, rapidement celui-ci cesse de nous procurer ce bonheur et nous sommes toujours malheureux. Nous succombons à la logique de l’attachement et en lui donnant notre assentiment nous sommes piégés et souffrons de ses conséquences.

Sur la base de notes personnelles et des enseignements tirés des livres “La Voie Joyeuse” et  “Comment Comprendre l’Esprit” de G.K. Gyatso, aux Ed. Tharpa, entendus au Centre Atisha de Genève.

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Être satisfait de ce que l’on a

Cette attitude n’est pas forcément innée. Preuve en est que nous nous plaignons tout le temps de manquer de ceci, de vouloir cela ou de rêver à ce que nous pourrions bien obtenir encore. En conclusion, nous sommes plutôt malheureux à cause de tout ce que nous n’avons pas. Ainsi nous sommes sans cesse en quête du dernier objet tendance, de meilleures conditions de travail, de nouveaux amis et ainsi de suite. Ce processus se fonde sur le fait que nous recherchons à l’extérieur, dans le monde matériel ce qui pourrait enfin nous rendre heureux. Nous sommes persuadés que ce qu’il nous manque doit bien exister à quelque part dans le samsara. À peine nos achats de fin d’année terminés que déjà nous nous précipitons pour faire de nouveaux achats afin de profiter de cette période de soldes. Non content de notre dernière acquisition, nous sommes déjà à la recherche de quelque chose pour la remplacer.

Satisfait-Content-02D’où vient ce manque de satisfaction? Lorsque nous saisissons par exemple un objet convoité, nous le faisons parce que l’objet “répond” à nos attentes, parce qu’il va nous plaire. Mais en fait, cette “envie de plaire” où se trouve-t-elle? Est-ce que c’est l’objet qui est plaisant ou est-ce que c’est nous qui avons envie que l’objet nous plaise? C’est là que nous tombons dans le piège. Pourquoi? Parce que si l’objet est plaisant de manière intrinsèque, il devrait l’être tout le temps. Or, nous savons par expérience que ce n’est pas le cas. Un objet nous plaît un certain temps puis nous lasse et nous souhaitons en changer. L’objet n’a aucun pouvoir de nous plaire de son côté. En toute honnêteté nous devons nous poser la question : “Est-ce que cet objet plaisant me donne envie de le posséder, ou bien est-ce moi qui ai envie de cet objet plaisant?”. Cette simple question met en évidence une des six perturbations mentales racines appelée attachement désirant.

Dans le premier cas, nous pouvons ne pas donner suite “à l’appel” de l’objet plaisant. Et dans le second nous activons déjà l’intention de posséder l’objet. Cette intention est le produit de notre attachement désirant. Dans son livre “Comment comprendre l’esprit”, G.K. Gyatso nous donne la définition de l’attachement désirant, je cite “L’attachement désirant est, par définition, un facteur mental perturbé qui observe son objet contaminé, le considère comme étant cause de bonheur, et le désire”. C’est pour cette raison, qu’en accord avec cette définition nous sommes constamment sollicités par des objets de désir que nous ne possédons pas et qui de ce fait nous rendent malheureux. Notre souffrance provient de notre ignorance, persuadés que nous sommes en croyant que les objets extérieurs à notre esprit ont le pouvoir de nous faire succomber à la tentation.

Satisfait-Content-01Si nous contemplons nos désirs, nous constaterons qu’ils sont excessifs. Pour être satisfaits nous voulons posséder toutes les meilleures choses, que ce soit le travail, le partenaire, la voiture, le téléphone portable et ainsi de suite. Si nous ne possédons pas les meilleures choses dans quelque domaine que ce soit, nous éprouvons un sentiment de déception. Contrairement à l’idée reçue, nous ne sommes pas obligés de changer de téléphone portable chaque année pour profiter de l’offre exceptionnelle de notre fournisseur. Malgré les offres alléchantes des médias, nous ne sommes pas astreints d’acquérir toutes ces choses qui captivent nos désirs sans fin. Si l’obsolescence appliquée aux biens de consommation s’impose à notre insu, nul n’est besoin d’en accélérer l’échéance par de nouvelles acquisitions compulsives. Alors comment faire pour ne pas tomber dans cet engrenage qu’est le samsara?

Les enseignements du dharma nous donnent la solution pour ne pas suivre les perfidies du samsara. En contemplant ses défauts, nous serons rapidement persuadés que la nature du samsara est de nous maintenir dans la souffrance. Pour nous tirer d’affaire, nous devons remplacer notre attachement aux choses par un état d’esprit opposé, le renoncement. Ce qui ne veut pas dire que nous devons nous priver et abandonner ce que nous possédons. Nous devons empêcher l’attachement désirant de se manifester dans notre esprit. L’attractivité de l’objet quel qu’il soit n’est pas une caractéristique intrinsèque de celui-ci mais le résultat de notre ignorance. En comprenant ceci, notre sagesse naturellement nous dira : “Mieux être heureux avec ce que l’on a que d’être malheureux en nous focalisant sur ce que nous n’avons pas”.

Rédigé à partir de mes notes personnelles d’un enseignement du Programme Fondamental basé sur le livre “La Voie Joyeuse” de G.K. Gyatso reçu au Centre Atisha de Genève

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