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Notions d’imputation et de base d’imputation

En nous souvenant que la fonction de notre esprit est de percevoir et de connaître les objets et les phénomènes, lorsque nous percevons quelque chose, que ce soit un objet ou un phénomène, nous focalisons notre attention sur celui-ci. Cette création de notre esprit est une base d’imputation qui reçoit un nom, une désignation et dans ce contexte une imputation. Une imputation est donc un nom, une étiquette que nous apposons conventionnellement à un objet ou à un phénomène. Ce processus est activé continuellement dans notre esprit. En effet, nous remarquons qu’il suffit par exemple que nous dirigeons notre regard vers un objet pour qu’instantanément le nom Pomme-01de l’objet nous vienne à l’esprit. Faut-il encore que nous apposions la bonne étiquette à ce qui nous apparaît. Parfois il nous est difficile de trouver immédiatement celle-ci parce que peut-être l’objet de notre investigation ne nous est pas connu ou que nous l’avons oublié. Il faut que le nom que nous imputons à une chose corresponde à une base d’imputation valide. L’objet n’est pas une réalité absolue, mais existe en relation dépendante de causes et conditions, de ses parties et de notre esprit qui l’observe. Et sur la base de cela, nous nommons l’objet ou le phénomène en question.

L’objet n’existe pas de son propre côté, nous disons qu’il n’a pas d’existence intrinsèque. Nous ne sommes pas un simple spectateur qui observons « quelque chose » à l’extérieur de notre esprit, nous sommes le metteur en scène, le créateur de tout ce que nous percevons. Notre esprit projette sur un écran virtuel les éléments de sa création. Ce qui nous apparaît ne correspond pas à la manière dont les objets et les phénomènes existent vraiment, c’est-à-dire vides d’existence intrinsèque. Puisque ces images, ces phénomènes sont le résultat, le produit de notre réalisation d’où viennent-ils? Ils proviennent du mûrissement de graines karmiques. Comme l’activité de notre esprit est étroitement liée à notre continuum mental, dès les premiers jours de notre vie, celui-ci met en scène notre vie sur la base d’un script qui est en fait le développement de notre karma mûrissant. Sitôt que nos portes sensorielles sont opérationnelles, nous percevons et nous ressentons des objets et des phénomènes que nous découvrons pour la première fois que nous ne connaissons Imputation-01pas. Notre assortiment d’étiquettes et de désignations est à ce moment-là quasiment inexistant. C’est alors que grâce à la bonté de nos parents d’abord, puis de nos enseignants ensuite, nous apprenons à nommer les objets et les phénomènes que nous expérimentons.

Cette cognition valide se développe par l’apprentissage tout au long de notre vie. En d’autres termes, nous apprenons à imputer un nom sur une base d’imputation valide. Ainsi, aussi longtemps que nous ne savons pas que « Cette chose que je tiens dans ma main est un biscuit », nous pouvons le percevoir mais pas le connaître. Actuellement encore, nous pouvons être en présence de quelque chose que nous ne pouvons pas nommer, parce que pour le moment inconnu pour nous. Imputation-02D’autre part, les bases d’imputation quelles qu’elles soient, c’est-à-dire tout ce que nous percevons dépendent essentiellement de nos états d’esprit. C’est pour cette raison par exemple, que devant un verre à demi rempli, les uns diront « Ce verre est à moitié plein » et d’autres diront « Ce verre est à moitié vide » alors qu’il s’agit de la même base d’imputation. Le karma qui mûrit à un moment précis sur notre esprit détermine la manière de percevoir les objets et les phénomènes qui font partie de notre vie. Ceci fait que nous ne percevons pas les mêmes choses de la même manière à des moments différents. Ainsi, un jour nous trouverons « L’ambiance du bureau lourde et détestable » et le lendemain « Cool et agréable », pourtant il s’agit du même bureau et des mêmes collègues. Nous devons savoir que les objets et les phénomènes sont impermanents, ce qui ne veut pas dire qu’ils changent constamment mais bien que notre esprit change tout le temps.

Imputation-04 L’obstacle majeur qui nous empêche de réaliser ce processus imputation-base d’imputation est notre ignorance de saisie du soi. Depuis des temps sans commencement nous sommes persuadés que les objets et les phénomènes qui nous apparaissent existent vraiment de manière intrinsèque. Si tant est qu’ils sont de simples apparences, nous continuons à les voir comme des objets et des phénomènes qui ont des caractéristiques propres indépendantes de notre esprit. Aussi longtemps que nous les percevons de cette manière, nous rencontrerons des difficultés dans notre compréhension de la vacuité. Alors, même si à chaque fois que nous percevons un objet ou un phénomène subsiste dans notre esprit une pensée : « … vide d’existence intrinsèque, oui mais quand même … » nous pensons à ce processus mentionné et nous créerons les causes pour que plus tard nous le réaliserons.

Méditation : La nature conventionnelle de l’esprit

Préalable : Cette méditation dure une vingtaine de minutes. Assurez-vous de ne pas être dérangé par le téléphone, par les membres de votre entourage et animaux domestiques. Choisissez un endroit tranquille, loin de bruits habituels susceptibles de vous distraire. Étant donné la durée de cette méditation, une fois celle-ci terminée, accordez-vous un moment de transition avant de reprendre toute activité.

Installez-vous confortablement avec le dos bien droit en ayant au préalable vérifié de ne pas être dérangé pendant la durée de cette méditation.
Clarté-Esprit-01Portez simplement toute votre attention sur votre respiration naturelle en percevant l’air qui effleure vos narines en inspirant et en expirant.
Laissez votre respiration naturelle vous accompagner pendant quelques instants tout en laissant momentanément toutes vos préoccupations de côté.
Sentez progressivement un état de calme s’installer en vous et faites ceci pendant quelque instants encore.
[pause 2 minutes]

Clarté-Esprit-04Puis contemplons maintenant ce que nous allons entendre.
Nous avons tous un esprit, mais savons-nous vraiment ce qu’il est?
Si quelqu’un nous demande la vraie nature de celui-ci, comment il fonctionne, nous sommes incapables de donner une réponse précise.
Parce que nous n’en avons pas une compréhension claire, habituellement nous pensons que l’esprit est notre cerveau.
Mais le cerveau est un organe physique matériel, une partie de notre corps.
Or l’esprit n’est pas une partie de celui-ci, il est un continuum complètement dépourvu de matière et de forme qui ne peut se voir au sens de notre vision.
Il est principalement situé dans la région du chakra du cœur.
Contrairement à la flamme d’une bougie, qui elle est produite par la cire de celle-ci, l’esprit lui n’est pas produit par le corps.
Et quand le corps meurt, l’esprit persiste et va vers la prochaine existence.
La nature de notre esprit lui-même est clarté, une lumière aussi vaste que l’univers dans laquelle tout, absolument tout se passe.
Sa fonction est de tout connaître. Ainsi, il a le pouvoir également de connaître toute chose, où que ce soit et simultanément partout.
Seul l’esprit a le pouvoir de connaître et de comprendre les objets.
Lorsque nous disons que nous comprenons quelque chose, c’est seulement parce que notre esprit comprend cette chose.
Toutes nos pensées, nos paroles et nos actions physiques dépendent entièrement de notre esprit.
Notre esprit est le créateur de toute chose.
Tout ce que nous pensons, que nous voyons, entendons, sentons, goûtons ou touchons à travers nos perceptions sensorielles est créé par l’esprit.
Comprendre que tout est créé par l’esprit nous aide à comprendre son pouvoir.
Chaque être vivant est sous le contrôle de son esprit.
L’esprit lui-même est un champ clair et universel de connaissances qui a le pouvoir de tout créer.
[pause 2 minutes]
Tout en restant dans la claire lumière de notre esprit, essayons maintenant de gagner une expérience personnelle, en contemplant ce qui suit :
Clarté-Esprit-03Puisque notre esprit est le créateur de tout, il peut percevoir toute forme et peut se manifester sous toute forme.
Puisque notre esprit n’est pas un son, il peut entendre et émettre tous les sons.
Puisque notre esprit n’est pas une odeur, il peut sentir toute odeur et toutes les odeurs proviennent de lui.
Puisque notre esprit n’est pas le toucher, il peut avoir toute sensation et peut tout éprouver.
Puisque notre esprit n’est pas le goût, il peut goûter à tout et créer toute saveur.
Puisque notre esprit n’est pas une pensée, il peut penser à tout et générer toute pensée.
Puisque notre esprit est le créateur de tout, il peut tout créer.
Puis sur la base de cette contemplation, essayons de générer le sentiment de la présence de l’esprit lui-même et de rester dans sa nature égale et immuable.
Imprégnions-nous de ces affirmations pendant quelques instants encore.
[pause 2 minutes]
Si une distraction se manifeste, réalisons que c’est un objet de notre esprit et non notre esprit lui-même. Ce n’est qu’une pensée dans notre esprit et en comprenant ceci, laissons-la simplement disparaître tout en reportant notre attention sur l’esprit lui-même.
Laissons cette distraction se dissoudre dans notre esprit comme un nuage se dissipe dans un ciel clair et revenons une fois encore dans le calme immuable de notre esprit.
[pause 1 minute]
Si une image se manifeste, réalisons toujours que c’est un objet de notre esprit et non l’esprit lui-même.
Ce n’est qu’une image mentale dans notre esprit que nous laissons simplement s’éloigner, semblable à un nuage qui se dissipe dans un ciel clair et revenons  dans le calme immuable de notre esprit.
[pause 1 minute]
Si un son se manifeste, réalisons que ce n’est qu’un objet de notre esprit et non l’esprit lui-même. En l’entendant, laissons ce son se dissoudre tel un nuage dans le ciel clair de notre esprit.
[pause 1 minute]
Si une perturbation mentale se manifeste, nous réalisons qu’une fois encore c’est un objet de notre esprit perturbé et non l’esprit lui-même. Ce n’est qu’une pensée dans notre esprit.
Clarté-Esprit-02En focalisant toute notre attention sur l’esprit lui-même, nous laissons également cette perturbation se dissoudre dans notre esprit comme un nuage se dissipe dans un ciel clair.
Et comme toujours dans ces cas, nous nous concentrons sur la sensation de calme immuable de notre esprit.
Cette sensation est notre objet de méditation placée sur lequel nous restons le plus longtemps possible, durant quelques minutes encore.
[pause 3 minutes]
Puis progressivement, nous revenons dans notre perception ordinaire des choses et sortons de notre méditation.

Méditation compilée à partir d’un enseignement donné par Kadam Ryan au Centre Atisha de Genève.

Multitâches ou mono tâche?

Multi-tache-01Avez-vous déjà fait cette simple expérience ? Prenez place devant une grande feuille de papier, un crayon dans chaque main. Puis, dessinez simultanément un cercle avec la main gauche et un carré avec la main droite ! Vous vous rendez compte immédiatement de l’impossibilité de le faire spontanément. Que se passe-t-il dans votre esprit? Votre esprit doit se concentrer à la fois sur deux actions, celle de tracer un rond de la main gauche et un carré de la main droite. Or, comme déjà mentionné à plusieurs reprises dans des articles précédents, du point de vue de l’esprit : « Le monde que nous percevons est celui auquel nous prêtons notre attention ».  Par conséquent, vous ne pouvez focaliser votre attention en même temps sur le tracé du cercle et le tracé du carré. Bien sûr, lorsque nous observons ce qui se produit devant nous, nous avons une impression globale de ce qui s’y trouve. Mais nous procédons à la manière d’un scanner, comme par exemple lorsque nous entrons dans une demeure pour la première fois. Aussi, lorsque nous sommes dans un cinéma à regarder un film sous titré, soit nous lisons le texte soit nous regardons la scène du film, mais difficilement les deux en même temps.

En fait, nous rencontrons une problématique similaire lorsque nous faisons notre pratique. Habitués à faire ou à penser à plusieurs choses en même temps nous avons de la peine à nous focaliser uniquement sur notre pratique. Tant de choses et de pensées distrayantes sabotent notre concentration et nous sommes en alternance dans notre pratique et dans toutes sortes d’autres pensées. Dans son livre « La Voie Joyeuse », Vénérable Kelsang Gyatso explique que : « Un certain degré de concentration est nécessaire pour accomplir toute action vertueuse, car la concentration élimine les obstacles à notre pratique« . Actuellement, nous voulons garder notre esprit concentré, mais ne pouvons le faire à cause de nos perturbations mentales. Nous devons par conséquent les éliminer le plus possible. D’autres explications détaillées se trouvent dans le chapitre « L’entraînement de l’esprit au calme stable » du même livre.

Multi-tache-02Donc, je poursuis ma réflexion telle que je l’ai vécue dernièrement durant ma retraite. Pour assimiler des connaissances, nous utilisons principalement deux types de mémoire : une mémoire à court terme et une mémoire à long terme. D’après Wikipédia, la mémoire à court terme (MCT) permet de retenir et de réutiliser une quantité limitée d’informations pendant un temps relativement court et la mémoire à long terme (MLT) la mémoire au sens courant. L’entreposage de la connaissance dans celle-ci se fait par le « transfert » du contenu de la mémoire MCT, d’où l’importance de son contenu. Notre entraînement à la concentration consiste diminuer progressivement jusqu’à leur complète disparition le taux de perturbations et de distractions contenues dans la mémoire MCT de notre esprit. Avec ce préalable, nous pouvons atteindre le premier placement, le placement simple de l’esprit, c’est-à-dire de garder notre attention en un seul point sur l’objet de notre méditation. Puis avec persévérance notre entraînement nous permettra d’envisager les autres niveaux de placement de l’esprit. Également sur le sujet, vous pouvez consulter l’article « Notre manque de concentration » sur ce même blog.

Dans le « Nouveau Manuel de Méditation » Vénérable Kelsang Gyatso précise qu’au début de notre pratique méditative, notre concentration reste faible, car nous sommes facilement distraits et nous perdons souvent notre objet de méditation. C’est pourquoi, avec patience, persévérance et une forte motivation, nous allons alterner contemplation et méditation placée jusqu’à pouvoir garder notre objet de méditation. Parfois, nous pouvons demander au Bouddha Mandjoushri sa grande sagesse pour comprendre les objets que nous devons abandonner pour améliorer notre concentration.

L’Art du contentement

Contentement-02L’art du contentement consiste à être satisfait indépendamment de ce qui se passe. C’est comme un sourire qui, prenant naissance en nous, finit par se manifester à l’extérieur. Peu importe notre statut social ou notre condition matérielle, peu importe l’endroit où nous vivons, nous sommes satisfaits. Habituellement, les gens pensent rarement à ce qu’ils ont mais le plus souvent à ce qui leur manque et par conséquent sont insatisfaits. Dans son livre « Huit étapes vers le bonheur » Géshé Kelsang Gyatso définit le contentement par : « Être satisfait de ses propres conditions intérieures et extérieures motivé par une intention vertueuse. Si nous arrivons à cultiver le contentement, cet esprit extraordinaire nous amènera à être heureux tout le temps.

En fait que se passe-t-il lorsque nous n’arrivons plus à être satisfaits, le contraire du contentement? L’insatisfaction de nos propres conditions intérieures et extérieures, motivés par une intention non vertueuse. Alors nous sommes conditionnés par un esprit trompeur à qui il manque toujours quelque chose pour être heureux. Ou encore nous avons ce sentiment de ne pas pouvoir aboutir à ce que nous voulons. Quoi que nous entreprenions, il subsiste toujours ce sentiment d’insatisfaction, d’inachevé. Dans « Les conseils qui viennent du cœur d’Atisha »(*) ce grand enseignant nous dit : « Mes amis, les choses que vous désirez ne donnent pas plus de satisfaction que boire de l’eau de mer. Pratiquez donc le contentement ». Jamais, boire de l’eau de mer nous apportera le sentiment de satiété. En d’autres termes chercher à être heureux en se procurant de telles choses, en réalité ne peuvent pas produire la profonde satisfaction désirée. Atisha poursuit en disant : « Sans la sagesse qui comprend ce qu’est vraiment le bonheur, ce qui produit vraiment le bonheur, nous sommes semblable à quelqu’un qui boit de l’eau de mer ».

Contentement-01Arriver à posséder un esprit heureux et content, quelles que soient les conditions, se produit en dépendance de la sagesse qui comprend ce qu’est vraiment le bonheur et comment les plaisirs du samsara sont par nature une souffrance. Notre bonheur se produit en dépendance de nos états d’esprit et non en dépendance des choses extérieures. Aussi longtemps que nous croyons que c’est en dépendance de tel objet, de telle personne ou de tel autre phénomène, nous continuerons à chercher sans jamais être satisfait de ce que nous allons trouver. Nous ne réalisons pas que le bonheur est si proche, à l’intérieur de notre esprit et nos investigations erronées ne peuvent pas le produire. Comprenant que notre bonheur et notre satisfaction ne proviennent pas des plaisirs ordinaires du samsara nous cessons  de les rechercher là où il est impossible de les trouver. Le jour où nous comprendrons vraiment cela, beaucoup de soucis et de frustrations vont disparaître.

Supposons par exemple un objet tel qu’une montagne. Si la montagne, produisait du bonheur, de manière intrinsèque, voudrait dire que toute personne sans exception allant à la montagne devrait être heureuse. Or, il est possible de ne pas être heureux à la montagne, ne serait-ce que parce que nous avons oublié nos gants. Ceci montre clairement que ce n’est pas la montagne qui produit le bonheur et nous rend heureux, c’est quelque chose d’autre. Le fait d’être à la montagne sans gants n’est pas de son propre côté la véritable cause d’insatisfaction. Ceci illustre que le bonheur, le contentement vient de notre esprit exclusivement, lequel génère des états d’esprit sources de bonheur. Ce ne sont pas les conditions extérieures qui nous rendent heureux ou malheureux mais bien nos états d’esprit correspondants. Alors nous allons progressivement cesser de nous attacher aux conditions extérieures, en pensant que nous n’avons pas de ceci, que nous manquons de cela, que si nous ne sommes pas avec une certaine personne nous sommes malheureux.

Contentement-03Tant que des perturbations mentales s’activent dans notre esprit, inexorablement ce qui nous apparaît sera source d’insatisfactions et de souffrances.  Tant que subsistent des perturbations telles que l’ignorance, la préoccupation de soi, la colère toutes nos expériences seront imparfaites et contaminées à l’image de notre esprit. Ces états d’esprit ne pourront jamais produire la satisfaction et le bonheur que nous recherchons. Quand notre esprit deviendra pur, tout ce qui nous apparaîtra sera pur. Pur dans ce contexte veut dire qui produit du bonheur et élimine la souffrance. Pourquoi n’arrivons-nous pas à obtenir ce bonheur que nous voulons, parce que nous sommes piégés dans le samsara.

Et de conclure, toujours dans les mêmes conseils du cœur d’Atisha : « Mes amis, il n’y a pas de bonheur dans ce marécage qu’est le samsara! Aussi allez jusqu’à la terre ferme de la libération.

(*) Les conseils qui viennent du cœur d’Atisha, dans le livre « Huit Étapes vers le Bonheur », Ed. Tharpa.
Texte compilé d’après un enseignement reçu de Kelsang Jigkyob au IMC-Kailash, le mois passé.

Le silence ne pose pas de questions …

… mais donne les réponses. Cette citation lue sur un écran dans le bus que je prends régulièrement m’a connecté à une expérience récente dans ma pratique. Alors j’ai cherché à mieux cerner le sujet et je vous livre mes réflexions.

Tout d’abord par la définition du silence : « Absence de bruits et de sons indésirables », je comprends que le bruit s’associe au trouble et à la confusion tandis qu’à l’inverse le silence invite au calme et à la tranquillité. Nous avons tous fait l’expérience de la difficulté de prendre une bonne décision dans un environnement bruyant. À ce moment précis, toutes sortes de questions nous viennent à l’esprit perturbé par un problème. Ces questions sans réponse émergent dans notre esprit comme du pop-corn que l’on fait chauffer. Elles nous assaillent littéralement et nous sommes incapable d’y répondre. C’est le bruit extérieur à notre esprit qui nous empêche d’entendre ce bruit intérieur qui est le silence et qui a quelque chose à nous dire. Confucius dit que le silence est un ami qui ne trahit jamais.

Silence - 01Cet ami silencieux n’est autre que notre guide spirituel  qui nous habite en notre cœur. C’est un ami qui sait tout de nous et qui a un amour inconditionnel pour nous. Il est la sagesse, l’omniscience et la clarté de notre esprit racine. Mais pour être à même de recevoir ses réponses, nous devons apaiser l’agitation de notre esprit. Une manière très simple de dissiper celle-ci est de pratiquer la méditation. Tout d’abord la méditation sur la respiration et ensuite la contemplation paisible et sans jugement de ce qui nous préoccupe en ce moment. Les réponses que nous recevrons auront le plus souvent une forme subtile et non-ordinaire et émergeront en temps utile directement de notre esprit. Parfois, nous voudrions une réponse immédiate avec le risque de développer une attente et un attachement aux résultats et cause d’insatisfaction et de souffrance. En pratiquant la patience, nous aurons tôt ou tard la réponse que nous espérons.

Silence - 02Ainsi, le week-end dernier j’ai eu la chance de suivre un enseignement sur « L’Art du contentement  » que j’ai prolongé d’un jour de méditation solitaire avec une pratique de Tara Verte. Entre les six séances de pratique formelle, la sadhana « La libération hors  de la douleur », je suis seul dans le temple me laissant habiter par le silence de l’endroit. Ce qui se passe alors est tout simplement magique. Au fur et à mesure que je m’habitue à ce silence, mon esprit s’ouvre à une dimension intérieure, à la présence de mon guide spirituel racine, qui connaît la source même des mes questions en suspens. À partir de ce moment, les réponses attendues s’activent en moi avant d’apparaître les jour suivants clairement à mon esprit conscient. Heureux de cette expérience, je vais certainement la renouveler sans modération et puisse-t-elle  inspirer chacun de nous qui sommes ballottés dans l’océan du samsara.

J’ai envie de terminer ce récit par une stance tirée du texte « Les conseils qui viennent du cœur d’Atisha » qui dit ceci : si les choses que vous désirez ne viennent pas, cela est dû à un karma créé il y a longtemps, ayez donc toujours un esprit heureux et détendu.

Surmonter les peurs et trouver une protection intérieure

Samedi dernier, j’ai suivi cet enseignement donné à Fribourg par Kadam Hélène Oester du Centre Dromtönpa de Bern. À partir de celui-ci je voudrais partager mon approfondissement et ma réflexion sur ce thème qui nous concerne tous au quotidien.

Si nous voulons résoudre les difficultés et les souffrances qui sont dues à la peur, nous devons pour commencer identifier les différentes sortes de peurs que nous rencontrons fréquemment dans notre existence. Tout d’abord nous distinguerons fondamentalement deux types de peur : celles qui découlent d’une certaine sagesse ordinaire et qui nous sont favorables et celles qui nous font souffrir et nous bloquent.

Peurs-01Pour illustrer les peurs issues de la sagesse ordinaire, voici quelques exemples pour mieux comprendre de quoi il s’agit :

  • La peur de se couper avec un couteau de cuisine. Dans ce cas, la peur de nous blesser nous fera redoubler de vigilance
  • La peur d’être en voiture dans un intense trafic ou dans des conditions difficiles. Dans ce cas nous redoublons de prudence afin d’éviter un éventuel accident.
  • La peur du vide. Dans ce cas, la peur nous interdit de faire un faux pas et de tomber.
  • Etc.

Peurs-03Ce sont des peurs inconscientes qui inconditionnellement dictent notre attitude afin de nous protéger, de nous éviter une blessure, voire de nous maintenir en vie. Ce sont des peurs qui induisent en nous la prudence, la précaution d’éviter un danger. En quelque sorte, nous pouvons dire que ce sont des peurs qui nous aident.

Pour illustrer les peurs qui nous bloquent et nous paralysent, voici quelques exemples :

  • La peur du noir, la claustrophobie
  • La peur d’être cambriolé, la paranoïa
  • La peur des araignées
  • Peurs-02La peur de la maladie, du cancer
  • La peur de la mort
  • La peur de perdre un être cher
  • Etc.

D’une manière générale, ce sont des peurs qui portent atteinte à notre sécurité, qui nous affectent, qui nous bloquent ou nous paralysent. En présence de telles peurs nous recherchons une aide extérieure, une protection que ce soit un médecin, la police, un ami ou toute personne capable de dissiper notre peur. Mais dans tous ces cas il s’agira d’une aide temporaire. Car par exemple le médecin peut nous guérir d’une certaine maladie mais ne nous protégera pas définitivement de toute maladie. Le fait de faire appel à quelqu’un pour nous débarrasser d’une araignée ne nous guérira pas de cette phobie. La peur de perdre une personne chère ne lui prolongera pas indéfiniment la vie. Comment comprendre cela? Parce que nés dans le samsara, nous faisons continuellement l’expérience de peurs et de souffrances sans fin. Rien dans un tel monde samsarique ne peut nous protéger totalement et définitivement de la souffrance et donc de nos peurs.

Peurs-04Alors, dans ces conditions que pouvons-nous faire? Ce qui est important de bien comprendre est que la peur est un sentiment et, comme tout sentiment, elle est générée dans l’esprit qui la perçoit. Bouddha nous dit que : « La cause de toute souffrance et de tout bonheur se trouvent dans l’esprit ». Ainsi la cause de nos peurs est à rechercher dans notre propre esprit. Or, par ignorance de saisie du soi, nous attribuons la cause de nos peurs à des éléments extérieurs à notre esprit. Ainsi les maladies, les cambrioleurs les araignées, l’obscurité et ainsi de suite sont des causes extérieures à nos peurs et non la cause principale de celles-ci. Le fait qu’elles nous apparaissent à l’extérieur de notre esprit sont dues uniquement à nos vues erronées et impures. Par conséquent, si nous n’avions pas en notre esprit la cause principale de la peur par exemple, même si les circonstances extérieures seraient telles que normalement nous devrions réagir avec la peur, nous n’aurions plus aucune peur.

Par analogie, prenons le cas d’un arbre. Celui-ci se développe et grandit en puisant la sève de ses racines et nourrit son tronc et ses branches. Si nous coupons l’arbre, celui-ci séparé de ses racines meurt. De la même manière si nous nous coupons de ce sentiment de peur qui nous habite, la peur elle-même disparaît. En d’autres termes s’il n’y a plus de base valide pour imputer notre sentiment de peur, celle-ci cesse d’exister. Si la cause principale de nos peurs se situe dans notre esprit, le remède ultime à cette peur se trouve également dans notre esprit. La cause de toute souffrance et donc de la peur est notre ignorance de saisie du soi. Cette ignorance de saisie du soi s’agrippe fortement à l’idée du « Je » et du « Moi » que nous chérissons tant et qui est pour nous de la plus haute importance. Si une peur se manifeste, automatiquement nous cherchons à protéger ce « Je » ou ce « Moi » en développant une forte préoccupation de soi qui inévitablement nous fera souffrir.

Si nous arrivons à obtenir la sagesse capable de détruire l’ignorance de saisie du soi nous arriverons à couper la racine de toute souffrance et de toute douleur. Cette sagesse comprend et réalise directement la vacuité de toute chose et de tout phénomène. Comprendre la vacuité veut dire succinctement comprendre que les choses que nous percevons normalement n’existent pas. La sagesse qui réalise directement la vacuité correspond à un éveil parce que nous comprenons que les choses n’existent pas de la manière dont elles nous apparaissent. Nous devons progressivement travailler notre esprit pour comprendre d’abord intellectuellement, puis de manière plus profonde que les choses n’existent pas et comprendre leur vrai mode d’existence. En d’autres termes, le « JE », le « MOI » que je perçois normalement n’existe pas. Ainsi, lorsque nous avons peur, nous ressentons très fortement la présence de ce « JE ». En travaillant sur cette sagesse par différentes sortes de méditations, nous allons pouvoir réduire très fortement notre sentiment de ce « JE » qui prendra de moins en moins d’importance et nos peurs disparaîtront.

Enseignement donné le samedi 9 novembrebre 2013, dans le cadre du programme du Centre Atisha de Fribourg par Kadam Hélène Oester, enseignante du Centre Dromtönpa de Berne

Que se cache-t-il derrière le sourire de Bouddha

Nous avons tous observé des images, des tankas ou des statues de Bouddha et nous l’avons fait de diverses manières selon notre état d’esprit du moment. Samedi dernier, j’ai eu l’occasion d’assister à un enseignement qui nous a fait découvrir le sourire de Bouddha et que je partage avec vous.

Sourire-01Observer le sourire de Bouddha est comme regarder dans un kaléidoscope. Derrière ce regard il y a toutes les qualités de Bouddha. Son sourire est l’expression de ses nombreuses qualités. C’est l’expression de son bien-être mental. Un bien-être mental que nous ne pourrons jamais expliquer avec des paroles. Nous pouvons tout au plus faire des comparaisons, de donner des exemples qui reflètent les expériences même de l’esprit de Bouddha. C’est un état d’expérience que nous pouvons à peine décrire tant il est vaste. Néanmoins nous pouvons tenter de comprendre certaines de ses qualités qui apparaissent comme très importantes.

  • Le sourire de Bouddha est l’expression de sa tranquillité et de sa paix profonde. Vous pouvez vous imaginer une paix profonde qui ne s’arrête jamais, qui n’a pas de commencement et pas de fin. Une tranquillité qui n’est jamais bouleversée par le mécontentement, le stress, les soucis. C’est une paix intérieure semblable à un immense océan tranquille, limpide et clair.
  • Le sourire de Bouddha est l’expression de son calme. Un esprit calme qui n’a plus besoin de réagir aux choses extérieures. C’est l’expression de son imperturbabilité, parce c’est un esprit qui est capable de laisser les choses comme elles sont, sans vouloir les changer.
  • Le sourire de Bouddha est l’expression de sa certitude. Cette certitude qui n’a pas de doutes, pas de peurs. Un esprit qui peut agir de manière juste et sans hésitations. Cette certitude intérieure qui agit spontanément.
  • Le sourire de Bouddha est l’expression d’un amour infini et d’une compassion universelle. L’amour infini et la compassion universelle de Bouddha sont comme un soleil qui rayonne de manière égale dans toutes les directions, sans faire de distinctions quant aux bénéficiaires de ses rayons. Toutes les qualités d’un bouddha sont spontanées, sans effort.
  • Le sourire de Bouddha est l’expression de sa sagesse. L’esprit de Bouddha n’est pas séparé de la vacuité. Tout ce que voit un bouddha est dans la nature de la vacuité. Il nous dit notamment : « Les choses qui nous apparaissent ne sont pas comme elles existent véritablement, ce n’est pas la réalité ». Bouddha voit les choses comme elles existent grâce à sa réalisation de la vacuité. La sagesse de Bouddha comprend le karma, la loi de cause à effet.

Ces quelques aspects révélés de manière très subtile ont fait que chaque fois que je regarde une représentation de Bouddha, derrière son expression souriante je me rappelle de ses innombrables qualités. Il a dit aussi : « Ce que j’ai fait, chacun d’entrevous peut le faire également ». Puissiez-vous en faire de même.

Enseignement donné le samedi 14 septembre 2013, dans le cadre du programme du Centre Atisha de Fribourg par Kadam Hélène Oester, enseignante du Centre Dromtönpa de Berne

Méditation La clarté de l’esprit

Lorsque vos pensées chaotiques produisent une grande confusion dans votre esprit, cette petite méditation sur la clarté de l’esprit vous aidera à retrouver le calme en vous. c’est seulement alors que vous pouvez avec calme et discernement vous orienter vers vos activités. vous pouvez sans autre faire et refaire cette méditation en toute circonstance.

  • Installez-vous dans une position confortable, assis le dos bien droit.
  • Les bras détendus, la tête est un peu inclinée.
  • Les yeux sont entre-ouverts avec le regard défocalisé, ce qui empêche l’excitation mentale.
  • Cherchez à vous détendre en ajustant votre posture, ceci afin d’éliminer tout inconfort physique.
  • Portez à présent votre attention à l’intérieur de vous et prenez conscience de vos pensées et de toutes ces activités mentales.
  • Observez ce flot de pensées et de sensations qui accaparent et envahissent votre esprit.
  • Vous allez progressivement vous déconnecter du bruit ambiant de tout ce qui vous perturbe en ce moment précis.
  • Pour cela, commencez à vous détendre dans cette position en laissant toute distraction se dissiper.
  • Laissez-vous simplement vous détendre au rythme de votre respiration naturelle en portant votre attention sur le flux de l’air qui entre et qui sort par vos narines.
  • Nuage-05[Pause 1 min. suivie d’un gong]
  • Tout en continuant de respirer calmement, pensez que votre esprit est semblable à un ciel d’été parsemé de nuages plus ou moins nombreux.
  • En ce moment, toutes vos pensées et vos préoccupations sont semblables à ces nuages.
  • Ces nuages prennent naissance à partir d’un ciel limpide puis se dissolvent en lui.
  • De la même manière vos pensées et vos sensations apparaissent de l’espace intérieur de votre esprit puis se dissolvent en lui.
  • [Pause 1 min. suivie d’un gong]
  • Peu importe à quel point le ciel est nuageux, le ciel lui-même est par nature clair et limpide.
  • Nuage-07Et quand les nuages se dissipent, le ciel bleu apparaît à nouveau.
  • De la même manière, peu importe à que point notre esprit est agité, il reste un continuum de clarté n’ayant aucune forme et aucune caractéristique physique.
  • Quand les pensées se dissipent nous découvrons la nature claire de l’esprit.
  • Essayez de voir que ces pensées ainsi que toute activité mentale, sont simplement des phénomènes qui n’ont ni forme ni aucune caractéristique physique et qui naissent dans l’espace de votre esprit.
  • Continuez à observer le flot de vos pensées, observez-les simplement sans les suivre. Regardez comment elles disparaissent progressivement comme les nuages qui se dissolvent.
  • [Pause 1 min. suivie d’un gong]
  • Il en va maintenant de même de toutes vos préoccupations et de tous vos soucis qui, comme les nuages, s’évaporent dans l’espace infini de votre esprit.
  • Nuage-08Chaque fois qu’une pensée nouvelle commence à apparaître, ne la suivez pas. Observez-la simplement puis laissez-la se dissoudre dans la clarté de votre esprit.
  • Cette clarté est votre objet de méditation. Placez votre concentration sur cette clarté de votre esprit, et prenez plaisir à la paix intérieure qu’elle vous procure.
  • [Pause 5 min. suivie d’un gong]
  • Vous pouvez maintenant relâcher doucement votre attention pour sortir gentiment de votre méditation.
  • Puis, lorsque votre activité mentale normale réapparaît, essayez de ne pas perdre cette sensation de paix intérieure.
  • Cette expérience de clarté et de paix imprègne toutes vos pensées et toutes vos sensations de sorte que votre esprit reste en permanence paisible.
  • Vous pouvez maintenant graduellement ouvrir les yeux, et sortir de votre méditation.

Méditation : Notre capacité de concentration

  1. Lumière-01Choisissez un endroit calme où vous ne serez pas dérangé le temps de votre méditation.
  2. Ce peut être soit à l’intérieur soit à l’extérieur, dans un parc en pleine nature ou tout autre endroit tranquille.
  3. Installez-vous confortablement assis avec le dos bien droit.
  4. Portez simplement votre attention sur votre respiration naturelle.
  5. Si vous êtes attentif à votre respiration, vous pouvez sentir l’air qui effleure vos narines avec douceur.
  6. Observez juste votre respiration, sans vouloir respirer d’une manière particulière.
  7. Faites ceci pendant quelques instants.
    [Pause 1 minute suivie du gong]
  8. Tout en maintenant votre respiration naturelle, prenez maintenant un élément précis qui vous a particulièrement mis à contribution dernièrement et essayez de vous concentrer sur celui-ci uniquement.
  9. Puis maintenez cette concentration sans distraction sur cet élément qui sera l’objet de votre méditation.
  10. Très rapidement vous constatez votre difficulté à rester attentif à cet objet uniquement.
  11. Concentration-04Parce que d’autres images, sensations et pensées se manifestent constamment sans que vous puissiez garder le contrôle de votre esprit sur votre objet.
  12. Ce n’est pas extraordinaire parce que nous sommes tous emprisonnés dans nos états d’esprit perturbés, nos préoccupations du moment.
  13. Dans cette situation il vous est très difficile de maintenir une concentration constante sur l’objet de votre méditation.
  14. Heureusement vous pouvez pacifier naturellement votre esprit simplement en vous laissant accompagner par votre respiration.
  15. Continuez de bien respirer avec votre rythme naturel, comme un métronome.
  16. Ce faisant, vous imaginez que toutes les pensées étrangères à l’élément de votre méditation prennent à l’intérieur de vous l’aspect d’une fumée noire que vous exhalez doucement par vos narines et qui disparaît dans l’espace devant vous.
  17. Puis quand vous inspirez, imaginez une lumière blanche capable de fortifier et d’accentuer votre pouvoir de concentration sur l’objet que vous avez choisi.
  18. À chaque cycle de votre respiration, les distractions se dissolvent dans l’espace devant vous tandis que votre objet de méditation devient de plus en plus présent à votre attention.
    Faites ce cycle de respiration consciente quelques instants encore.
    [Pause 1 minute suivie du gong]
  19. Vous réalisez maintenant que l’élément sur lequel toute votre attention est focalisée est semblable à une hallucination et n’a pas d’existence de son propre côté.
  20. Vous croyez que ce qui apparaît à votre esprit est vrai et existe vraiment, parce que vous estimez que votre esprit ne se trompe pas.
  21. En réalité, les perturbations mentales se trouvant dans votre esprit déforment votre perception de la réalité.
  22. Toutes les apparences perçues par votre esprit sont trompeuses, parce que contaminées par l’ignorance.
  23. Ainsi l’objet sur lequel vous portez toute votre attention n’a pas d’existence intrinsèque, mais existe simplement en relation dépendante de votre perception.
  24. Tâchez de maintenir cette concentration sur votre objet de méditation d’une manière qualifiée le plus longtemps possible.
    [Pause 3 minutes suivies du gong]
  25. Intégrer et apprivoiser progressivement cette nouvelle façon de voir les choses et votre compréhension du monde qui vous apparaît sera profondément transformée.
  26. Relaxer votre concentration en retrouvant toutes vos sensations physiques, la perception de l’endroit où vous trouvez et sortez graduellement de votre séance de méditation.

Les bienfaits d’une pratique quotidienne de la méditation

méditation-01Quelques conseils de méditation qui ne vont pas bouleverser complètement votre vie du jour au lendemain, mais si vous pouvez commencer correctement et vous rappeler les points ci-dessous, vous apprendrez petit à petit à vous sortir vous-même de nombreux problèmes au quotidien.

  1.  De la même manière que nous trouvons le temps pour notre condition physique, à plus forte raison nous devrions trouver le temps d’exercer notre esprit. De même que nous prenons du temps chaque jour pour entretenir et nettoyer notre corps, pourquoi ne trouverions-nous pas du temps pour entretenir et nettoyer notre esprit?
  2. La méditation est une bonne prédisposition pour débuter la journée. Elle nous prépare à répondre positivement et objectivement aux difficultés qui ne manqueront pas de se manifester dans les heures suivantes. Il peut parfois s’avérer utile d’accepter que tout ce qui nous arrive est le résultat de nos actions antérieures, mais le futur, lui, est entre nos propres mains.
  1. La méditation est une technologie interne qui nous aide à réorganiser l’esprit à un niveau subtil et profond. Grâce à la méditation, nous avons le seul accès à notre esprit très subtil afin de le purifier et de le réorganiser. Ce faisant, nous pourrons atteindre la libération de toute souffrance. Donc, si nous souhaitons sincèrement être heureux et rendre les autres heureux, alors la méditation nous sera d’une grande utilité.
  2. La principale conséquence de la méditation quotidienne est l’obtention d’un sentiment de paix intérieure. La méditation est le karma mental dont l’effet est la paix intérieure. Puisque la paix intérieure est la cause de notre bonheur, finalement la méditation est la cause principale de notre bonheur.
  3. Les avantages physiques de la méditation sont entre autres : une réduction du stress et des tensions résultant de notre vie trépidante, une qualité de vie plus saine et sereine, une grande souplesse, un meilleur tonus.
  4. La méditation nous permet de prendre notre vie en main en prenant le contrôle de notre esprit. « Nous mettons tant d’énergie pour changer le monde externe, n’est-il pas plus simple de changer notre état d’esprit? » Quoique nous mélangions à notre esprit, nous serons transformés.
  5. La méditation nous rend plus efficace dans tout ce que nous entreprenons. Car la seule raison de notre inefficacité est de faire quoi que ce soit avec un esprit dissipé et perturbé. Avec un esprit calme et en paix, il est plus facile de se concentrer même sur une tâche difficile.
  6. méditation-02À long terme, la médiation le moyen principal qui nous permette de poursuivre notre développement spirituel sur la voie de la libération et de l’illumination. Ainsi nous pouvons finalement exaucer nos propres vœux et ceux des autres.