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Larguer les amarres

Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir l’intention d’entreprendre quelque chose et d’éprouver le sentiment que quoi que vous fassiez tout se met en travers de votre chemin pour aboutir à la réalisation de la chose en question. Alors, contrarié et frustré, vous cherchez toutes sortes d’arguments qui justifient cet échec et vous en souffrez. Habituellement, nous attribuons les circonstances causales de nos expériences à des éléments extérieurs tels que les gens, le ou la partenaire, le milieu du travail, la société et ainsi de suite. Ces investigations sont le résultat d’un esprit perturbé par la préoccupation du soi et l’ignorance.

Bouddha nous enseigne que chaque intention manifestée dans notre esprit se traduit dans une action. Selon la nature de notre intention, l’action subséquente va laisser une empreinte karmique sur notre esprit qui sera bénéfique ou malheureuse. De cette empreinte karmique, un ou plusieurs effets mûriront à l’avenir sur notre continuum mental. L’instinct créateur de notre esprit est à l’origine de toutes nos pensées et donc naturellement de chacune de nos intentions. Ainsi, à un moment donné, notre intention de faire une action bien précise rencontrera dans notre esprit un contexte karmique qui lui sera favorable ou défavorable.

Plus précisément, lorsque notre intention première n’aboutit pas, que se passe-t-il dans notre esprit ? Tout dépendra de notre état d’esprit plein d’embuches. Il se peut qu’à ce moment précis les effets karmiques qui mûrissent sont un obstacle à la réalisation de notre intention. Des intentions contraires prédominent et sabotent notre bon vouloir. En méditant sur la situation, nous pouvons alors nous poser par exemple la question : « Qu’est-ce qui m’empêche de concrétiser mon intention ? » ou encore : « Qu’est-ce que dois-je faire au préalable pour avancer vers l’objectif de mon intention ? »

Cette réflexion nous amènera à comprendre ce qui est à entreprendre pour que notre intention de départ se concrétise dans l’action souhaitée. Les vraies raisons alors dissimulées dans le tissu de notre esprit apparaîtront. Puis avec patience et détermination, il suffira de focaliser notre esprit sur tout ce qui contrarie la réalisation de notre intention et d’entreprendre ce qui est nécessaire pour larguer les amarres de tout ce qui nous attache en ce moment à notre situation même inconfortable.

Inspiré d’un enseignement du Programme fondamental reçu au Centre Atisha à Genéve en2014

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Méditation : La compassion, l’opposant à la méchanceté

  • Chaque méditation que nous faisons crée un grand mérite sur le continuum de notre esprit. Ce mérite, sous la forme de potentiel peut être activé dans nos vies futures pour produire leur fruit, les réalisations spirituelles.
  • Dans cette méditation, nous allons mieux réaliser ce que signifie éradiquer la méchanceté en faisant grandir notre compassion.
  • Alors, installons-nous confortablement, le dos bien droit et la tête dans sa position naturelle comme si nous observons quelque chose devant nous à l’horizontale.
  • Nous pouvons fermer les yeux si nous le souhaitons ou les laisser entrouverts, pour laisser passer juste un filet de lumière.
  • Prenons maintenant contact avec notre respiration que nous accompagnons naturellement sans contrainte.
  • Et portons toute notre attention sur la sensation de l’air qui entre et sort par nos narines.
  • Nous imaginons qu’à chaque expiration nous expirons toutes nos distractions sous l’aspect d’une fumée noire.
  • Et qu’à chaque inspiration nous inspirons une lumière blanche qui remplit notre corps et notre esprit.
  • Silence (2 minutes)
  • En raison des empreintes d’ignorance accumulées depuis des temps sans commencement, nous saisissons avec la plus grande vivacité notre je.
  • Notre esprit saisit automatiquement ce je de cette manière parce que nous le considérons de la plus haute importance.
  • Que quelque chose vienne ternir ou mettre en doute cette importance et nous générons immédiatement la préoccupation du soi, l’attachement, la colère, la jalousie et ainsi de suite.
  • Derrière cette riposte se dissimule le plus souvent à des degrés divers et sous toutes ses formes une certaine méchanceté.
  • Or, dans “Comment comprendre l’esprit” Ghéshé la définit la méchanceté comme un facteur mental perturbé qui désire que d’autres êtres vivants souffrent.
  • Pourtant, qui n’a pas une fois fomenté des intentions de vengeance à la suite d’une dispute, d’un conflit où nous avons perdu notre superbe importance, en pensant : “Je vais le lui faire payer chèrement !”.
  • La jalousie, si elle n’est pas désamorcée, peut conduire au crime passionnel.
  • L’attachement, hors de notre contrôle, devient une raison de commettre des actions dommageables envers les autres.
  • Cette méchanceté latente qui se cache derrière de tels comportements est pour les bouddhiste le principal objet à abandonner.
  • Et pour juguler le facteur mental méchanceté nous devons progressivement accroître notre compassion. Celle-ci est l’opposant direct à la méchanceté.
  • Alors, comment faire grandir notre compassion ?
  • Pour cela amenez votre attention au milieu de votre poitrine dans le chakra du cœur. Et de cet endroit contemplez ce que vous allez entendre maintenant.
  • À cause de notre jalousie, de notre colère, de notre attachement ou de notre ignorance nous sommes capables de faire souffrir quelqu’un, de lui souhaiter du mal.
  • Si nous voulons éradiquer la méchanceté de notre esprit, nous devons cesser immédiatement de faire souffrir les autres et générer en lieu et place la compassion universelle.
  • Cet esprit qui désire sincèrement libérer tous les êtres vivants de la souffrance.
  • Ce désir naît de la contemplation de la souffrance des êtres qui ont tous été nos mères.
  • À cause de leurs obstructions karmiques, certains sont actuellement des êtres de l’enfer et en tant que tels subissent continuellement d’atroces brûlures, se sentent torturés de toutes sortes de manières.
  • À cause d’une renaissance animale, certains doivent lutter chaque jour pour leur survie en craignant à chaque instant d’être dévoré vivant par d’autres animaux.
  • D’autres ont pris des renaissances dans le pays des esprits affamés. De ce fait, avec le ventre vide et la bouche desséchée, ils sont pourtant incapables de trouver la moindre nourriture ou boisson.
  • Plus proches de nous, des êtres humains se complaisent dans la non vertu en accomplissant des actions négatives innommables.
  • Non seulement ils agissent ainsi à cause de leurs perturbations mentales, mais créent également les causes de leur souffrance future.
  • Quelle que soit la situation de tous ces êtres sensibles, nous pouvons imaginer et contempler leur souffrance et souhaiter qu’elle cesse le plus rapidement possible.
  • Laissons donc naître en nous une forte compassion qui souhaite que plus aucun de ces êtres sensibles ne souffre et soit définitivement libéré de ce cycle insupportable du samsara.
  • Nous déterminons avec fermeté dans notre cœur, notre envie de libérer définitivement tous les êtres vivants de la souffrance, en pensant :
  • “Je ne peux pas supporter la souffrance de ces innombrables êtres mères qui se noient dans l’océan vaste et profond du samsara, le cycle des renaissances contaminées,
  • Ils sont ainsi obligés d’éprouver des souffrances physiques et des douleurs mentales insupportables, dans cette vie et dans les innombrables vies futures.
  • Je dois absolument libérer définitivement tous ces êtres vivants de leurs souffrances”.
  • Nous méditons en seul point sur cette affirmation pendant quelques instants.
  • Silence 5 minutes
  • Puis progressivement, nous sortons chacun à son rythme de cette méditation en conservant dans notre cœur le message de cet enseignement.

Méditation inspirée du Programme Fondamental “Comment Comprendre l’Esprit” de G.K. Gyatso, au Centre Atisha de Genève en 2016

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Prendre, une réflexion qui peut surprendre

D’après la définition du Larousse prendre vient du latin prendere qui veut dire saisir. Le souhait primordial de tout être vivant est d’être heureux et de ne pas souffrir. Persuadés que ce bonheur se trouve dans notre monde ordinaire, nous saisissons chaque chose, chaque situation pensant qu’elles vont nous rendre heureux. Or cette attitude est essentiellement centrée sur nous-mêmes et nourrit constamment notre préoccupation de soi, un état d’esprit qui pense que nous sommes très importants. Nos paroles et nos pensées traduisent de manière évidente ce comportement égoïste. Ainsi dirons-nous : “Je prends des vacances”, “Je prends une barre de chocolat”, “Je prends une douche”. D’une manière générale nous prenons quelque chose qui semble bon pour nous. Mais ce raisonnement est également valable pour certaines choses que nous n’aimons pas, comme par exemple : “J’ai pris froid et je suis malade”, “Hier, j’ai pris une contravention”, “J’ai pris très mal sa remarque”. Bien que de telles situations suscitent de l’aversion, elles nous concernent toujours personnellement.

Prendre-01Or, la préoccupation de soi avec la saisie du soi sont les causes de toutes nos souffrances. G.K. dans “Huit étapes vers le bonheur” dit : “Toutes les souffrances que nous éprouvons sont le résultat de notre karma négatif, et la source de tout ce karma négatif est la préoccupation de soi“. C’est pourquoi, nous devons tout mettre en œuvre pour détruire ce poison de notre esprit. Bouddha nous enseigne une méthode très habile pour le faire qui plus est va non seulement détruire notre préoccupation de soi, mais également accroître notre amour et notre compassion. Il s’agit de la pratique de la prise et du don, grâce à laquelle nous pouvons développer ces qualités. Dans ce contexte, prendre signifie prendre sur nous la souffrance des autres par la méditation. Par l’imagination, nous prenons indirectement sur nous cette souffrance. Puisque nous avons tellement de familiarité avec le fait de prendre ou de saisir, nous allons dans ce cas l’utiliser cette fois-ci pour détruire notre préoccupation de soi.

Le fait de “prendre la souffrance” des autres suscite souvent une objection immédiate, du style : “Alors non! J’ai déjà suffisamment de souffrance moi-même, je ne vais certainement pas prendre encore celle des autres!”. Si effectivement nous avons l’intention d’enlever cette souffrance, cela ne veut pas dire que nous souffrons en lieu et place des êtres affectés par celle-ci. Du reste, à notre stade de développement spirituel, il n’y a aucun risque que cela se produise. Mais nous pouvons, par l’imagination nous mettre à la place de l’autre pour ressentir la souffrance que son expérience lui fait vivre. Et à partir de là générer le profond désir qu’il en soit libéré. Cette action empreinte d’altruisme va amoindrir la virulence de notre préoccupation de soi et progressivement l’anéantir. Lorsque par exemple nous pensons fortement à quelqu’un que nous aimons, il nous arrive de moins penser à nous-mêmes et à nos propres préoccupations.

Prendre-03En quoi consiste principalement cette pratique? Pour libérer les autres de leur souffrance, nous imaginons celle-ci assujettir la ou les personnes dans tout leur être sous la forme d’un nuage de fumée noire. Par amour et compassion, nous prenons sur nous ce nuage représentant leur souffrance en le dirigeant vers notre cœur. Ce faisant nous développerons le souhait de nous-même faire quelque chose. Nous pensons par exemple : “Comme j’aimerais que ces personnes n’aient plus à souffrir du conflit qui les a fait fuir de leur pays”, ou encore : “Comme je voudrais que ces enfants puissent recevoir l’aide humanitaire vitale pour ne pas mourir de faim”. Et nous pensons : “Comme j’aimerais pouvoir faire quelque chose et je vais le faire”. Motivés par cette envie, nous imaginons que grâce à notre amour et à notre compassion nous enlevons la souffrance des autres et que celle-ci vient dissoudre notre propre préoccupation de soi. En faisant cela, non seulement nous libérons les autres de leur souffrance, nous détruisons également notre propre préoccupation de soi. Nous développons ainsi la croyance correcte que les autres sont libres de toute souffrance et que nous-mêmes sommes libérés de tout état d’esprit négatif.

Prendre-DonnerCette méditation consiste à imaginer que nous libérons les autres de la souffrance et que nous-mêmes en faisant cette pratique nous nous libérons de tous nos états d’esprit négatifs. Cette pratique, nous pouvons la faire soit en nous concentrant sur tous les êtres vivants, soit en nous focalisant sur un groupe limité de personnes, voire même sur une seule personne. Nous contemplons chaque souffrance éprouvée par chaque être vivant selon sa condition et nous développons une immense compassion envers eux. Et avec cette compassion, nous souhaitons nous-mêmes faire quelque chose. Cette pratique peut se faire aussi de manière furtive et discrète, lorsque par exemple nous sommes témoin d’une situation de détresse, d’accident ou de souffrance dans notre entourage immédiat. Nous nous focalisons alors sur la ou les personnes impliquées et nous agissons de cette manière pour le bien de tous. En pratiquant selon ces explications, prendre pourra vous surprendre par ses bienfaits.

Sur la base de notes personnelles et des enseignements tirés des livres “Huit étapes vers le bonheur” et “Un bouddhisme moderne” de G.K. Gyatso, aux Ed. Tharpa, entendus au Centre Atisha de Genève.

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Querelles et conflits

Dans notre vie courante nous sommes parfois impliqués dans un conflit ou une querelle dont l’importance est changeante. Prétendre que tel n’est pas le cas serait peut-être un signe que nous refoulons ce genre de situations. Si nous sommes alors impliqués, il est important de savoir que faire dans ces moments délicats avec l’aide des enseignements de Bouddha, le dharma. Évidemment qu’il serait préférable de ne pas avoir de querelles et de conflits dans notre vie, mais quand ceux-ci sont inévitables comment devrions-nous nous comporter?

Nous devrions en tous les cas admettre la présence de perturbations mentales dans notre esprit. En nous prenant en otage, celles-ci influencent plus ou moins fortement notre attitude dans la situation et nous font perdre le contrôle de notre esprit et par là notre manière d’agir et de répondre de manière constructive. Sur l’injonction de notre préoccupation de soi, nous voulons prendre l’avantage de la situation au détriment des autres. Or nous devrions tenir compte que les perturbations mentales sont basées sur une manière fallacieuse de voir les choses.

Dispute-01Lorsque nous vivons une querelle ou une dispute et que nous examinons notre état d’esprit, nous sommes convaincus de la pertinence de notre point de vue. Évidemment, nous avons raison et le ou les autres sont dans leur tort. Les perturbations mentales manquent d’objectivité et ne voient que les fautes chez les autres. Alors nous pensons par exemple : “Mon interlocuteur est exécrable, je ne sais comment lui faire entendre raison! C’est sûr et certain qu’il a tort!”. “Comment peut-on être aussi borné dans ce cas?”.

Telle une étincelle qui met le feu aux broussailles, la colère s’active en nous. Pensant qu’en imposant suffisamment d’invectives alimentées par la colère grandissante l’autre changera sa position à notre avantage. À nos yeux il nous paraît nécessaire d’agir ainsi pensant que c’est pour le bien de l’autre. Nous croyons ainsi créer un meilleur comportement de l’autre personne au moyen de la colère. Mais en réalité, plus nous essayons de contrôler les autres avec notre colère, plus ceux-ci se sentant agressés de la sorte seront sur la défensive par esprit de contestation.

À n’importe quel moment de la querelle ou du conflit, nous devons rester honnête avec nous-même. Nous restons conscients de notre capacité à être constructif dans le différent qui nous oppose à l’autre. Si nous réalisons que nous n’en avons pas les moyens, mieux vaut alors opter pour un temps de réflexion de part et d’autre jusqu’à ce que nous soyons dans de meilleures dispositions. Rien ne sert de poursuivre une discussion trop animée aussi longtemps que les protagonistes sont agités ou perturbés.

Souvent dans une discussion, si nous laissons libre cours à nos émotions, nous pouvons en arriver même à oublier l’objet principal de celle-ci. Notre attention est d’avantage occupée par la manière dont les choses sont dites plutôt que de nous investir dans leur contenu. Nous sommes par exemple irrités par le ton de la voix d’une personne ou nous ne donnons pas une interprétation correcte à ses intentions. Il nous paraît impératif de dire quelque chose et nous interrompons l’autre ne lui laissant pas le temps de finir sa phrase. La discussion prend alors l’aspect d’une joute oratoire dans laquelle chacun critique l’autre sur sa manière de parler.

Si nous mettons en lumière la raison profonde qui mobilise la personne, le différent sera rapidement réglé. Mais tant que “nous tournons autour du sujet en question” le conflit s’installe dans la durée. Nous devons nous poser la question de savoir pourquoi la personne agit de cette manière. Si nous traitons le souci, la préoccupation de l’autre, le problème va disparaître. Ce faisant nous montrons notre respect envers le souci, la préoccupation de l’autre. En comprenant et respectant notre interlocuteur, celui retrouve sa confiance et le problème sera résolu rapidement. La difficulté réside dans le décryptage des propos de l’autre qui nous amènera à le comprendre.

La difficulté réside dans le décryptage des propos de l’autre qui nous amènera à le comprendre. Souvent, la priorité est donnée à l’émotion et non pas à la réflexion ou à l’analyse d’une situation. Et le risque que l’émotion pure l’emporte peut annihiler l’aboutissement de la discussion. L’attitude agressive de notre interlocuteur vient probablement de la sensation de ne pas être écouté et que c’est la seule façon d’attirer l’attention.

Dispute-02Dans la dispute ou la querelle, les deux parties ont leur part de responsabilité. Pour espérer désamorcer la crise, en aucun cas nous ne devons accepter la responsabilité de l’expérience de l’autre et ne blâmons jamais l’autre pour notre propre expérience. Souvent nous adoptons une attitude inappropriée pensant que nous sommes “responsables de tout ce qui se passe dans ce monde”. À tort, nous projetons sur l’autre nos propres intentions et si elles ne correspondent pas à notre vision nous sommes profondément déçus.

Alors que la loi du karma dit clairement que chacun est responsable de ses propres actes, nous prenons délibérément le pouvoir de dire à l’autre ce qui est bon ou mauvais pour lui. C’est faire preuve de manque de sagesse et à terme l’autre personne se déresponsabilisera de ses actes en mettant la faute sur nous. C’est pourquoi nous signifierons au protagoniste ses propres responsabilités dans ses choix d’expériences. Bouddha enseigne que tous les êtres vivants n’ont aucun défaut. Ce n’est pas suffisant de juste le savoir, faut-il encore trouver son application dans notre quotidien. La sagesse de cette affirmation doit influencer positivement notre mode de vie et les disputes et querelles se feront moins fréquentes.

Inspiré d’un enseignement basé sur le livre “Huit étapes. vers le bonheur” de G. K. Gyatso reçu au Centre Atisha de Genève.

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Comment s’épanouir dans notre pratique du dharma

Lorsque notre pratique du dharma nous semble insatisfaisante, nous nous posons alors la question : “Comment puis-je m’épanouir dans ma pratique du dharma?”. D’aucuns trouvent leur pratique difficile et astreignante, d’autres ont l’impression de ne pas progresser et se découragent ou bien n’arrivent pas à concilier leur pratique du dharma avec leurs activités quotidiennes et pour d’autres raisons encore. La pratique du dharma est sensée nous épanouir, nous libérer et nous rendre heureux et progressivement déployer ses bienfaits dans tous les registres de notre vie. Tant que nous ne comprenons pas qu’il n’y pas de dichotomie entre notre vie de tous Epa-Dharma-01les jours et notre pratique, nous avons effectivement deux tâches distinctes à effectuer. Est-ce bien le cas pour nous? Pourquoi?

Lorsque nous seront capables de nous épanouir dans notre pratique du dharma et de la faire fleurir, il en sera de même dans notre vie. Les acquis de la pratique du dharma induisent des apprentissages intérieurs qui vont peu à peu transformer nos expériences quotidiennes. La fonction du dharma est de nous conduire vers l’harmonie et la paix intérieure. La raison pour laquelle nous ne nous épanouissons pas dans notre pratique est en fait très simple. Chacun possède un potentiel de pureté, une nature de bouddha dans son esprit depuis des temps sans commencement. C’est notre nature la plus subtile ou notre claire lumière de félicité ou plus simplement notre vrai Soi. Malheureusement, nous sommes totalement absorbés par ce qui semble se passer à l’extérieur et oublions la présence de ce potentiel capable de nous aider.

Ne réalisant pas que tout ce que nous croyons exister à l’extérieur est en fait la création de notre esprit perturbé, nous attribuons à nos hallucinations le pouvoir de nous épanouir. Provenant d’un tel esprit nous ne pouvons qu’être déçus! Nous recherchons les causes d’épanouissement à la mauvaise place, au mauvais endroit. Tandis que si nous tournons notre attention vers l’intérieur, au niveau de notre cœur où se trouve notre graine de bouddha, nous mélangeons notre esprit avec ce potentiel de pureté. Nous mélangeons notre esprit avec notre nature de bouddha, notre vrai Soi, là d’où viennent toutes les réponses à nos problèmes. En faisant ce voyage intérieur, nous recevrons les nombreuses bénédictions nous permettant de nous épanouir davantage. Mais pour faire ce voyage intérieur, nous devons développer la bonne attitude qui consiste à développer Epa-Dharma-02notre sagesse, notre habileté, notre patience. Alors nous donnons plus d’ampleur et de pertinence à notre pratique du dharma nous aidant ainsi à résoudre nos problèmes quotidiens.

La principale difficulté que nous rencontrons au cours de ce voyage se résume à notre paresse. Dans son livre “Comment comprendre l’esprit”, Ghéshé Kelsang Gyatso défini la paresse, je cite : “la paresse est un facteur mental perturbé qui, motivé par l’attachement aux plaisirs ou aux activités de ce monde, n’aime pas les activités vertueuses”. Ce manque d’intérêt pour la pratique du dharma est appelée paresse de l’attachement. Tant que nous entretenons cette paresse dans notre esprit, nous continuerons à éprouver malheurs et souffrances et nous rencontrerons sans cesse des problèmes. À chaque instant de notre vie, nous avons le choix en donnant la priorité à notre pratique du dharma plutôt que de nous complaire dans des activités futiles du samsara.

Pour vaincre cette paresse de l’attachement, nous devons identifier les perturbations mentales qui font obstacle à notre pratique et apprendre à nous en libérer. Principalement nous devons éliminer de notre continuum mental les perturbations que sont l’attachement désirant aux objets samsariques, la colère ou aversion et l’ignorance. Tant que ces poisons interfèrent avec notre pratique, celle-ci sera forcément moins profonde, moins stable et moins gratifiante. Cette paresse de l’attachement est une conséquence de notre préoccupation de soi sitôt que nous pensons à notre propre corps ou à notre propre esprit. Cette préoccupation de soi fait naître en nous l’attachement désirant chaque fois que nous pensons à un objet que nous estimons plus important que notre pratique du dharma.

Un autre obstacle rencontré dans notre pratique qui nous empêche de nous épanouir est la non-acceptation de là où nous sommes qui peut se traduire de deux manières différentes. Soit nous avons une vue exaltée de nous même en fixant la barre de nos exigences trop haut ou bien nous avons une attitude désenchantée pensant que nous sommes nuls ou que nous n’y arriverons jamais. Bien sûr nous voudrions déjà être capables de méditer longuement sur des sujets profonds comme le calme stable ou la vacuité et trouver une solution instinctive à tous nos problèmes. Nous devrions concevoir Epa-Dharma-03de tels objets comme des objectifs à long terme et non comme un impératif immédiat. Nous devrions tenir compte des causes karmiques qui entravent notre progression.

Nous pouvons alors adopter une attitude confortable qui consiste à se dire : “Bien que j’ai en moi cette nature de bouddha, je ne l’ai pas encore pleinement réalisée mais aujourd’hui je maintient l’intention de le faire en acceptant où je suis avec toutes mes imperfections”. Cette acceptation va nous libérer de tout jugement et d’un sentiment de culpabilité pour progresser vers un véritable épanouissement dans le dharma.

Inspiré et compilé d’après un atelier du même nom donné par Timothy Leighton au Centre Atisha de Genève en 2009

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Les avantages de chérir les autres

L’esprit qui chérit les autres est simplement l’esprit qui considère que le bonheur des autres est quelque chose d’important. Il est sinon plus aussi important que notre propre bonheur. Nous pouvons alors penser : “Pour moi, cette personne est importante, son bien-être est important, ses désirs et son bonheur sont importants”. Ce qui veut dire que nous avons de la considération pour autrui, tout en faisant abstraction de notre préoccupation de soi, de notre ego. (Voir aussi Réflexion sur la préoccupation de soi). Dès cet instant, nous acceptons que les autres également puissent avoir les mêmes aspirations, les mêmes désirs d’être heureux que nous. Nous accordons une place au bonheur et à l’accomplissement des désirs des autres. Nous leur attribuons une valeur à nos yeux. Dans son livre “La Voie Joyeuse” Ghéshé Kelsang Gyatso cite Shantidéva qui disait que tout le bonheur de ce monde vient de l’esprit qui désire que les autres soient heureux.

avant-cher-01Comment mettre en application cet état d’esprit? Parmi les nombreuses situations de la vie de tous les jours, prenons par exemple une relation de couple. Conditionnés par la préoccupation de soi, généralement nous tentons par tous les stratagèmes de convaincre l’autre de mettre en œuvre tout ce qu’il sera capable de produire pour que nous soyons heureux. Ce mode de faire, tôt ou tard aboutira à une relation dysfonctionnelle. Alors que l’esprit qui chérit consiste pour nous à essayer d’aider notre partenaire à accomplir ses propres aspirations pour être heureux. Concrètement, c’est dire à l’autre : “Tu es quelqu’un d’important à mes yeux, que puis-je faire pour t’aider à réaliser ton bonheur?”. Avec la préoccupation de soi, nous essayons de contrôler l’autre personne pour l’amener à accomplir nos désirs égoïstes. Alors qu’un amour qui chérit est juste le contraire, c’est-à-dire un amour qui mettra tout en œuvre pour que l’autre réalise ses buts dans la vie.

Finalement, lorsque mutuellement les personnes appliquent cette démarche l’une envers l’autre, il en résulte que les deux sont satisfaites. Mais cette manière de faire doit être bien comprise sinon elle risque de prendre la forme d’une sorte de contrat inexprimé, soumis à conditions. Nous pourrions dans ce cas mettre une exigence du style : “Si tu m’aimes, je ferai tout ce que tu voudras! avant-cher-02Sous-entendu : Si tu ne m’aime pas, je te laisse te… “. Nous devons bien faire la différence entre l’esprit qui chérit les autres et l’attachement au bonheur des autres qui nous convient bien. Plus précisément, dans le premier cas, l’esprit qui considère que le bonheur de l’autre est important pour lui et dans le deuxième cas l’attachement au bonheur de l’autre qui pense que celui-ci passe au préalable par notre propre bonheur égoïste. Chérir les autres se traduirait par exemple par : “Ton bonheur est une chose importante pour moi, je souhaite t’aider à le réaliser”.

Les lois du karma sont incontournables. Ainsi toutes nos actions négatives ont pour origine notre préoccupation de soi, tandis que toutes nos actions positives proviennent de l’esprit qui chérit les autres. Toutes les bonnes choses qui se manifestent dans notre vie sont le fruit d’avoir chérit les autres dans le passé en nous engageant dans des actions vertueuses. D’avoir pratiqué alors  la discipline morale et le don, un être jouira d’une vie humaine. Si de plus celui-ci a développé un fort intérêt pour la voie spirituelle il profitera d’une précieuse vie humaine. Ce qui différencie une vie humaine d’une précieuse vie humaine est l’opportunité d’avoir la motivation pour s’engager dans la voie spirituelle. Elle est précieuse dans le sens qu’elle ne va pas de soi et ne dure pas forcément toute notre vie humaine ordinaire. Elle peut prendre fin à n’importe quel moment. De fait, ceux qui ont une précieuse vie humaine sont du reste nettement moins nombreux que ceux qui jouissent simplement d’une vie humaine.

Dans ce contexte, l’action de la discipline morale peut s’expliquer de la manière suivante. Étant donnée une situation, notre préoccupation de soi nous incite à répondre par une action non vertueuse, notre propre intérêt égoïste. Il se peut que nos avant-cher-03perturbations mentales nous encouragent à le faire. La discipline morale est alors cette attitude qui nous invite d’aller dans le sens contraire et de répondre par une action vertueuse, l’amour qui chérit les autres. Si actuellement nous avons la bonne fortune de jouir d’une précieuse vie humaine, c’est parce que dans nos vies passées nous n’avons pas donné suite aux incitations de notre préoccupation de soi à faire du mal aux autres en pensant qu’à nous-même. Motivés par un esprit qui chérit les autres, nous nous sommes alors engagés dans une discipline morale pure. C’est pourquoi nous pouvons aujourd’hui apprécier à sa juste valeur ce cadeau qui nous échoit, une précieuse vie humaine.

Inspiré d’un enseignement de “La Voie Joyeuse” donné par Kadam Ryan au Centre Atisha en 2006 à Genève.

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Réflexion sur la préoccupation de soi

Parce que nous saisissons notre propre soi comme existant de manière intrinsèque, nous saisissons le soi des autres de la même façon. Dans ces conditions nous sommes amenés à considérer nous-même (soi) et les autres comme différents. C’est à partir de cette discrimination que nous développons la préoccupation de soi qui se traduit par le fait que nous nous chérissons bien plus que quiconque et que nous nous considérons suprêmement important. Et pour défendre ce statut, nous développons des perturbations mentales telles que l’attachement désirant, l’orgueil, l’ignorance et Preoc-Soi 01toutes les autres perturbations mentales. Celles-ci nous contraignent à commettre des actions négatives responsables du corps et de l’esprit contaminés qui sont les nôtres. La préoccupation de soi est un esprit trompeur dont les agissements nous assujettissent à une souffrance continuelle. Dans la culture occidentale, nous avons souvent l’image d’un diable qui nous maintient en otage, nous promettant tout ce que nous désirons.

La préoccupation de soi est assimilable à un diable qui nous promet monts et merveilles pour accéder au bonheur, mais qui toujours nous trahis en nous infligeant malheurs et souffrances. D’une manière subversive, sous prétexte d’être un ami, nous sommes sous sa domination et nous nous en accommodons. Au lieu de lui opposer une réelle résistance, nous le mettons toujours au bénéfice du doute. Ainsi, plus nous lui donnons notre assentiment, plus la préoccupation de soi tel un envahisseur occupe de plus en plus notre esprit. Il y a dans le langage populaire une expression qui reflète bien cette situation : “Nous vendons notre âme au diable”. Du point de vue spirituel, inconditionnellement nous donnons suite à toutes ses suggestions et incitations. De la même manière, la préoccupation de soi, par ses intentions fallacieuses agit en imposteur qui ne tient jamais ses promesses.

Comment la préoccupation de soi se manifeste en nous?

  • Elle se traduit par un attachement à nos croyances. Autrement dit, nous pensons que nos idées sont totalement fiables et importantes. À nos yeux, nos opinions valent de toute façon certainement bien plus que ceux des autres. Elle est en état d’alerte en présence de quelqu’un qui ne partage pas les mêmes convictions que nous.
  • En présence de quelqu’un qui possède un système de croyances différent du notre, nous sommes sur la défensive et nous pouvons même devenir intolérants.
  • Elle se traduit aussi par l’orgueil, une certaine arrogance qui considère de manière exagérée nos propres qualités et possessions. Nous ne voudrions pas avoir le sentiment d’être inférieur ou moins bon que notre interlocuteur.

Dans notre démarche spirituelle nous devons faire preuve de pragmatisme. C’est-à-dire de nous baser sur des critères de vérité pour choisir ce qui fonctionne pour nous de manière bénéfique. Or, depuis des temps sans commencement nous avons suivi les “bons conseils” de notre préoccupation de soi. Force est de constater que le fruit de ses propositions est inexistant, en fait rien, juste que des problèmes et des souffrances. Les dysfonctionnements de notre préoccupation de soi, qui ne sont pas bénéfiques, devraient ainsi nous inciter et nous convaincre de changer notre façon d’agir. Notre situation actuelle n’est pas irréversible et à chaque instant nous pouvons la transformer. Pour cela, nous devons orienter toutes nos intentions, toutes nos actions sur leur caractère bénéfique. En analysant notre attitude, nous arriverons naturellement à la conclusion de ne plus suivre notre préoccupation de soi.

Ayant réalisé le comportement perfide et fallacieux de la préoccupation de soi, à tous les instants nous avons le choix de changer d’attitude. Lorsque nous comprenons qu’elle nous rend esclave de nos perturbations mentales, naturellement nous allons développer le désir de nous en libérer. Au lieu de ne considérer uniquement que notre propre intérêt et notre propre point de vue, nous élargissons notre attention également aux autres. Au lieu de Preoc-Soi 02chérir soi-même, notre esprit de préoccupation de soi, nous pouvons chérir les autres. Si mentalement nous faisons une action avec une attitude égoïste ou altruiste, elles deviennent le principal critère de décision de tout ce que nous entreprenons dans notre vie. Quand bien même l’action reste la même, l’attitude mentale avec laquelle nous la faisons change entièrement la signification que nous lui attribuons. La vraie liberté se trouve précisément là. Dans toute situation, posons-nous la question : “Pourquoi, pour qui je fais cela?” Entre faire quelque chose pour soi ou pour les autres, nous choisirons de le faire pour le bien des autres.

Toutes nos tâches, même les plus ordinaires, si elles sont faites en pensant qu’elles sont bénéfiques aux autres les transforment en actes vertueux. Si nous cessons de penser exclusivement à notre bien-être, nous transformons nos attitudes égoïstes en attitudes Preoc-Soi 03altruistes et désintéressées. Cette manière d’agir ne se réalise pas sans effort, du jour au lendemain, mais vient progressivement avec l’entraînement. Nous devons convaincre notre esprit des désavantages de la préoccupation de soi et des avantages de chérir les autres. Chaque fois que nous sommes dans la confusion de l’attachement à notre ego, après avoir identifié que l’origine de notre mal-être est la préoccupation de soi, nous nous mettons au service des autres en les chérissant. Toutes nos relations vont ainsi s’améliorer si nous mettons la préférence sur l’accomplissement d’aider les autres à réaliser leurs buts plutôt que de nous limiter à nos seuls intérêts.

Inspiré d’un enseignement du Programme fondamental : La Voie Joyeuse, Session donnée par Kadam Ryan en 2006 au Centre Atisha de Genève.

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