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Il faut du temps pour devenir ce que l’on est déjà

Devenir-01La quête primordiale de tout être vivant est d’éviter la souffrance et d’obtenir un bonheur vrai et permanent. Persuadés que les causes substantielles de ce bonheur se trouvent hors de notre esprit dans le samsara, finalement nous ne rencontrons qu’une diminution temporaire de notre souffrance que nous croyons être un bonheur véritable. Ainsi, nous développons beaucoup d’ingéniosité à accumuler des biens matériels et des relations ordinaires convaincus que ce sont des sources de bonheur. Tôt ou tard, ces préoccupations mondaines se révèlent être des sources de souffrance. Puisque le samsara est la création de notre esprit contaminé par ce poison que sont nos perturbations mentales, forcément les objets de notre création seront contaminés.

Devenir-02Le bonheur tant convoité par chacun d’entre-nous se trouve en nous, dans notre esprit-racine, notre graine de bouddha et nous ne le savons pas. Partant d’une eau polluée, pour obtenir de l’eau propre il n’y a rien à ajouter, mais à enlever tout ce qui l’empêche d’être une eau claire et limpide. Cette clarté et cette limpidité, un état de bonheur permanent, sont dans la nature de notre esprit-racine en notre cœur. Par conséquent, cessons de polluer notre esprit par des actions négatives et cessons d’encombrer celui-ci par des objets samsariques qui ternissent notre vraie nature. Tout comme pour l’eau, pour qu’elle garde sa limpidité, pour que notre esprit révèle sa vraie nature nous devons le désencombrer de tout ce qui nous empêche d’être heureux.

Devenir-03Ne comprenant pas la vraie nature des choses et des phénomènes, nous les percevons comme ayant une existence indépendante à l’extérieur de notre esprit. Ainsi, nous développons un fort attachement pour les choses sur lesquelles nous projetons les qualités susceptibles de nous procurer le bonheur et développons une forte aversion pour celles que nous croyons être un obstacle à ce même bonheur. D’où viennent toutes ces obstructions qui dissimulent notre vrai bonheur? À la manière de la gangue qui cache une pierre précieuse, les graines karmiques forment une carapace empêchant notre esprit de se réaliser pleinement. Ces mauvaises graines proviennent d’échos karmiques résultants des actions négatives de nos vies passées.

Pour devenir ce que nous sommes déjà nous ne pouvons changer le passé et pas même le présent. Nous ne pouvons que les accepter tels qu’ils sont. Nous ne pouvons pas empêcher l’effet mûri de notre karma. En revanche nous pouvons préparer les conditions d’un avenir meilleur. Comment? Simplement en cessant de commettre des actions négatives et en purifiant notre esprit de toutes les potentialités qui font obstacle à notre paix intérieure, notre vrai bonheur. Évidemment la tâche est ardue étant donnée la quantité de graines potentielles négatives que nous possédons. Mais si nous ne faisons rien, ce sera encore plus difficile. Et chaque fois que nous succombons à l’une d’entre-elles nous réaffirmons notre volonté de bonheur authentique en développant la perfection de l’effort pour la surmonter. Ne dit-on pas que le succès c’est de se relever une fois de plus que l’on est tombé!

Le bonheur d’être vivant

La respiration vous relie au bonheur d’être vivant. Imaginez un seul instant si vous deviez constamment penser à devoir respirer et que d’oublier de respirer aura des conséquences fatales. Si tel était le cas, toute notre attention serait accaparée par cette tâche. Heureusement nous n’avons pas ce souci. En aucun moment nous mettons en doute ce mécanisme de survie naturel. Ce bonheur d’être vivant est un état d’esprit qui nous rappelle à chaque inspiration que nous sommes dotés de cette précieuse vie humaine.

Mais la plupart du temps nous n’y pensons guère et nous la gaspillons à la recherche du bonheur dans le samsara. Toutes les difficultés et les souffrances qui se succèdent dans notre existence proviennent de notre esprit perturbé par le mûrissement de notre karma. Cette vie-ci est précieuse parce que chacun d’entre-nous n’en possède qu’une seule et la probabilité d’en obtenir une autre dans le futur est infime. Et quand le moment de notre mort viendra nous ne pouvons la remplacer par une autre.

Sablier-01Notre vie est semblable au sable contenu dans un sablier. Chaque grain est une respiration qui s’écoule et toutes les respirations de notre vie sont les grains contenus dans le sablier qui s’écoulent inexorablement. Contrairement au sablier, le moment venu nous n’aurons pas l’opportunité de le retourner comme pour recommencer cette vie. Chaque instant qui passe, chaque respiration que nous faisons nous rapproche du moment de notre mort. Et le plus fâcheux est que nous ne savons pas à quel moment elle adviendra, pas plus que nous savons le nombre de grains contenus dans le sablier. La comparaison s’arrête là car si nous pouvons évaluer le sable restant dans le sablier, nous ne pouvons faire de même pour notre vie.

Réveil-01Chaque soir en nous endormant, nous n’avons aucune certitude de nous réveiller le lendemain matin. Ainsi, au premier instant, à peine réveillé, prenons conscience de notre bonne fortune de jouir de cette précieuse vie parce que notre respiration ne nous a pas abandonné durant notre sommeil. Ayons cette gratitude d’être en vie et de pouvoir à nouveau rester en contact avec notre nature de félicité et de bonheur pour donner cette couleur à tout ce que nous allons entreprendre.

Comment développer notre habileté à maîtriser nos fautes

 (1ère partie de 2 parties)

Maitrise-Faute-01La raison principale pour laquelle nous n’arrivons pas à maîtriser nos fautes est que nous manquons de confiance en notre capacité à le faire. Nous avons tellement de perturbations mentales, que notre esprit est hors de notre contrôle. De plus, nous faisons des actions et des choses qui font que la situation s’empire et que pouvoir reprendre le contrôle de notre esprit devient problématique. Nous sommes incapables de maîtriser nos perturbations, car  celles-ci nous font constamment échouer. Nous acceptons alors que ces dernières prennent de l’importance et de l’influence sur nous. Ceci renforce notre sentiment d’être abandonnés au sort de nos perturbations et cela détruit notre confiance.

Parce que nous avons de moins en moins confiance en nous, nous n’avons plus la force de les combattre et le cercle vicieux continue. Mais pour renverser cette situation, nous devons changer de procédure pour les vaincre. Ainsi, en adoptant une stratégie gagnante contre nos fautes, c’est-à-dire nos perturbations mentales,  nous serons capables de mener à bien les batailles successives, tout en reprenant confiance et surmonter toutes nos perturbations mentales.

Pour illustrer cette stratégie, prenons l’exemple d’un fort attachement désirant. L’attachement est simplement un esprit qui pense que certaines conditions extérieures sont la cause de notre bonheur, et nous pensons habituellement que sans ces conditions extérieures nous ne pouvons pas être heureux. Ce raisonnement résulte d’un esprit perturbé qui ne réalise pas que le bonheur est un état d’esprit et qui par conséquent vient de l’esprit. La cause réelle de notre bonheur est la paix intérieure, seule capable de générer des états d’esprit vertueux.

Maitriser-Faute-04L’objet de cet attachement désirant peut prendre divers aspects, tels que l’alcool, la cigarette, un partenaire, les formes attractives, le sexe et ainsi de suite. Voici comment fonctionne cette stratégie. Le simple fait de penser à l’objet génère immédiatement un fort attachement désirant à son égard. Le fait de considérer la nature de l’objet comme quelque chose d’externe génère notre attachement à l’objet en question et produit un sentiment déplaisant dans notre esprit. La cause réelle de notre attachement est une perturbation mentale située dans notre esprit.

Personnellement nous n’avons pas suffisamment de moyens pour venir à bout de nos perturbations mentales. C’est pourquoi nous recherchons l’aide des Êtres saints, les bouddhas, car seuls eux peuvent nous aider. Nous pouvons recevoir cette aide en faisant des requêtes, comme par exemple : « S’il vous plaît, accordez-moi votre aide pour surmonter cette perturbation X qui m’empoisonne l’existence ».

Comment gérer la solitude

Solitude-02Pour diverses raisons personne ne reste insensible à la solitude. On définit la solitude par la peur d’être seul. Celle-ci ne se manifeste non seulement lorsque effectivement nous sommes seuls mais de manière sous-jacente et conduit à un grand nombre de comportements dysfonctionnels. La solitude n’a pas le même sens selon qu’il s’agit d’un choix ou d’une situation subie. Certains individus se sentent seuls même s’ils sont membres d’un groupe. Généralement les gens admettent que l’attachement aux biens matériels n’est pas recommandable, mais pense au contraire que l’attachement aux autres est normal et bénéfique. Par crainte d’être seul, ils consomment les autres pour leurs propres besoins et ils sont jaloux des autres pensant qu’ils sont plus heureux qu’eux-mêmes. Ils pensent que les relations nourrissent leur valeur personnelle et que sans celles-ci ils ont le sentiment de ne rien avoir et de ne pas exister. d’où l’expression souvent entendue dans les amours fusionnels : « Sans toi, je préfère mourir ».

Solitude-01Pour résoudre les problèmes de solitude, il est très important d’identifier les types de solitude. Où et dans quelles circonstances avons-nous peur de la solitude et comment elle influence notre comportement. Son identification est primordiale. Il y a trois perturbations mentales importantes qui entretiennent la peur de la solitude : l’attachement, la préoccupation de soi et l’ignorance ou incompréhension de qui nous sommes vraiment. N’oublions pas que nous sommes dans le samsara. Nous avons besoin de réaliser qu’il n’y a pas de causes extérieures de bonheur dans celui-ci. Alors, à cause de notre attachement, tant que notre bonheur dépendra de la présence des autres, nous souffrirons et serons malheureux. Si notre préoccupation de soi est omniprésente dans notre esprit, nous serons toujours dans l’attente de bienfaits provenant unilatéralement des autres, sans quoi nous nous sentirons seuls et malheureux. Toutes les peurs dans le samsara, et en particulier la peur de la solitude, proviennent de la conception erronée de nous-mêmes et des autres en tant qu’entités indépendantes.

Bonté-01Nous nous concevons mentalement en tant qu’être séparé de toute autre chose et de toute autre personne et nous en souffrons. Cette manière de penser est totalement fausse parce que le JE de soi-même n’existe pas de manière intrinsèque. En réalité, tout objet ou toute personne est inséparable de nous, parce que ils sont des projections de notre propre esprit. Ce que nous sommes, ce que nous sommes capables de faire vient essentiellement des autres et de leur bonté. Sans nos parents nous ne serions pas ici en train de lire ce texte. Sans la bonté de nos enseignants vous ne serions pas capables de lire et comprendre celui-ci. Donc, au lieu de nous plaindre de notre solitude voyons combien d’êtres se manifestent en nous, autour de nous et à travers nous dans notre vie. Au lieu de nous sentir si seul, voyons-nous comme inséparable de tous les autres êtres vivants.

Mentalement, considérons toutes nos pensées et actions comme bénéfiques aux autres. Ce que nous faisons, nous le faisons pour le bien des autres. Les bouddhas ont la faculté de se manifester d’innombrables manières pour nous aider. Partout où nous imaginons un bouddha, un bouddha se manifeste vraiment et nous vient en aide. Avec le temps, nous sentirons réellement leur présence et nous n’éprouverons plus aucune solitude. Pour mieux nous connaître, nous pouvons contempler notre manière de gérer les situations de solitudes et méditer sur notre compréhension de la solitude en utilisant les quelques pistes développées ci-dessus. Nous pouvons par exemple le soir prendre le déroulement de notre journée et mettre en lumière les circonstances où nous avons ressenti une certaine solitude et rétroactivement porter notre attention sur les stratégies pour éviter la manifestation de celle-ci.

Compilé à partir de d’un enseignement reçu de R. Engen au Centre Atisha de Genève et de mes notes personnelles.

Nous vivons dans le règne du désir

Combien de fois n’avons-nous pas succombé au désir irrésistible d’obtenir la même chose que son voisin, d’acheter le vêtement tendance dont tout le monde rêve. Pourquoi sommes-nous si envieux de la réussite d’une telle personne à qui tout paraît facile. Pourquoi certaines personnes s’exposent-elles  au scandale pour assouvir leurs désirs de conquêtes, d’argent et de réussite. La peur de ne pas obtenir l’objet de leur désir pousse certains à commettre l’irréparable tricherie à le vouloir à tout prix. Pourquoi l’herbe du voisin nous paraît toujours plus verte et plus savoureuse?
Désir-01D’après les écrits bouddhistes les êtres samsariques tels que les humains vivent dans le règne du désir. C’est l’environnement des êtres qui jouissent des cinq objets de désir, tels que les belles forme, les sons agréables, les odeurs parfumées, les saveurs délicieuses et les objets doux et stimulants. Autrement dit, tout ce qui est perçu par nos sens et qui génère habituellement de multiples attachements désirants et qui conduisent finalement à la souffrance.

Dans son livre « La Voie joyeuse, VGL explique : « L’attachement désirant est un facteur mental qui observe son objet contaminé, le ressent comme attirant, exagère son attrait, le trouve désirable et développe le désir de le posséder. » Le fait de ne pas obtenir l’objet désiré nous pousse à commettre des actions non-vertueuses, entraînant diverses souffrances qui laissent des empreintes négatives sur l’esprit. Si notre attachement désirant est très fort, personne n’arrivera à nous dissuader d’obtenir ce que nous désirons.
Non contents de ce que nous possédons, notre préoccupation de soi nous fait ressentir que nos désirs sont plus importants que ceux de toute autre personne. Cette préoccupation de soi nous incite à nous comparer constamment aux autres et souvent à entrer en compétition avec eux. C’est la une grossière erreur due à notre grande ignorance de saisie du soi, car celle-ci nous fait croire que les choses existent de la manière que nous les percevons.

Désir-03Dans quelles circonstances se développe cet attachement qui est la racine de toutes nos perturbations mentales? Il faut savoir que nous cherchons la satisfaction dans les plaisirs du samsara. Ce faisant, nous créons beaucoup de mauvaises habitudes compulsives, sources  de problèmes et de souffrances. De manière subjective, notre esprit fonctionne souvent selon un mode de comparaison. Par exemple, si en fin d’année notre employeur nous accorde une gratification pour notre travail, nous sommes content. Mais si nous venons à savoir que nos collègues ont reçu le double, nous sommes mécontent et malheureux. De manière générale nous passons beaucoup de temps à comparer notre statut, nos possessions, nos richesses, etc., toujours avec le désir de savoir si nous sommes mieux ou moins bien lotis que l’autre.
Nous pouvons alors penser qu’il vaudrait mieux se détourner complètement de tous ces objets de plaisir et de se couper du monde et des autres. Ce n’est évidemment pas la solution non plus. Nous devons nous libérer du joug de l’attachement en ne considérant pas ces objets de désir comme inconditionnellement indispensables à notre bonheur. Comme le disait si souvent mon enseignant : « Prendre plaisir, sans saisir! » Ainsi nous pouvons apprécier la compagnie de nos amis, aimer posséder des choses matérielles sans attachement désirant. Et si nous venons à nous séparer d’un ami ou perdre un objet inestimable, nous ne devrions pas être déprimés pour autant.

Désir-02La souffrance engendrée par le désir vient entre autre du fait que nous envions toujours ce que les autres possèdent au lieu de nous contenter de ce que nous avons. Ce qui revient à nous comparer continuellement aux autres et de préférence à ceux que nous croyons plus fortunés qu’à ceux qui le sont moins. Notre bonheur et notre malheur dépendra essentiellement de la référence qui nous servira de base de comparaison. Le désir trouve sa source dans la préoccupation de soi, l’attachement, la haine, la jalousie et bien d’autres perturbations mentales. À peine un désir est satisfait qu’un autre survient. Sitôt l’objet de notre désir acquis, très vite nous le trouvons inintéressant et cherchons à le remplacer par un autre.

En conclusion, pour nous libérer des souffrances et des malaises occasionnés par nos nombreux désirs impossibles, cessons de nous comparer aux autres que nous regardons avec des yeux envieux. Regardons et contemplons nos acquis en pensant à tous ceux qui, moins fortunés que nous, se trouvent démunis dans un environnement misérable et qui manquent de l’essentiel pour vivre. Par la méditation sur ce thème sensible, nous purifierons notre esprit de la domination du désir.

Rédigé d’après ma lecture de « La Voie joyeuse », de Kelsang Gyatso aux Editions Tharpa et de mes notes prises lors des enseignements reçus au Centre Atisha à Genève.

La bodhitchitta … les premiers pas

Nous pouvons nous familiariser avec la bodhitchitta  en comprenant qu’il s’agit d’un état d’esprit qui aspire venir en aide aux autres. Actuellement notre capacité à aider vraiment les autres êtres vivants est très limitée. C’est parce que nous manquons de pratique et d’entraînement d’une part et parce que notre auto-préoccupation (se considérer soi-même comme le plus important) fait obstacle à cette aspiration.

Avant de commencer cette pratique, nous devons nous rappeler que nous avons seulement à imaginer avoir atteint le futur résultat : « Aider les autres ». Cette pratique fera mûrir rapidement  notre pouvoir potentiel, en d’autres termes « notre graine de bouddha ».

Bodhitchitta-01Bouddha nous enseigne que pour fortifier notre motivation de bodhitchitta nous pratiquons les quatre incommensurables qui sont : (1) l’équanimité, (2) l’amour, (3) la compassion et (4) la joie. Ce qui veut dire que, grâce à notre pratique de plus en plus qualifiée nous pouvons vraiment souhaiter :

  • Que tous les êtres soient heureux
  • Que tous soient libérés de la souffrance
  • Que personne ne soit jamais séparé du bonheur
  • Que tous possèdent l’équanimité, libérés de la haine et de l’attachement.

Ainsi nous devrions pouvoir souhaiter que tous ceux qui nous côtoient tous les jours soient heureux. Rien que par la pensée, nous pouvons facilement faire cela. Certaines fois, même rien qu’ une parole, une attention ou un geste suffit à dissiper la tristesse d’une personne. Par exemple, offrir une fleur à quelqu’un en proie à la tristesse peut embellir le reste de sa journée.

Bodhitchitta-02En observant notre entourage, nous sommes souvent témoins de la souffrance des gens sans que nous puissions agir concrètement. Nous pouvons alors induire dans notre cœur l’intention de le faire en pensant : « Comme ce serait merveilleux si cette personne était libérée de la souffrance et de sa cause. S’il vous plaît, ô guides spirituels, par votre compassion venez-lui en aide« . Par notre bienveillance et notre présence auprès d’une personne qui souffre, nous pouvons momentanément la soulager.

Tous ces êtres que je vois aspirent au bonheur et malgré cela la plupart d’entre eux ne savent pas quelle en est la cause et ceux qui la connaissent ne peuvent pas la créer. Nous pouvons alors penser : « Comme ce serait merveilleux s’ils pouvaient posséder le bonheur et sa cause« . La force de notre intention vertueuse a le pouvoir d’intercéder auprès des Êtres saints pour que leurs aspirations soient exaucées.

En considérant que tous les êtres vivants ont une égale importance, la plupart de nos problèmes personnels dus à notre esprit partial disparaîtront. Quand nous obtenons l’équanimité, nous considérons ceux qui nous entourent comme également précieux. L’équanimité est une sollicitude égale pour les autres. Si tous les êtres développaient l’équanimité, l’attachement et la haine causes de tant de souffrance disparaîtraient.

Bodhitchitta-03D’une manière simple et selon nos capacités,  nous devons abandonner l’attitude inférieure qui consiste à ne nous préoccuper que de notre propre bien-être et prendre la ferme décision de faire grandir notre bodhitchitta dans notre esprit. Et puisque cette aspiration ne se produit pas naturellement dans notre esprit, il faut la cultiver. Au début, cette aspiration semblera  peu naturelle, mais quand nous commencerons à avoir quelques résultats nous améliorerons nos petites réalisations jusqu’à ce qu’elles deviennent de plus en plus familières.

Sachant qu’une vie humaine  est la meilleure base pour développer l’esprit de la bodhitchitta, nous pouvons ainsi générer celle-ci avec plus de puissance et d’efficacité. Parce que nous avons accès aux enseignements de Bouddha, nous avons une grande possibilité de développer facilement la compassion et le renoncement. En particulier, nous essayons de nous assurer que toutes les actions que nous entreprenons  sont motivées par cet esprit. Si nous engageons notre responsabilité personnelle de venir en aide aux autres, en mettant toujours nos intentions en pratique nous progressons vers cette réalisation, la bodhitchitta.

De mes lectures et de ma compréhension des textes tirées des livres « La voie joyeuse » et le « Nouveau manuel de méditation » du vénérable Kelsang Gyatso aux Ed. Tharpa

Le temps qu’il fait …

L’autre jour dans le bus, sans le vouloir j’ai suivi la conversation entre deux personnes. Devinez de quoi parlaient-elles? …. Du temps qu’il fait et des prévisions du temps !!! De retour chez moi, j’ai repensé à cette conversation surprise dans le bus. j’ai laissé mon esprit s’attarder sur ce thème : le temps qu’il fait. C’est inouï de constater à quel point le temps qu’il fait est le sujet dont tout le monde parle, dont tout le monde veut être au courant et dont chacun veut en savoir plus que les autres par qu’il parle en connaisseur!

C’est clair que nous voulons savoir le temps qu’il va faire pour organiser notre temps. Parce que de ce point de vue, chacun a le sien … de temps et celui des autres est moins important pour nous. Tout porte à penser que l’activité humaine d’une façon générale dépend du temps. Ceci est vrai dans notre vie ordinaire. Du reste nous sommes très bien renseignés  grâce aux nombreux bulletins météo ou sur Internet le site de Météo-Suisse qui illustre notamment une carte des dangers possibles ou probables dans tout le pays.

C’est justement de cette carte des dangers en association avec la conversation dans le bus qu’est partie ma réflexion. Du point de vue extérieur à notre esprit, c’est parfaitement justifié de s’inquiéter du temps. Mais qu’en est-il du point de vue intérieur de notre esprit. Car finalement c’est de son état que dépend notre bonheur et notre malheur.

À l’image de la carte des dangers de Météo-Suisse notre esprit peut par analogie être également représenté par une carte des dangers : nos perturbations mentales sous la forme d’un puzzle. Les pièces blanches représentant les zones où règne une certaine paix intérieure tandis que les zones de couleur, du clair au plus foncé, représentent les zones plus ou moins perturbées. Les parties de couleur orange-rouge étant les perturbations mentales en activité qui mettent  en danger de façon imminente notre paix intérieure. Mais cette carte-là ne nous soucie guère étant persuadés que notre bonheur tout comme notre malheur dépendent de circonstances extérieures à notre esprit!

Nous serions bien inspirés d’observer plus fréquemment notre état d’esprit afin de débusquer les perturbations mentales susceptibles de nous faire mal agir et finalement de nous faire souffrir. Par la méditation, nous pouvons objectivement analyser nos faits et gestes et de voir dans quelle mesure ceux-ci sont source de bonheur ou de souffrance pour nous. Comme déjà dit, nous pouvons très bien observer de près et accepter la présence de nos perturbations mentales mais pas leur validité et, en changeant notre état d’esprit progressivement, nous pouvons purifier celui-ci afin de retrouver la paix intérieure seule vraie source de bonheur.

Et vous …, comment votre carte des dangers de perturbations mentales?

Qu’est-ce que le bonheur?

Tous les êtres vivants fondamentalement partagent le même souhait : être heureux tout le temps. Le problème est nous ne savons pas comment accomplir ce souhait.

Généralement, nous pensons que le bonheur provient juste de la façon de créer et d’arranger de bonnes circonstances extérieures. C’est-à-dire, par exemple, de nous entourer avec ce que nous voulons et qui nous rend la vie agréable et d’éliminer ou de nous séparer de ce que nous ne voulons pas et qui est désagréable. Par exemple, si pour une quelconque raison vous êtes fortement contrarié et de mauvaise humeur, tout ce que vous rencontrerez durant votre journée vous semblera aller de travers, être un obstacle, les collègues désagréables, et tout cela va confirmer de bonnes raisons d’être de mauvaise humeur. Si au contraire, vous vous réveillez avec un sentiment joyeux, le cœur léger, vous allez entreprendre la journée avec cette bonne humeur et tout semblera aller sans problèmes et sans difficultés. Pourquoi avec le même environnement les perceptions sont si différentes?

Parce que les problèmes que nous rencontrons alors viennent du fait que ces choses extérieures semblent hors du contrôle de notre esprit perturbé, et par conséquent, si nous rendons notre bonheur dépendant de telles choses, nous serons toujours à leur merci.

Le bonheur et le malheur sont des états d’esprit. Si nous vérifions attentivement, la cause de ce bonheur ou de ce malheur, il doit venir de notre esprit. Les choses extérieures n’existent qu’en relation dépendantes de notre état d’esprit notamment, elles n’ont pas d’existence inhérente.

Parce qu’en fait, nous pouvons avoir des conditions extérieures formidables mais être triste et misérable. De même nous pouvons avoir des conditions extérieures exécrables mais être tout de même heureux.

Notre objectif est par conséquent de comprendre comment créer et cultiver les causes intérieures du bonheur. Pour comprendre la cause du bonheur, nous devons en premier lieu connaître la cause de notre tristesse et de notre malheur.

La principale cause de notre malheur est la présence d’innombrables perturbations mentales dans notre esprit. En d’autres termes, ce sont des manières déformées et trompeuses de voir les choses, comme par exemple la colère, l’attachement, la jalousie, etc. Ce sont ces perturbations mentales qui rendent notre esprit incontrôlé et malheureux.

Les perturbations mentales ne sont pas une partie intrinsèque de notre esprit. Elles sont juste des mauvaises habitudes prises par notre esprit que nous pouvons casser. Ou encore, elles sont une sorte de maladie, tel un cancer de notre esprit et qui peut être guéri.

Ainsi, les états d’esprit bénéfiques et vertueux fonctionnent comme antidote ou opposant à nos perturbations mentales. Ces états d’esprit vertueux incluent l’amour, la compassion, la patience, l’appréciation de notre précieuse vie humaine, etc. Ils ont pour fonction de prendre le contrôle de notre esprit et de le rendre heureux. Ils sont capables de dissiper la tempête de nos perturbations mentales et de nous révéler le ciel clair de notre potentiel pur.

Si notre esprit est libre de perturbations mentales, alors il nous révèle notre pureté naturelle originelle et nous serons tout le temps heureux et sans soucis, indépendamment des circonstances extérieures. Nous devons assumer la responsabilité de notre propre bonheur.

Donc le principal but de notre chemin spirituel est d’abandonner toutes les causes internes de tristesse et de ne cultiver et créer que des causes internes de bonheur. De cette manière, nous pouvons progressivement apprendre à être heureux tout le temps et pouvoir ainsi aider les autres à faire de même.

Développer l’esprit qui chérit les autres

Chérir les autres est la meilleure méthode pour résoudre nos propres problèmes comme ceux des autres. Nous avons à comprendre pourquoi c’est si important, puis de le mettre réellement en pratique. Il y a essentiellement deux raisons à cela. La première est parce que la nature de chaque être est la bonté et deuxièmement c’est très bénéfique pour nous de le faire.

C’est la meilleure méthode parce que l’esprit qui chérit les autres nous aide à vaincre nos perturbations mentales, cause principale de notre malheur et de notre tristesse. Il nous aide à résoudre nos problèmes quotidiens et c’est le fondement de notre voie spirituelle.

Pour comprendre de quelle manière il nous aide à surmonter toutes nos perturbations, contemplons la jalousie, la colère et l’attachement qui empoisonnent si souvent notre existence.

Chérir les autres surmonte notre jalousie, parce que nous sommes heureux de la bonne fortune et du bonheur des autres. Chérir les autres nous aide à surmonter notre colère, parce qu’il s’agit d’un état d’esprit d’amour à l’opposé de la colère et qui souhaite juste que les autres soient heureux. De plus cela crée un contexte harmonieux de sorte qu’aucune base de conflits n’existe. Finalement chérir les autres surmonte notre attachement désirant, principale cause des relations disfonctionnelles et qui contribue à notre solitude. L’objet principal de notre attachement est nous-même tandis que l’objet de chérir les autres est justement les autres. En résultat, nous développons des relations stables et satisfaisantes et nous ne nous sentirons plus jamais seuls.

Pour comprendre de quelle manière il nous aide à résoudre tous nos problèmes quotidiens, nous pouvons observer comment chaque problème que nous éprouvons vient de notre auto-préoccupation, et toutes les bonnes choses viennent de chérir des autres. Nous devons éprouver chaque situation pour nous convaincre de la pertinence de cette méthode. La manière de résoudre tous nos problèmes quotidiens est l’esprit qui chérit les autres.

Pour comprendre de quelle manière chérir les autres est le fondement de notre voie spirituelle, nous contemplons comment c’est la racine d’un bon karma et par conséquent du vrai bonheur. Chérir les autres nous permet d’accumuler une grande quantité de mérite ou énergie mentale positive qui sera la principale cause de notre illumination.

La meilleure manière de mettre cela en pratique est (1) toutes les fois que nous sommes avec les autres nous considérons leur bonheur au moins aussi important que notre propre bonheur, (2) nous commençons avec notre famille et nos amis en les utilisant comme exemple de comment nous pouvons aimer les autres, (3) quand nous possédons quelque chose, au lieu d’être avare, nous devrions être heureux de pouvoir le partager parce qu’ils peuvent ainsi en profiter également, (4) réjouissons-nous de leur bonne fortune et de ses causes. De cette manière nous pouvons profiter de tous ce qui existe : être simplement heureux pour les autres. Et (5) nous utilisons chérir les autres en tant qu’antidote pour vaincre nos perturbations.

Pour réaliser l’esprit qui chérit les autres nous allons chercher à identifier les obstacles à cet amour qui chérit. Les deux principaux obstacles sont notre auto-préoccupation qui s’oppose à ce que nous reconnaissons honnêtement nos fautes et notre perspicacité à déceler les défauts des autres plutôt que leurs bonnes qualités. Alors qu’il est bien plus bénéfique d’affronter nos propres fautes et d’observer uniquement les bonnes qualités chez les autres. Ce faisant nous clarifions des situations qui sont mal comprises pour finalement mieux les comprendre.

Habituellement nous chérissons que ce que nous apprécions, ce que nous trouvons attrayant, ce que nous trouvons bon et nous ne chérissons pas ce que nous détestons, que nous trouvons contraire à nos idées ou qui manque de bonnes qualités.

Les enseignements habiles des bouddhas nous apprennent comment développer une vue différente. Ainsi, comprenant que tout est simplement une projection de notre esprit, le monde que nous expérimentons est le monde auquel nous prêtons attention. En d’autres termes, c’est de choisir de croire en ce qui est bénéfique pour notre esprit.

Ce qui ne veut pas dire que, comme une autruche, nous mettons la tête dans le sable et prétendons que les choses qui ne sont pas visibles n’existent pas, mais portons notre attention sur les objets d’une manière bénéfique pour nous. La principale cause de nos perturbations mentales est notre attention inappropriée. Nous exagérons voire même nous inventons les bonnes et les mauvaises qualités des objets et percevons de manière erronée toutes les choses tandis qu’en résultat nos perturbations augmentent. La voie de la libération est vraiment une reconsidération de notre vision des choses.

Le problème principal est que nous ne pouvons pas voir même nos propres défauts, cependant que nous sommes très habiles à voir les défauts des autres.

Nous ne savons pas voir de manière bénéfique les bonnes et les mauvaises qualités en nous-même ou chez les autres. La grande confusion à ce sujet est le principal obstacle à développer l’esprit qui chérit les autres.

N’oublions pas qu’une des fonctions principales du Dharma est de servir comme un miroir dans lequel nous pouvons voir nos propres fautes. En identifiant nos fautes nous pouvons finalement nous en débarrasser. Mais nous devons être prudent de ne pas utiliser ce miroir comme un télescope pour mieux voir les fautes chez les autres.

 [Tirés des enseignements reçus oralement de Kadam Ryan, mon Enseignant]

J’ai lu … le 9 mars 2012

Dans « Huit étapes vers le bonheur » Guéshé Kelsang Gyatso écrit :

Un homme plein de compassion trouva un jour un gros poisson au bord de la route. Il était tombé d’un chariot d’un pécheur et vivait encore. Voulant le sauver, l’homme le ramassa avec soin et le mit dans un étang non loin de là. Peu de temps après cependant, les habitants qui vivaient là s’aperçurent que tous les petits poissons avaient disparu de l’étang en question et seul y restait le gros poisson. Lorsqu’ils comprirent que le gros poisson avait mangé tous les autres, ils furent très irrités et le tuèrent. L’action compatissante de l’homme eut pour conséquence la mort de non seulement  de tous les poissons de l’étang, mais aussi du gros poisson qu’il avait essayé de sauver.

Cette histoire nous montre que, si nous souhaitons vraiment aider les autres, nous avons  besoin d’avoir plus que le simple désir compatissant de les aider. Il est nécessaire de développer aussi notre sagesse, car sans sagesse nos efforts pour aider pourront souvent avoir des retombées négatives.

En effet souvent, animés d’une grande compassion, nous cherchons à aider les autres pensant sans autre que nous en serons capables. Ainsi, persuadés de pouvoir le faire, nous sommes parfois finalement déçus, n’ayant pu faire grand-chose par ignorance ou par maladresse. Nous souffrons alors de ne pas avoir obtenu de résultat. En écoutant notre sagesse, nous sommes à même de savoir si la situation est à notre portée et si nous sommes capables d’aider vraiment.

Pourtant, il ne faut pas se laisser aller au découragement, mais persévérer dans nos actions. À chaque expérience, nous pouvons faire de notre mieux, sachant que le résultat ne nous appartient pas. Si notre intention est profonde et sincère, nous développons sur notre esprit les potentialités de pouvoir le faire à l’avenir jusqu’à ce que finalement nous obtiendrons effectivement un résultat.