Bonne et heureuse Année 2017

Chère lectrice et cher lecteur,

Que vous soyez visiteur occasionnel ou visiteur assidu, je vous remercie de votre passage dans les pages de ce blog durant l’année écoulée.

En cette période de fêtes, je vous souhaite à toutes et à tous mes meilleurs vœux de bonheur, de santé, de paix et de sérénité.

Puisse Tara Verte vous accompagner au fil des mois de l’année 2017 et puisse-t-elle vous protéger de toute adversité.

OM TARÉ TOUTTARÉ TOURÉ SÖHA

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Vous avez dit procrastination ?

Il se peut que vous lisez ou entendez ce mot pour la première fois. Mais tous pourtant le connaissons d’une manière ou d’une autre et à des degrés différents. La procrastination nous est même tellement familière que nous ne nous en rendons même plus compte. Commençons d’abord par sa définition qui explique que : “La procrastination est une tendance à différer, à remettre l’action au lendemain” . Si vous ne vous sentez toujours pas concerné, voici quelques exemples qui devraient vous parler. « Ce n’est pas si important, je le ferai demain », « Je devrais m’occuper de cette lettre, mais … une autre fois », « Cette fois, je cesse de boire … et finalement vous continuez. Avec un minimum d’imagination chacun trouvera quantité de situations faisant intervenir la procrastination dans son quotidien.

Le moment d’approfondir le sujet vient à propos, puisque l’an nouveau approche et que traditionnellement, nous prenons des nouvelles résolutions. En connaissant les effets pervers de la procrastination, nous comprenons mieux les raisons de l’échec de celles faites l’année qui se termine. Cette tendance s’immisce aussi bien dans notre vie ordinaire que dans notre vie spirituelle. Si dans le premier cas elle aura des implications et des conséquences ordinaires, dans le deuxième cas elle va fortement porter préjudice à notre capital karmique avec toutes ses répercussions.  Bien que de prime abord elle nous fait penser à un soulagement libérateur elle nous enferme dans un cercle vicieux, elle peut aussi dans le pire des cas nous pousser au burnout. Elle nous fait penser tout le temps à ce que nous devrions faire sans s’y résoudre à le faire.

Pourquoi cela ? Chaque fois que nous avons l’intention de faire une action et que nous repoussons l’échéance, c’est pour céder sa place à quelque chose de plus attractif, de plus distrayant. Ce faisant, l’aspect rébarbatif de la tâche est momentanément remplacé par autre chose de plus agréable. Procédant ainsi répétitivement, l’intérêt premier de la tâche à faire perd de son actualité pour finalement tomber dans l’oubli. Pour illustrer cela, prenons un exemple. Vous avez une chose importante à faire, mais à cet instant vous pensez, par paresse ou autre prétexte, ne pas avoir l’inspiration appropriée. Pour ne pas rester sans rien faire, il vous est très facile de trouver une tâche plus ludique et attractive de ce qui devrait être fait. En conséquence, ce qui devrait être fait passe au second plan, puis plus tard au troisième plan pour se retrouver très loin de vos préoccupations.

Ce que vous venez de lire ne vaut pas seulement pour la vie ordinaire mais également valable pour la vie spirituelle. N’oublions pas que tout est création de l’esprit que ce soit des choses ordinaires de tous les jours ou que ce soit tout ce qui concerne notre vie spirituelle. Il en va ainsi pour nous engager dans une pratique de méditation et ne pas tomber dans le piège comme par exemple : “Cette semaine je n’ai guère le temps de méditer, mais c’est promis je m’y mets la semaine prochaine”. Alors au moment de prendre de bonnes résolutions pour l’année à venir, mettons aussi celle de ne pas céder à la procrastination sans vouloir faire de l’excès de zèle, comme Léo Campion, je cite : ” Il ne faut jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire le surlendemain ; sinon on serait un jour en avance”.

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À quoi reconnaît-on une perturbation mentale ?

Nous sommes nombreux à subir un continuum de situations plus ou moins désagréables dans la multitude d’expériences quotidiennes de notre vie. Et, par ignorance, inlassablement nous mettons toute notre énergie à trouver la cause de tels événements. Par habitude, nous recherchons la cause de nos désagréments, de nos échecs, de nos vicissitudes, finalement de notre souffrance dans le monde qui nous entoure. Qui n’a pas une fois incriminé son supérieur, son conjoint, son collègue d’être responsable de ses divers tourments ? D’une manière générale, nous avons une tendance innée à rechercher “le coupable” à l’extérieur de notre esprit dans les personnes et les objets qui nous entourent.

Dans ses enseignements des “Quatre Nobles Vérités”, Bouddha nous apprend que la cause de notre souffrance n’est pas extérieure mais intérieure. La cause se trouve au niveau de notre esprit dont le fonctionnement est contaminé par des perturbation mentales. Pour remédier à cette malheureuse situation, nous serons bien inspirés de reconnaître ces perturbations mentales et de les neutraliser afin de reconstruire la paix intérieure de notre esprit. Mais qu’est-ce au juste qu’une perturbation ? Dans son livre “Comment comprendre l’esprit”, G.K. Gyatso nous livre sa définition, je cite : “Une perturbation mentale est, par définition, un facteur mental qui provient de la focalisation inappropriée et dont la fonction est de rendre l’esprit agité et incontrôlé”.

La seule et unique fonction d’une perturbation mentale est donc de nous faire souffrir. Pour reconnaître à coup sûr si nous avons une perturbation mentale ou pas, il nous suffit de savoir si notre esprit est agité et incontrôlé, autrement dit de savoir si nous sommes bien ou pas à un moment donné. La focalisation inappropriée sur les objets de nos perturbations mentales se fait à travers nos portes sensorielles, l’œil, l’oreille, le nez, la langue, le corps. Simultanément le facteur mental discrimination appréhende ce qui différentie l’objet particulier de la perturbation mentale des autres objets, nous permettant de le reconnaître et de maintenir l’activité de celle-ci. Une mauvaise focalisation associée à une discrimination insuffisante entretient la confusion dans notre esprit qui lui donne alors son assentiment.

Pour remédier à cette pénible situation, nous devons impérativement contrôler l’accès à nos portes sensorielles. La qualité de notre esprit dépend des états d’esprit qui l’accompagnent. Les états d’esprit négatifs notamment sont causés par les perturbations mentales et non par les objets et les conditions extérieures. Ce que nous croyons être perçu à l’extérieur n’est qu’une image générique, une illusion dans notre esprit. Comment pouvons-nous être tributaires d’une illusion ? Simplement par ignorance, l’ignorance de saisie d’un soi qui nous fait croire que les phénomènes et les objets existent indépendamment de notre esprit, de leur propre côté ou de manière intrinsèque. Les perturbations mentales nous induisent en erreur et nous font rechercher le bonheur au mauvais endroit.

Bien que nous développions les perturbations mentales dans notre esprit, nous avons besoin de connaître avec précision les états d’esprit résultants. Les états d’esprit perturbés sont la cause de toutes les actions négatives et la source de toutes les souffrances et de tous les dangers. En identifiant puis en éliminant nos perturbations mentales nous pouvons résoudre tous nos problèmes.

D’après un enseignement sur le thème “Se guérir du passé” avec Kelsang Jigkyob au IRC de Kailas en 2014 et de mes notes personnelles

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Réflexion sur la souffrance changeante

Cette souffrance mérite d’être contemplée pour en comprendre la signification profonde. La souffrance qui résulte de nos problèmes quotidiens provient essentiellement du fait que nous cherchons la satisfaction dans les plaisirs du samsara. Or, les plaisirs du samsara ne peuvent nous procurer que de l’insatisfaction. Bouddha nous enseigne que la nature même du samsara est souffrance. En ce sens, les plaisirs de ce monde se conforment aux règles de l’impermanence. Initialement peut-être ils nous gratifient d’un bonheur éphémère, En recherchant le bonheur dans des plaisirs aussi limités, il ne tardera pas à se transformer en souffrance.

Ce bonheur éphémère n’est autre que ce que Bouddha appelle la souffrance changeante. Le bonheur que nous ressentons habituellement lorsque nous bénéficions de conditions propices ne n’est pas un véritable bonheur mais une souffrance changeante, c’est-à-dire un soulagement temporaire de notre souffrance précédente. Nous pouvons mieux comprendre ce fonctionnement en considérant les objets d’addiction tels que l’alcool, la cigarette, la drogue, le sexe et ainsi de suite. L’expérience initiale de bonheur reste le plus souvent insatisfaisante et nous incite à recommencer tout en créant une assuétude perfide.

Notre expérience de souffrance changeante s’éternise aussi longtemps que nous ignorons qu’il existe autre chose. Cette accoutumance nous est néfaste car elle nous soustrait à l’idée qu’un vrai bonheur existe. souf-chang-01Nous devons pouvoir distinguer une véritable cause de bonheur d’une souffrance changeante. Cette distinction nous est donnée par Aryadéva dans le Traité en quatre cents versets qui dit, je cite : “Bien que nous puissions voir que l’augmentation de bonheur est détruite par sa cause, il ne peut jamais être observé que l’augmentation de la souffrance est détruite par sa cause”. Plus simplement, en augmentant la cause de notre bonheur de ce monde, celui-ci se transformera en souffrance. Mais jamais l’augmentation de la cause d’une souffrance ne transformera celle-ci en bonheur.

Il est correct d’avoir de l’insatisfaction avec ce que nous propose le samsara. Dans le monde extérieur nous ne trouverons jamais de quoi nous satisfaire en matière de bonheur durable. En réalisant que c’est notre esprit qui est le créateur de tout, si nous purifions notre esprit nous pouvons tirer plaisir de tout sans faire l’expérience d’une souf-chang-02souffrance changeante. Les objets extérieurs, de leur propre côté ne peuvent faire quoi que ce soit pour nous procurer du bonheur ou de la souffrance, puisqu’ils n’ont pas d’existence intrinsèque. Alors, nous établissons une relation différente avec les objets et pouvons prendre plaisir de l’état d’esprit résultant. Et du moment que notre esprit perturbé construit un objet contaminé, celui-ci est une vraie souffrance même si apparemment c’est un objet de plaisir.

Alors, quelles sont ces véritables causes de bonheur que nous avons tant de peine à trouver ? S’il ne nous reste pas d’autre alternative, il peut paraître normal de nous investir dans l’obtention d’objets samsariques. Par contre, s’il existe quelque chose qui est une vraie cause de bonheur, nous réalisons le gaspillage de notre temps à s’obstiner dans le samsara. Les vraies causes de bonheur ne sont pas à rechercher dans les choses extérieures mais intérieures dans notre esprit. Pour cela nous pouvons examiner nos perturbations mentales telles que la colère, la jalousie, l’attachement et ainsi de suite. Plus ces perturbations mentales se développent dans notre esprit et plus nous souffrons. Mais finalement, qu’est-ce qui peut nous apporter le vrai bonheur : l’amour, la compassion, la réalisation de notre précieuse vie humaine, etc.

Inspiré d’un enseignement tiré du livre “La Voie Joyeuse” reçu au Centre Atisha de Genève en 2005 ainsi que de mes notes personnelles.

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Ne pas réussir à satisfaire nos désirs

Dans le livre “La Voie Joyeuse” de G.K. Gyatso, une courte histoire à la page 152 illustre cet article en introduction, je cite : “Un jour Aryadéva et Ashvagossa s’apprêtaient à débattre. Ashvagossa était sur le pas de la porte, un pied à l’intérieur et l’autre à l’extérieur. Pour tester la sagesse d’Aryadéva, il lui demanda : “Est-ce que je sors ou est-ce que j’entre ?” Aryadéva lui répondit : “Cela dépend de ton intention. Si tu veux sortir, tu sortiras. Si tu veux entrer, tu entreras” …”. L’intention est en quelque sorte le mécanisme qui oriente nos actions afin de satisfaire nos désirs. L’intention est par définition un facteur mental dont la fonction est de centrer son esprit principal sur un objet.

De cette manière, nous recherchons la satisfaction de tous nos désirs dans les objets samsariques qui sont par nature trompeurs. Simultanément, l’attachement désirant nous incite constamment à nous approprier ces objets, prétextant que ceux-ci nous rendront heureux en satisfaisant tous nos désirs. Ainsi, en succombant à la tentation de manger du chocolat, nous pensons que cela va juguler notre envie de chocolat. Le désir de chocolat disparaîtra effectivement mais juste momentanément, jusqu’à la prochaine crise d’envie de chocolat. C’est en fait comme boire de l’eau salée pour tenter d’étancher notre soif. Plus nous en buvons et plus nous avons soif !

Naturellement, pensant qu’assouvir notre envie de chocolat va faire disparaître notre désir de chocolat, en réalité ce sera juste le contraire. Car plus nous succombons à nos désirs et plus ceux-ci augmentent jusqu’à devenir parfois une obsession. Mais pourquoi fonctionnons-nous ainsi ? Le désir naît du moment que nous ressentons une sensation de manque résultant d’un état d’esprit perturbé par diverses pensées négatives de tristesse, d’insécurité, d’ennui ou bien d’autres encore. Notre ignorance de saisie d’un soi nous fait croire que les objets que nous percevons à l’extérieur de notre esprit sont susceptibles de satisfaire nos désirs et nous rendre heureux.

Si, après avoir obtenu l’objet de notre désir sans traiter notre état d’esprit de manque, ce dernier va automatiquement générer un besoin du même objet désiré ou d’un autre différent du premier. Combler un désir ne sert strictement à rien aussi longtemps que nous ne traitons pas la cause de notre insatisfaction. Ceci même si momentanément nous pensons posséder tous les objets de désirs de notre esprit perturbé. Pour illustrer cela, prenons l’exemple d’un homme très riche. Grâce à son argent, cet homme peut obtenir tous les objets de désir imaginables. Toujours insatisfait, il continue encore sa quête de nouveaux objets.

Logiquement, si nous sommes satisfaits d’un certain objet de désir, nous ne devrions plus avoir de désir pour ce même objet. En réalité, soit notre satisfaction s’étiole, soit l’objet ne répond plus à notre manque, mais dans tous les cas la situation est impermanente. Aussi longtemps que nous sommes l’otage de notre esprit de manque, même en possédant actuellement tous les objets désirés, il s’en trouvera de nouveaux pour réveiller le démon du désir dans notre esprit et nous ne serons jamais satisfaits. Pour remédier à cette souffrance récurrente nous devons pratiquer un total esprit de contentement.

Inspiré d’un enseignement tiré du livre “La Voie Joyeuse” reçu au Centre Atisha de Genève en 2005 ainsi que de mes notes personnelles.

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Larguer les amarres

Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir l’intention d’entreprendre quelque chose et d’éprouver le sentiment que quoi que vous fassiez tout se met en travers de votre chemin pour aboutir à la réalisation de la chose en question. Alors, contrarié et frustré, vous cherchez toutes sortes d’arguments qui justifient cet échec et vous en souffrez. Habituellement, nous attribuons les circonstances causales de nos expériences à des éléments extérieurs tels que les gens, le ou la partenaire, le milieu du travail, la société et ainsi de suite. Ces investigations sont le résultat d’un esprit perturbé par la préoccupation du soi et l’ignorance.

Bouddha nous enseigne que chaque intention manifestée dans notre esprit se traduit dans une action. Selon la nature de notre intention, l’action subséquente va laisser une empreinte karmique sur notre esprit qui sera bénéfique ou malheureuse. De cette empreinte karmique, un ou plusieurs effets mûriront à l’avenir sur notre continuum mental. L’instinct créateur de notre esprit est à l’origine de toutes nos pensées et donc naturellement de chacune de nos intentions. Ainsi, à un moment donné, notre intention de faire une action bien précise rencontrera dans notre esprit un contexte karmique qui lui sera favorable ou défavorable.

Plus précisément, lorsque notre intention première n’aboutit pas, que se passe-t-il dans notre esprit ? Tout dépendra de notre état d’esprit plein d’embuches. Il se peut qu’à ce moment précis les effets karmiques qui mûrissent sont un obstacle à la réalisation de notre intention. Des intentions contraires prédominent et sabotent notre bon vouloir. En méditant sur la situation, nous pouvons alors nous poser par exemple la question : « Qu’est-ce qui m’empêche de concrétiser mon intention ? » ou encore : « Qu’est-ce que dois-je faire au préalable pour avancer vers l’objectif de mon intention ? »

Cette réflexion nous amènera à comprendre ce qui est à entreprendre pour que notre intention de départ se concrétise dans l’action souhaitée. Les vraies raisons alors dissimulées dans le tissu de notre esprit apparaîtront. Puis avec patience et détermination, il suffira de focaliser notre esprit sur tout ce qui contrarie la réalisation de notre intention et d’entreprendre ce qui est nécessaire pour larguer les amarres de tout ce qui nous attache en ce moment à notre situation même inconfortable.

Inspiré d’un enseignement du Programme fondamental reçu au Centre Atisha à Genéve en2014

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