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Comment surmonter nos peurs

Peur-01Nos peurs sont généralement un état d’esprit de préoccupation du soi confirmé par une ignorance. La préoccupation du soi parce que nous sommes tellement attachés à ce corps, récepteur de toutes nos émotions et par ignorance de saisie du soi parce que nous croyons vraiment que les objets et les phénomènes sont comme ils nous apparaissent.  Pour illustrer cela, prenons trois exemples :

  • Si derrière vous vous entendez les aboiements d’un chien, vous avez peur d’une éventuelle attaque d’un chien non identifié. Vous êtes saisi par la peur d’être mordu. Mais du moment que le chien est celui  de votre ami et qui vous salue à sa manière, la peur ne se manifeste pas.
  • Peur-02Vous marchez sur un chemin forestier à la tombée du jour. Il fait presque nuit et certains arbres prennent des allures fantasmagoriques et ressemblent à s’y méprendre à des animaux menaçants. Les apparences de ces animaux sont des apparences ordinaires tandis que leur conception ordinaire est fausse, car il ne s’agit en fait que de silhouettes produites par la forme de certains arbres. Dans ce cas, la peur résultante provient de votre fausse conception ordinaire, une erreur d’interprétation.
  • Vous assistez à un film fantastique, je pense au film « Les oiseaux de Hitchcock » : les scènes que vous voyez sur l’écran sont capables de susciter l’effroi en vous parce que, pris par les images projetées, par moment vous croyez vraiment « être dans le film ». Pourtant rien n’existe en dehors de votre esprit.

Le désir profond de chaque être vivant est de trouver le bonheur permanent et d’éviter la souffrance. Nous pouvons tous trouver un bonheur temporaire et une diminution de la souffrance et de cette manière nous créons ce que l’on appelle une « zone de confort ». Dans celle-ci tout est plus ou moins sous contrôle, tout est connu et évolue constamment. Il suffit qu’un événement inconnu vienne mettre en danger celle-ci pour qu’instantanément  la peur se manifeste. Une fois connu, cet événement viendra élargir notre zone de confort. Très souvent, la manifestation d’un phénomène inconnu soudain génère une forme de peur. Les peurs sont produites à partir d’états d’esprit résultants d’une perception et/ou d’une conception ordinaire inappropriée. Ci-dessus, le chien non-identifié , les animaux menaçants ou les scènes hallucinantes du film.

Quand nous nous donnons la peine d’examiner un peu plus en profondeur ces moments de notre vie tels qu’ils sont, nous découvrons que malgré toutes leurs différences apparentes nos peurs se ramènent  fondamentalement à trois types de peurs qui sont la peur de la séparation et de l’abandon, la peur de ne pas être à la hauteur et la peur de s’abandonner de faire confiance.

Peur-03Alors, concrètement, comment surmonter nos peurs? Lorsqu’une menace se manifeste, le fait d’avoir  peur est plus une entrave qu’un bienfaits. Le plus souvent, la peur interfère avec notre capacité de discernement et sur la meilleure manière de répondre à cette menace. Ne dit-on pas : « Être paralysé par la peur de … » Certes, nous ne sommes pas encore à même de se laisser agresser en pensant que notre agresseur n’est qu’une simple illusion dans notre esprit! La peur ne nous est d’aucun secours pour agir bien au contraire. Pour ne pas avoir peur, nous développons des stratégies pour l’éviter et nous gâchons une opportunité d’en tirer une leçon de vie. Mais en apprivoisant les peurs et les frayeurs inutiles au quotidien, en sachant que ce ne sont que des états d’esprit, nous pourrons progressivement les surmonter.

Avoir un esprit consciencieux

Cette semaine, à plusieurs reprises j’ai entendu dans les conversations autour de moi des personnes faire le constat : « Il me semble que cette année a passé terriblement vite! » ou bien encore : « j’ai l’impression de n’avoir pas vu passer le temps et nous voici déjà à la fin de l’année! » Pourquoi ce sentiment de s’être fait aspirer par  cette vie à grande vitesse? Pourquoi cette impression de n’avoir rien fait de concret? Autant de questions qui sont venues alimenter ma réflexion méditative.

Dans la frénésie de ce monde, nos activités ordinaires sont rythmées par un emploi du temps toujours plus chargé. Le résultat en est que beaucoup de stress et frustration détruisent peu à peu notre paix intérieure, seule vraie source de bonheur. Avec notre esprit perturbé, nous sommes focalisés sur ce qui semble être la réalité  et nous donnons notre assentiment à son action en constante accélération.

Par notre ignorance de saisie du soi et par notre attachement nous nous laissons distraire par ces apparences trompeuses et nos vivons par anticipation dans le souci de quoi sera fait le moment à venir. Ainsi, par distraction et à cause de nos perturbations mentales, nous « oublions » de vivre pleinement le présent en conscience et avec sagesse. Étant donné que seul l’instant présent nous est accessible, de se projeter soit dans le passé soit dans le futur nous empêche de vivre pleinement.

Avoir un esprit consciencieux est notre capacité de nous focaliser sur nos perturbations mentales afin de nous empêcher de les suivre dans des activités futiles du corps, de la parole et de l’esprit. L’esprit consciencieux évalue le bien-fondé de notre intention et de notre motivation à passer à l’action. Sans celui-ci, nous entretenons une attitude irresponsable et négligente. Ceci nous conduit à une tendance à céder aux envies du moment, aux activités perturbées et à la création de karma négatif.

Comme nous sommes très familiers avec nos perturbations mentales, pour diminuer cette familiarité nous avons besoin d’un esprit consciencieux. À travers nos trois portes sensorielles du corps, de la parole et de l’esprit, nous expérimentons notre monde ordinaire. Il est donc très important que cet esprit consciencieux agisse sur celles-ci si nous voulons maintenir une pratique pure de la discipline morale. La discipline morale  est la détermination vertueuse d’abandonner toute faute, à l’origine d’une action corporelle ou verbale. Motivée par une telle détermination, elle nous aide à pacifier nos distractions qui sont l’obstacle principal à la libération du samsara.

Pratiquer l’esprit consciencieux veut dire avant tout cultiver la vigilance , l’esprit d’alerte, le sentiment de honte d’engendrer des actions non-vertueuses et avoir de la considération pour les autres dans le respect. Ainsi nos actions du corps, de la parole et de l’esprit deviennent pures dans notre pratique spirituelle.

En pensant que nous allons continuer à vivre dans ce monde pour toujours nous nous trompons grossièrement. Nous sommes simplement des voyageurs qui traversent ce monde et comme tels nous devons penser à bien nous équiper pour notre voyage. En pratiquant régulièrement notre entraînement de l’esprit par la méditation, jour après jour, nous avons la possibilité d’acquérir un esprit consciencieux capable de nous protéger.

 

Réflexion sur la mort (1ère partie)

Voici quelques jours que je contemple et étudie les divers aspects de « Notre mort ». Ma réflexion aboutit à une constatation : Nous craignons la mort et préférons l’ignorer parce que nous sommes plein de préjugés à son égard. Par conséquent, je voudrais partager simplement avec vous un nouveau point de vue. Je vous invite donc à laisser de côté momentanément vos croyances à son sujet pour contempler ce qui va suivre.

Lorsque nous rencontrons une personne pour la première fois, nous ne savons rien d’elle. Alors, sur la base des projections subjectives de notre esprit, nous décryptons celle-ci afin de savoir si en ce moment précis elle nous est agréable, désagréable ou indifférente. Nous faisons ceci de façon succincte et le plus souvent arbitraire. Parfois, nous faisons complétement abstraction de cette démarche en nous contentant de valider ce que d’autres personnes nous disent à son sujet.

Avec le temps, nous apprenons peut-être à mieux connaître l’autre, quitte à revoir notre première impression superficielle. Ceci parce que l’autre gagne sûrement à être mieux connu. Ainsi, nous fonctionnons habituellement. Nous faisons de même avec notre compréhension de la mort. Donc, si nous attendons nos derniers instants de vie pour faire sa connaissance, nous allons probablement être terriblement surpris. Mieux vaut donc se familiariser avec elle dès à présent.

La loi du karma nous explique comment les actions et leurs effets se succèdent. Et lorsque le karma relatif à notre vie actuelle arrive à terme, personne ne peut empêcher notre mort. Puisque nous ne connaissons pas le karma qui entretient cette vie, nous n’en connaissons pas la durée non plus. Si nous sommes conscients que la mort est inévitable, nous allons cesser de gaspiller notre précieuse vie humaine dont nous profitons en ce moment.

Dès le moment de notre conception, nous nous dirigeons inexorablement vers la mort. Bouddha dit dans le Soutra des plaisirs abondants : « La naissance et la mort des êtres sont comme l’entrée et la sortie des acteurs sur scène dans une représentation théâtrale ». Les artistes changent fréquemment de rôle et de personnage, faisant leur entrée sous différents déguisements. De la même manière, nous prenons continuellement des formes différentes et entrons dans de nouvelles vies.

Réflexion élaborée sur la base d’un enseignement « La mort, en faire notre meilleure amie » avec Tania Medina le mois passé et les textes sur la mort dans « La Voie Joyeuse » (Ed. Tharpa)

La découverte, tel un enfant.

Samedi dernier, j’ai répondu à l’invitation d’une amie qui publiait son premier livre pour enfants intitulé « Marie et la Sorcière de la Sarine ». Ainsi, par ma visite, je suis allé sans attente, l’esprit curieux rendre honneur à sa création. J’ai trouvé mon amie Nathalie déjà entourée de plusieurs personnes. D’autres feuilletaient le livre ou admiraient les magnifiques illustrations originales présentées sous forme de tableaux.

En entrant dans la salle d’exposition, j’ai ressenti dans mon cœur une présence, celle d’un enfant, cette partie de notre esprit, curieuse, espiègle, capable de s’émerveiller de toute chose. Donnant mon assentiment à cet état d’esprit enfantin, avec bonheur j’ai feuilleté le livre, lu ses textes, contemplé ses images et admiré les superbes tableaux accrochés aux murs de la salle.

Imprégné de cette atmosphère, je laissai la magie du conte s’installer dans mon esprit dans mon cœur avec beaucoup de douceur. j’étais  redevenu pour quelques instants cet enfant aux yeux brillants comme des lucioles. Je réalisai combien agréable était cette sensation, comme dans un rêve merveilleux. Ce fût une délicieuse rencontre, entouré de gens que j’aime beaucoup.

Une fois rentré chez moi, tandis que le souvenir de ces moments étaient encore présents, spontanément j’ai commencé à méditer. Nous avons tous connu de tels moments dans notre enfance. Pourtant, une fois adulte, nous laissons de moins en moins d’espace et de temps de parole à cet enfant intérieur. Lui qui possède cette spontanéité, cette candeur, cette curiosité ne connaît pas le jugement, le stress, la compétitivité, etc. Absorbés par notre vie trépidante et contraignante, nous oublions que nous avons été un enfant capable de s’émerveiller de tout et de rien. Nous sommes devenus des marionnettes soumises au profit et la consommation. Nous laissons toute la place à nos préoccupations mondaines et peu à notre potentiel pur, celui d’un enfant.

Le temps d’une visite a suffit pour me rassurer, il n’est jamais trop tard pour retrouver l’état d’esprit d’un enfant et de voir le monde différemment. Et vous quelle place accordez-vous à l’enfant que vous êtes au plus profond de votre esprit?

Vous trouverez plus d’informations sur le livre et sa création sur le site : http://plumes.homepage.bluewin.ch

Une signification de prendre refuge

Prendre refuge dans des objets ordinaires, tel que le chocolat ou les intoxicants ou tel que le mental ne sont d’aucune utilité lorsque vous êtes en difficulté. j’en ai fait l’expérience à un moment particulièrement critique durant mon burn-out.

Alors que je peinais à donner une consistance à mon quotidien,  je dormais plus que de raison au point de dérégler mon horloge biologique interne et de perdre toute mon énergie. Je ne me suis pas rendu compte qu’en fait je donnais mon assentiment à mon mental, à mon auto-préoccupation. Celle-ci, sollicitée par les conditions extérieures, me dictait que la meilleure chose à faire était de me réfugier dans le sommeil au fond de mon lit des heures durant. Et plus je dormais, plus je donnais mon accord à mon auto-préoccupation, lui laissant prendre le pouvoir sur moi. Le cercle vicieux était amorcé et je m’enfonçais au plus profond de ma déprime!

Heureusement qu’un mécanisme de survie s’enclencha un lundi matin. Pour illustrer cela, imaginez que vous expirez et retenez votre respiration. C’est possible durant quelques dizaines de secondes, mais à un certain moment vous êtes inconditionnellement obligé d’inspirer à nouveau. Du point de vue de l’esprit cela se manifeste par le retour à la conscience pour prendre refuge dans votre potentiel pur, votre esprit omniscient qui sait ce qui est bon pour vous mais que vous n’avez pas voulu entendre précédemment. Écoutant cette sagesse interne, j’ai cessé immédiatement ce comportement trompeur pour adopter un nouveau contenu de mes journées, qui se résume simplement par une réponse sortie « par hasard » de la bouche d’une personne de mon entourage : « Dormir moins … et bouger davantage! » Cela a été un tournant décisif dans mon processus de guérison. Depuis, lorsque je prends refuge dans ma pratique quotidienne, sa signification a pris plus de valeur. Je la ressens plus profondément et mes journées sont organisées autour de plein d’activités intéressantes et bénéfiques pour ma santé physique et spirituelle.

Soyez vigilants, n’écoutez pas ce que vous suggère votre mental, votre auto-préoccupation mais la voix de votre sagesse intérieure omnisciente.

Le monde qui apparaît à chaque esprit est unique

Dans le bouddhisme, le point essentiel n’est pas de savoir si les choses existent ou non, mais de savoir de quelle manière elles existent. Si les choses n’existent pas de manière inhérente, si les choses n’existent pas de leur propre côté, alors comment existent-elles? Bouddha dit seul l’esprit est le créateur de toute chose. Les objets et les phénomènes à l’extérieur n’existent pas. L’esprit apparaît en tant que ces différentes choses et phénomènes, tels que les corps, les endroits, les plaisirs, etc. ceci en tant que l’esprit lui-même.

Ceci est la raison pour laquelle le monde qui apparaît à chaque personne est unique et différent pour chacune d’entre-elles. Même si les gens utilisent les mêmes mots pour désigner leur monde, le monde qui apparaît véritablement à leur esprit et le monde auquel leurs propres mots se rapportent n’ont pas le même sens pour chacun. Ceci peut être facilement vérifié en prenant un objet de ce monde et d’observer comment cet objet apparaît différemment à l’esprit de différentes personnes. Par exemple trois personnes aimant le café à qui vous demandez de dessiner rapidement au crayon noir une tasse de bon café fumant pourraient très bien donner le résultat ci-dessous

La tasse de café fumant peut apparaître à l’esprit de tellement de façons différentes. Seul le nom « tasse de café fumant » est le même pour tous. Pensez bien à cela. C’est la même chose pour tous les autres objets et tous les phénomènes. Parce qu’en fait tous les objets et tous les phénomènes sont créés par l’esprit qui les appréhende.

Bouddha explique cela de trois perspectives différentes.

  • Du point de vue du karma. Karma se rapporte en particulier à une action mentale. Plus précisément une intention mentale qui est à la base de toute action que nous effectuons. Il résulte de ces actions plaisantes, déplaisantes ou neutres que nous faisons, la sensation de faire l’expérience du karma. Ainsi, le karma créée l’expérience que l’on fait à chaque moment de conscience. Les potentialités karmiques laissées sur notre esprit mûrissent et donnent naissance à toutes les apparences de notre monde.
  • Bouddha dit que tous les phénomènes sont de simples noms ou désignations, imputés conceptuellement de façon spécifique par l’esprit. Tout objet peut être connu par l’esprit qui le perçoit. Il les distingue par leurs différentes caractéristiques spécifiques. L’esprit est capable de faire cette discrimination en appréhendant l’objet selon les caractéristiques distinctes perçues par lui. Ce qu’est un objet dépend entièrement de la manière dont il est identifié par l’esprit qui l’appréhende. Par ce facteur mental discrimination, l’esprit n’est pas un observateur passif, mais il impute des caractéristiques sur l’objet lui-même, la base d’imputation, principalement par le processus de désignation ou nomination. Tous les objets et tous les phénomènes sont de simples imputations de l’esprit.
  • Bouddha dit que tous les objets et tous les phénomènes sont dans la nature de l’esprit lui-même. Les objets extérieurs et les phénomènes extérieurs n’existent pas. C’est l’esprit lui-même qui apparaît en tant objet ou phénomène, tels que des corps, des endroits, des sensations plaisantes ou déplaisantes.

Quels sont les choses et les phénomènes que nous voyons dans le monde? De ce point de vue ils sont l’esprit lui-même qui apparaissent à lui-même. De ces trois points de vue, nous pouvons voir clairement que le n’est pas déjà là! Lorsque nous arrivons. Le monde est une création continuelle, moment après moment. Le monde dans lequel nous vivons est une création de notre esprit, grâce à la combinaison de notre karma qui mûrit et de nos pensées conceptuelles. Le monde apparaît différemment à différents esprits parce que ces apparences sont créées par l’esprit et ne proviennent pas de l’extérieur de l’esprit. Elles sont des projections de l’esprit.

 [De diverses notes prises lors de l’enseignement public donné par le Vénérable Gen Tarchin, à Genève en juin 2007]

Qu’est-ce que le bonheur?

Tous les êtres vivants fondamentalement partagent le même souhait : être heureux tout le temps. Le problème est nous ne savons pas comment accomplir ce souhait.

Généralement, nous pensons que le bonheur provient juste de la façon de créer et d’arranger de bonnes circonstances extérieures. C’est-à-dire, par exemple, de nous entourer avec ce que nous voulons et qui nous rend la vie agréable et d’éliminer ou de nous séparer de ce que nous ne voulons pas et qui est désagréable. Par exemple, si pour une quelconque raison vous êtes fortement contrarié et de mauvaise humeur, tout ce que vous rencontrerez durant votre journée vous semblera aller de travers, être un obstacle, les collègues désagréables, et tout cela va confirmer de bonnes raisons d’être de mauvaise humeur. Si au contraire, vous vous réveillez avec un sentiment joyeux, le cœur léger, vous allez entreprendre la journée avec cette bonne humeur et tout semblera aller sans problèmes et sans difficultés. Pourquoi avec le même environnement les perceptions sont si différentes?

Parce que les problèmes que nous rencontrons alors viennent du fait que ces choses extérieures semblent hors du contrôle de notre esprit perturbé, et par conséquent, si nous rendons notre bonheur dépendant de telles choses, nous serons toujours à leur merci.

Le bonheur et le malheur sont des états d’esprit. Si nous vérifions attentivement, la cause de ce bonheur ou de ce malheur, il doit venir de notre esprit. Les choses extérieures n’existent qu’en relation dépendantes de notre état d’esprit notamment, elles n’ont pas d’existence inhérente.

Parce qu’en fait, nous pouvons avoir des conditions extérieures formidables mais être triste et misérable. De même nous pouvons avoir des conditions extérieures exécrables mais être tout de même heureux.

Notre objectif est par conséquent de comprendre comment créer et cultiver les causes intérieures du bonheur. Pour comprendre la cause du bonheur, nous devons en premier lieu connaître la cause de notre tristesse et de notre malheur.

La principale cause de notre malheur est la présence d’innombrables perturbations mentales dans notre esprit. En d’autres termes, ce sont des manières déformées et trompeuses de voir les choses, comme par exemple la colère, l’attachement, la jalousie, etc. Ce sont ces perturbations mentales qui rendent notre esprit incontrôlé et malheureux.

Les perturbations mentales ne sont pas une partie intrinsèque de notre esprit. Elles sont juste des mauvaises habitudes prises par notre esprit que nous pouvons casser. Ou encore, elles sont une sorte de maladie, tel un cancer de notre esprit et qui peut être guéri.

Ainsi, les états d’esprit bénéfiques et vertueux fonctionnent comme antidote ou opposant à nos perturbations mentales. Ces états d’esprit vertueux incluent l’amour, la compassion, la patience, l’appréciation de notre précieuse vie humaine, etc. Ils ont pour fonction de prendre le contrôle de notre esprit et de le rendre heureux. Ils sont capables de dissiper la tempête de nos perturbations mentales et de nous révéler le ciel clair de notre potentiel pur.

Si notre esprit est libre de perturbations mentales, alors il nous révèle notre pureté naturelle originelle et nous serons tout le temps heureux et sans soucis, indépendamment des circonstances extérieures. Nous devons assumer la responsabilité de notre propre bonheur.

Donc le principal but de notre chemin spirituel est d’abandonner toutes les causes internes de tristesse et de ne cultiver et créer que des causes internes de bonheur. De cette manière, nous pouvons progressivement apprendre à être heureux tout le temps et pouvoir ainsi aider les autres à faire de même.

J’ai lu … le 27 mars 2012

Le samsara

On peut comprendre le samsara comme étant une suite de renaissances ininterrompues sans liberté ni contrôle. Le samsara comporte six règnes . Énumérés dans l’ordre ascendant, selon le type de karma qui en est la cause pur y renaître, ce sont les règnes des êtres de l’enfer, des esprits affamés, des animaux, des humains, des demi-dieux et des dieux. Les trois premiers sont les règnes inférieurs, ou migrations malheureuses et les trois derniers sont les règnes supérieurs ou migrations heureuses. Bien que, du point de vue du karma qui nous y fait renaître, le règne des dieux soit le règne le plus élevé du samsara, le règne humain est considéré comme le plus fortuné, parce qu’il nous offre les meilleures conditions pour atteindre la libération et l’illumination.[Essence de Vajrayana de Guéshé Kelsang Gyatso, Glossaire  p. 580]

 Comme l’esprit est le créateur de tout ce que nous percevons et expérimentons, le samsara et ses règnes est également une création de l’esprit !!! Du fait, il n’y a aucun endroit à l’extérieur de notre esprit que nous puissions identifier comme étant l’un ou l’autre de ces règnes. Même à l’aide Google Maps, nous ne saurions localiser le règne des esprits affamés ou des êtres de l’enfer. Comment faut-il comprendre cela?

Notre esprit est sans limites et tout ce à quoi nous pensons est à l’intérieur de celui-ci sous forme de perceptions. Que nous pensions à la planète Jupiter , au système solaire dans son entier ou au cœur de notre Terre, ce ne sont que des images conceptuelles à l’intérieur de notre esprit.

De la même façon, le mot « ciel » nous fait immédiatement penser à un endroit ou quelque chose qui se situe là-haut, au-dessus de notre tête. Pourtant si deux être humains placés aux antipodes l’un de l’autre, pensant au même instant au mot « ciel » ont une perception ordinaire dirigée au dessus de leur tête diamétralement opposée. Alors, si le « ciel » devait être localisé à un endroit précis, lequel des deux personnages a raison?

Ainsi, le samsara et ses règnes se trouvent également dans notre esprit. Et selon le karma de chaque être sensible, le monde qui lui apparaît peut aussi bien être le règne des êtres de l’enfer que celui du règne des humains par exemple. Qui n’a pas entendu l’affirmation suivante  : « Cette semaine, au bureau c’était l’enfer !!! » ou bien encore : J’ai fait un rêve merveilleux, je me suis cru au paradis !!! ». Ces environnements sont le résultat karmique de leurs états esprits. L’être humain atteint de pensées paranoïaques a des états d’esprits perturbés par des croyances de persécution se sentant menacé par le monde qui l’entoure. Lui aussi a une sensation infernale de son univers. Un être éveillé quant à lui possède un esprit entièrement pur et ne saurait voir le monde impur qu’est le samsara. Il vit constamment dans l’illumination.

Citation de Guéshéla : « Lorsque l’esprit est pur, tout est pur. »

Perceptions (1ère partie)

Chaque fois que nous rencontrons une autre personne, nous pouvons entrer en résonance avec celle-ci. Nos esprits entrent en résonance de la même manière que les cordes d’une guitare non utilisée se mettent à vibrer à l’unisson d’une autre guitare dont on pince les cordes, pour autant que celles-ci soient parfaitement accordées.

L’influence qu’exerce tout esprit sur les autres et que les autres esprits exercent sur le nôtre est une réalité. Le monde que nous percevons est le monde auquel nous prêtons attention. De chaque personne perçue nous faisons une image dans notre esprit dont nous sommes le réalisateur.  Selon les potentialités karmiques mûrissantes à un moment donné sur notre esprit, nous mettons l’accent sur un aspect particulier du monde que nous créons, et c’est de cette manière qu’il nous apparaît. Donc, notre réalisation est subjective.

Parmi les myriades d’informations que notre esprit reçoit, à chaque instant, seules les informations correspondantes à notre état karmique actuel sont perçues et traitées par lui. Les autres, de notre point de vue, n’existent pas ou sont insignifiantes. Tout se passe comme si ces informations traversaient une sorte de filtre caractérisé par notre état d’esprit.

De manière très simple, nous pouvons comprendre cette influence par des exemples de nombreuses situations de notre vie de tous les jours. N’avez-vous jamais remarqué que certaines personnes en attirent d’autres même sans faire quoi que ce soit, de par leur simple présence. Pourquoi, lorsque une telle personne est parmi nous l’ambiance devient sereine et joyeuse ou bien le contraire?

Ainsi, lorsque qu’une personne sous l’emprise de la colère entre dans une pièce, vous la ressentez immédiatement et, à moins d’être parfaitement centré, sa colère peut commencer à vous influencer. Et, au contraire si une personne du groupe auquel vous appartenez déborde d’optimisme et d’entrain, elle est capable de vous motiver pour faire les choses encore mieux.

Tout comme il est difficile de rester dans l’empathie en accueillant le récit d’une personne dans une profonde détresse émotionnelle, nous devons être vigilants de ne pas nous laisser influencer par des propos trop exaltés. Une attitude compatissante empreinte de sagesse nous protègera de tout débordement et de toute maladresse.

(La 2ème partie sera publiée prochainement)