Archives de la Catégorie : 5.1 Pensées

Moins de peurs, plus de protection

Pour la rentrée académique des cours au Centre Dromtönpa de Fribourg, j’ai eu la chance de recevoir un enseignement très précieux de Kadam Hélène Oester. Son contenu est tellement utile à quiconque se tourne vers la voie spirituelle que je voudrais avec plaisir en partager l’essentiel avec mes lectrices et lecteurs. Ce thème était : Moins de peurs, plus de protection.

Nous savons tous ce que signifie avoir peur. Plus précisément, il s’agit d’une forme de souffrance. Nous avons tous peur de souffrir parce que c’est quelque chose de désagréable, parfois difficile à vivre et à supporter. Ces peurs se manifestent en nous de différentes manières. Elles se produisent de temps en temps, de façon régulière ou très souvent selon les conditions que nous vivons. Certaines peurs sont récurrentes, d’autres sont indescriptibles ou diffusent et sans raison profonde de nous affecter. Il y a des peurs qui nous sont bien connues, du moins intellectuellement comme la peur de mourir ou qui sont hélas une réalité comme la peur de perdre un être cher. Ou encore pour beaucoup de personnes la peur de la solitude, du chômage. Les peurs peuvent prendre une multitude de forme et chacun peut dresser une liste substantielle de ses propres peurs.

PeurProt-01Lorsque les circonstances engendrent la peur dans notre esprit, immédiatement nous avons le désir de devoir nous protéger contre ce qui pourrait arriver. De nombreuses situations de la vie de tous les jours illustrent bien cette réaction légitime. Par exemple, avec la maladie. Si nous « tombons malade » comme nous disons couramment, nous cherchons à nous protéger des conséquences de la maladie en consultant un médecin. Lequel nous donnera de bons conseils et si nécessaire des médicaments, voire d’envisager une hospitalisation. Si nous avons confiance en lui, naturellement nous allons suivre scrupuleusement ses instructions pour peut-être guérir rapidement. Ou encore, dans le monde actuel d’insécurité et de violence qui est notre quotidien, si nous sommes sérieusement agressés nous appelons la police afin de recevoir sa protection.

La plupart du temps nous arrivons relativement bien à nous protéger en prenant les mesures adéquates. Mais au fond de nous, nous savons que nous n’arriverons pas à éviter toutes les peurs possibles que nous rencontrerons et que nous n’arriverons jamais à nous protéger en toute circonstance. C’est une vue réaliste de notre vie, car nous ne pouvons garantir de ne pas tomber malade, malgré toutes nos précautions de perdre un être cher. Finalement nous ne pouvons éviter la mort. Si nous pouvons nous guérir d’une maladie ou de plusieurs maladies nous ne pouvons pas nous guérir de toutes les maladies, des maladies incurables. En conclusion, nous ne trouvons pas dans des moyens extérieurs une protection totale et indéfectible de notre intégrité dans la vie. Il est alors très important de nous rendre compte que : « Je ne peux pas me protéger de toutes les souffrances en utilisant des moyens extérieurs ».

La question qui se pose maintenant est de savoir pourquoi ce n’est pas possible? Pourquoi ne pouvons-nous pas nous protéger efficacement et consciemment des dangers, des difficultés et des problèmes dans notre vie. Bouddha nous donne la réponse dans ses enseignements. C’est parce que nous avons une vie impure. En d’autres termes, notre corps et notre esprit ne sont pas purs. Ils sont impurs parce qu’ils sont la conséquence de notre ignorance de saisie d’un soi. Cette ignorance qui ne comprend pas très bien comment tous les objets et les phénomènes existent réellement. Nous en avons certes une idée, mais elle n’est pas très claire et suffisante. De plus, cette saisie d’un soi nous crispe sur un MOI, un JE qui à son tour génère une préoccupation de soi. Celle-ci inconsciemment nous fait croire que nous sommes suprêmement important et que nous sommes le centre du monde.

PeurProt-02Tout ce que nous pensons et faisons, la manière dont nous réagissons part de notre MOI, de notre JE. Et si chacun d’entre-nous réagit de cette manière, nous sommes naturellement prédestinés à avoir des conflits. Delà viennent tous nos problèmes et toute notre souffrance. Si au lieu de l’ignorance nous pouvions cultiver la sagesse, nous n’aurions plus de haine, de jalousie et ainsi de suite. À la place, nous aurions l’amour pour les autres, la compassion, la patience et la sagesse qui comprend les choses et les autres personnes. Mais aussi longtemps que nous sommes dans le samsara, nos peurs, nos problèmes et nos souffrances perdureront. Étant satisfaits uniquement de joies et de bonheurs impurs, nous ne pourrons jamais vraiment nous débarrasser de la peur et de la souffrance résultante de nos problèmes. Ce sont des choses que nous connaissons bien.

PeurProt-03Bouddha nous propose la solution pour atteindre  cette paix mentale et cette libération de la souffrance. Dans son livre « Transformez votre vie », Guéshé Kelsang Gyatso nous dit, je cite : « Nous devons créer des actions vertueuses ou positives parce qu’elles sont la base pour notre bonheur futur, nous devons abandonner les actions non vertueuses ou négatives parce qu’elles sont la base pour notre souffrance future et nous devons contrôler nos perturbations mentales parce qu’elles sont la cause des renaissances impures ». Sur la base de ces trois choses et selon notre motivation nous pouvons commencer à construire cette protection intérieure qui nous manque, si nous voulons nous libérer à 100% de toute souffrance. Cette protection intérieure consiste à prendre refuge dans les trois précieux joyaux qui sont Bouddha, le dharma et la sangha. Ils sont qualifiés de précieux parce qu’ils exaucent nos souhaits de libération de la souffrance au sens le plus profond.

Enseignement donné au Centre St Ursule à Fribourg, par Kadam Hélène Oester, le samedi 13 septembre 2014
Publicités

Tous les phénomènes sont comme des rêves.

Dans ses enseignements Bouddha aborde un thème subtil et difficile, celui de la vacuité. C’est un sujet profond et important que tout un chacun aborde à un moment dans son cheminement spirituel vers l’illumination. Il y a deux semaines, l’enseignante bouddhiste Hélène Oester du Centre Dromtönpa de Bern s’adressait à un auditoire de néophytes. Je voudrais partager avec vous, lectrices et lecteurs, quelques points essentiels de son enseignement.
Pourquoi est-ce difficile et profond? Parce que c’est quelque chose qui nous prend à rebrousse-poil, qui va à l’encontre de notre façon habituelle de penser et qui ébranle nos certitudes. Parce que c’est en contradiction avec la manière dont nous pensons que les choses sont, que nous affirmons : « Ce n’est pas possible! », « Pourtant je suis sûr que c’est comme cela! ». Le thème de la vacuité est absolument essentiel. Nous devons par conséquent être patient et prendre le temps pour le comprendre et le mettre en pratique. Mais si nous gardons un esprit ouvert, il y aura tôt ou tard, toujours quelque chose qui va nous toucher et nous permettre de mieux comprendre. Alors, comme un jardinier, nous prenons soin des graines semées dans notre esprit et attendons qu’elles mûrissent.

Nous tous, dans notre vie quotidienne rencontrons des problèmes et des difficultés que nous voulons surmonter et résoudre. Pour cela, nous faisons beaucoup d’efforts qui nous apportent, temporairement du moins, un soulagement, un peu de répit. D’où vient notre incapacité à trouver une solution définitive à nos problèmes? C’est parce que nous ne travaillons pas vraiment la cause de notre souffrance, mais essayons par toutes sortes de moyens d’en supprimer les effets. Nous ne sommes pas vraiment en train de nous attaquer à la cause de notre colère, de débusquer les raisons de notre attachement et ainsi de suite. En fait, nous restons trop superficiels pour enrayer ces mécanismes. Couper les mauvaises herbes de notre jardin, même très près du sol, n’empêchera pas celles-ci de repousser. Livre-BM-01Il nous faut absolument les éradiquer complètement pour en être définitivement débarrassés. La couverture du livre de Guéshé Kelsang Gyatso, « Le Bouddhisme Moderne » représente un oiseau. Nous possédons généralement les qualités telles que l’amour, la compassion, la patience. Ces vertus sont représentées par une aile de l’oiseau. L’autre aile qui représente la sagesse dans notre vie nous manque le plus souvent. Dans ces conditions l’oiseau ne peut voler, de même nous ne pouvons prendre notre envol pour nous libérer des problèmes et de la souffrance.

Toutes les pratiques et les méditations qui découlent de l’amour, de la compassion, de la patience, de la prise et le don constituent ce qui s’appelle la méthode et est représentée par une des deux ailes. L’autre aile est justement la sagesse dont nous manquons si nous voulons progresser dans la voie spirituelle. Bouddha Shakyamouni a enseigné que chaque être vivant possède en lui la graine d’un bouddha. Ce qui veut dire que chacun d’entre-nous peut parvenir à la libération complète et ultime de la souffrance et de ses causes. Nous avons dans notre esprit racine une capacité, une force, un potentiel capable de nous libérer et de nous débarrasser définitivement de la source de toute souffrance provenant de notre manque de sagesse, de notre ignorance de saisie d’un soi. La sagesse est en quelque sorte le remède nous permettant de réaliser cet objectif. C’est pour cette raison que nous devons de manière sincère nous poser la question suivante : « Est-ce que je veux vraiment me débarrasser de mon ignorance et de toute la souffrance qui en découle? ». Parce ce que si nous n’arrivons pas à imaginer que cela soit possible, nous ne pouvons profiter du remède proposé par Bouddha. Tout se passe comme si nous apprécions les caractéristiques d’un délicieux chocolat sans véritablement le goûter et de penser qu’il est probablement excellent.

Nous avons la possibilité de développer cette sagesse qui réside en nous. Il s’agit de la sagesse qui comprend et réalise la vacuité. Nous pouvons nous familiariser avec cette notion de vacuité par la méditation avant d’utiliser cette sagesse qui comprend la vacuité dans notre vie de tous les jours. Rappelons que la vacuité, contrairement à l’idée reçue dans la vie courante, n’est pas « le rien », « le néant ». La vacuité telle que nous l’enseigne Bouddha est quelque chose de plus subtil et très différent. Nous devons absolument garder cette différence présente à notre esprit. Il faut éviter de tomber dans le piège de la simplicité ordinaire. La ligne de compréhension est très arc-en-cielfine et il est facile de s’en écarter. Guéshé Kelsang Gyatso défini la vacuité de la manière suivante, je cite : « La vacuité est la manière dont les choses existent réellement. C’est la manière dont les choses existent par opposition à la manière dont elles apparaissent ».

Nous croyons naturellement que les choses que nous voyons autour de nous, comme par exemple les objets existent vraiment parce que nous croyons qu’ils existent exactement de la même manière qu’ils nous apparaissent. Pour nous tous, toutes les choses apparaissent indépendamment de notre esprit. Tout se passe comme si les objets étaient toujours là pour qu’ils puissent apparaître à notre esprit. Comme si les choses étaient posées devant nous pour que nous puissions les rencontrer. Cette façon de percevoir les choses est en contradiction avec ce que Bouddha nous dit : « Les choses n’existent pas vraiment comme elles nous apparaissent ». Lorsque nous aurons réalisé et compris la vacuité, les choses continueront de nous apparaître de cette façon, mais nous ne tomberons plus dans le piège de l’ignorance de saisie d’un soi. Nous saurons alors que les choses sont semblables à une illusion, semblables à un rêve. Si nous arrivons à nous rappeler que les choses apparaissent d’une certaine manière qui ne correspond pas à la manière dont elles existent, nous amène à moins vouloir s’attacher aux choses. Ce faisant nous obtenons un instant de liberté intérieure nous permettant de dissiper notre attachement désirant et notre ignorance. Avec ces petits instants de liberté intérieure nous renforçons notre compréhension de comment les choses sont vraiment.

Extraits compilés d’après l’enseignement de Kadam Hélène Oester, du Centre bouddhiste Dromtönpa de Bern donné à Fribourg.

Ma retraite

Herouka

Durant le mois de janvier 2014. je serai en retraite chez moi. De ce fait mon activité sur ce blog sera momentanément réduite. Cependant, je me réjouis de vous retrouver au mois de février 2014. Que les bienfaits du mérite accumulé durant ma retraite puisse rejaillir dans la vie de toutes mes lectrices et tous mes lecteurs durant cette année dans le Saint Dharma.

Merci de votre fidélité et de votre compréhension. À bientôt.

À toutes mes lectrices et tous mes lecteurs

Paysage-lumiere-01

Traditionnellement cette période de fin d’année est propice au partage. Partage de notre temps avec notre famille, avec nos amis proches ou lointains mais aussi l’occasion de faire grandir notre compassion pour ceux qui sont seuls ou pour qui c’est plus difficile.

Nous sommes tous, sans exception, sur un chemin plein d’espoir. Espoir de trouver les réponses à nos errements dans le samsara afin de pouvoir bientôt s’en libérer.

Du fond de notre cœur, en laissant la lumière de l’amour briller dans toutes les directions, puisse celle-ci nous rapprocher, nous consoler dans la peine et nous encourager à poursuivre ce chemin de vie du mieux que nous pouvons.

Telle une étoile dans le ciel de notre esprit, puisse la lumière de Bouddha nous guider vers la libération définitive du cycle de nos infortunes.

Vous toutes et tous qui occasionnellement ou régulièrement m’accompagnez sur les lignes de ce modeste blog trouvez ici l’expression de ma gratitude et de mes remerciements . Par vos nombreuses visites vous m’avez confirmé votre intérêt pour les enseignements de Bouddha. Puissent-ils vous éclairer dans votre quotidien comme ils m’éclairent également jour après jour. Avec tous mes vœux de bonnes Fêtes et bonne Année 2014.

Apprendre à gérer le stress

Le stress est un mal de société moderne qui concerne beaucoup de gens. Souvent abordé dans les medias sous ses aspects psychologiques et neurologiques, il est rarement abordé sous l’aspect spirituel. Samedi dernier, j’ai eu l’occasion de recevoir un enseignement sur le stress d’une perspective bouddhiste, par Kadam Hélène Oester  du Centre Dromtönpa de Bern. Ce précieux enseignement présente le stress et comment y faire face d’une manière différente et intéressante dont je voudrais partager ma compréhension avec vous mes lecteurs.

Stress-01Si d’un certain point de vue le stress possède un aspect positif, parce qu’il nous stimule dans l’aboutissement de nos objectifs, il reste surtout négatif, parce que source de beaucoup de problèmes et de souffrances. Il suffit pour en rendre compte d’écouter les réflexions du commun des mortels que nous sommes : « Il me stresse! », « Mon patron me stresse ! », « Le travail me stresse en ce moment! », « Je me sens stressé par ma situation », etc. Si l’aspect positif du stress peut temporairement nous aider, parce qu’il peut augmenter notre capacité d’obtenir le résultat escompté, nous ne devons pas en abuser. À trop vouloir bien faire avec cette adrénaline nous finirons par l’épuisement de notre énergie. Arrivés à ce stade nous sommes dépourvus de force et de vigueur et nous disons : « Je n’en peux plus! », « Je ne sais plus quoi faire », « Je ne sais plus où j’en suis! ». En faisant trop et trop longtemps cela peut même se terminer par un burnout.

Il n’y a pas de recette miracle pour enrayer le stress. Faire une liste de toutes les situations qui génèrent du stress est impossible. Néanmoins les quelques indications ci-dessous peuvent nous donner des pistes pour identifier les sentiments et les perceptions révélatrices du stress en nous.

  • Avoir un sentiment d’être sous pression, d’être contraint à faire quelque chose, d’être pressé ou accablé par des conditions difficiles.
  • Avoir un sentiment d’agitation intérieure et de perdre son calme.
  • Avoir le sentiment de perdre le contrôle et d’être une machine qui ne peut plus s’arrêter-
  • Avoir un sentiment d’être submergé parce que tout nous semble trop difficile et que les tâches les plus simples prennent une dimension disproportionnée.
  • Tout en déclinant une aide, nous pensons continuellement à tout ce que nous devons faire et que nous n’avons pas encore fait.
  • Avoir le sentiment d’être épuisé, de manquer de concentration
  • Les situations stressantes perturbent notre sommeil et même dans nos rêves
  • Etc.

Remarquons dans les exemples ci-dessus qu’il s’agit systématiquement d’une perception de notre esprit. Pourtant nous sommes le plus souvent persuadés de l’existence de quelque chose ou quelqu’un à l’extérieur de nous qui nous stresse. Plutôt que de nous limiter à une compréhension intellectuelle nous devons vraiment voir ce qui nous affecte sentimentalement.  Nous devons investiguer sur ce que nous ressentons pour savoir où nous en sommes dans notre vie. Alors d’où vient ce sentiment de stress? Provient-il de notre travail, de notre chef ou de notre partenaire? Est-ce la situation familiale ou encore la société moderne qui nous stresse? En réponse à cela les enseignements de Bouddha sont on peut plus clairs. Si toutes les situations mentionnées sont des causes circonstancielles qui peuvent induire un état de stress, la vraie cause substantielle de notre stress se situe dans notre esprit. La raison de notre bonheur, de notre souffrance tout comme la raison de notre stress se trouve dans notre esprit. Nous devons donc changer notre vision des choses : La racine du stress se situe à l’intérieur de notre esprit et non dans les conditions extérieures. Contrairement aux idées reçues, ne perdons pas de vue que les possibilités de faire quelque chose existent vraiment. Nous avons la possibilité de nous libérer de ces circonstances, même difficiles, par un travail visant à changer notre état d’esprit, c’est le but à atteindre. Cessons de croire que ce sont le travail, le ou la partenaire, le chef, etc. qui nous stressent. Ce ne sont que des circonstances externes projetées par notre esprit qui entretiennent notre état de stress.

Stress-02D’une manière générale nos actions prennent naissance par une intention dans notre esprit. Une action ne peut se concrétiser sans qu’il y ait une intention préalable. Toutes nos actions mentales, verbales ou physiques sont le résultat d’une intention. Ainsi notre mode de pensée et nos habitudes peuvent dans certaines cas être à l’origine de notre stress lorsque notre esprit est préoccupé par :

  • Se contraindre à faire quelque-chose
  • Avoir de très hautes exigences envers soi-même et les autres, que ce soit dans le travail ou la vie
  • La perfection devient un trouble obsessionnel compulsif
  • Croire que le succès s’obtient en travaillant durement
  • Croire que la fuite dans le travail est la seule issue à nos problèmes.
  • Etc.

Malgré notre quête incessante de la perfection à l’extérieur nous ne pourrons jamais être parfaits tant que nous ne changeons pas quelque chose à l’intérieur de notre esprit. Et nous ne changerons pas les conditions extérieures aussi longtemps que nous ne changerons pas notre état d’esprit. Du point de vue bouddhiste, seul Bouddha est parfait parce que complètement libéré de toutes les obstructions qui empêchent d’atteindre la perfection. C’est pourquoi, nous devons nous aussi cultiver des qualités d’amour, de sagesse, de force, de joie avec patience pour espérer un jour lui ressembler. Si nous possédons ces qualités intérieures, toutes nos tâches extérieures se feront d’autant plus facilement.

Stress-04Comment pourrions-nous changer la situation intérieure de notre esprit? Bien que parfois une situation extérieure soit également nécessaire, celle-ci est rendue possible dès l’instant où nous entreprenons un changement intérieur. Ce changement passe par la pratique de la méditation. En pratiquant par exemple une méditation sur la respiration chaque jour 5 à 10 minutes ou une méditation sur notre précieuse vie humaine, nous nous couperons de cette pression et de ce sentiment et nous prendrons l’ascendant sur notre stress. (Pour ceux que cela intéresse, vous trouverez une explication détaillée de ces deux méditations dans le livre de Ghéshé Kelsang Gyatso, « Le nouveau manuel de méditation » aux Editions Tharpa). Immergés dans le travail et les difficultés nous oublions cette chance, cette possibilité de travailler notre esprit, de nous aider nous-mêmes à être heureux. Dans ce sens notre vie humaine est pleine de sens. Habituellement, nos préoccupations sont dirigées vers nos activités ordinaires, notre travail, nos amis, nos problèmes et ainsi de suite. Et l’idée de reconnaître la chance que nous avons d’être un homme, une femme n’est de fait pas dans nos habitudes mentales. Si vraiment nous réalisons la valeur de notre vie humaine, alors nous pouvons entrevoir la possibilité de changer notre point de vue sur notre travail, nos problèmes et ainsi de suite. Les enseignements de Bouddha nous ouvrent  à de nouvelles structures, de nouveaux modes de pensée qui, progressivement nous donnent le moyen de supprimer le stress de notre esprit.

Enseignement donné le samedi 12 octobre 2013, dans le cadre du programme du Centre Atisha de Fribourg par Kadam Hélène Oester, enseignante du Centre Dromtönpa de Berne

Que se cache-t-il derrière le sourire de Bouddha

Nous avons tous observé des images, des tankas ou des statues de Bouddha et nous l’avons fait de diverses manières selon notre état d’esprit du moment. Samedi dernier, j’ai eu l’occasion d’assister à un enseignement qui nous a fait découvrir le sourire de Bouddha et que je partage avec vous.

Sourire-01Observer le sourire de Bouddha est comme regarder dans un kaléidoscope. Derrière ce regard il y a toutes les qualités de Bouddha. Son sourire est l’expression de ses nombreuses qualités. C’est l’expression de son bien-être mental. Un bien-être mental que nous ne pourrons jamais expliquer avec des paroles. Nous pouvons tout au plus faire des comparaisons, de donner des exemples qui reflètent les expériences même de l’esprit de Bouddha. C’est un état d’expérience que nous pouvons à peine décrire tant il est vaste. Néanmoins nous pouvons tenter de comprendre certaines de ses qualités qui apparaissent comme très importantes.

  • Le sourire de Bouddha est l’expression de sa tranquillité et de sa paix profonde. Vous pouvez vous imaginer une paix profonde qui ne s’arrête jamais, qui n’a pas de commencement et pas de fin. Une tranquillité qui n’est jamais bouleversée par le mécontentement, le stress, les soucis. C’est une paix intérieure semblable à un immense océan tranquille, limpide et clair.
  • Le sourire de Bouddha est l’expression de son calme. Un esprit calme qui n’a plus besoin de réagir aux choses extérieures. C’est l’expression de son imperturbabilité, parce c’est un esprit qui est capable de laisser les choses comme elles sont, sans vouloir les changer.
  • Le sourire de Bouddha est l’expression de sa certitude. Cette certitude qui n’a pas de doutes, pas de peurs. Un esprit qui peut agir de manière juste et sans hésitations. Cette certitude intérieure qui agit spontanément.
  • Le sourire de Bouddha est l’expression d’un amour infini et d’une compassion universelle. L’amour infini et la compassion universelle de Bouddha sont comme un soleil qui rayonne de manière égale dans toutes les directions, sans faire de distinctions quant aux bénéficiaires de ses rayons. Toutes les qualités d’un bouddha sont spontanées, sans effort.
  • Le sourire de Bouddha est l’expression de sa sagesse. L’esprit de Bouddha n’est pas séparé de la vacuité. Tout ce que voit un bouddha est dans la nature de la vacuité. Il nous dit notamment : « Les choses qui nous apparaissent ne sont pas comme elles existent véritablement, ce n’est pas la réalité ». Bouddha voit les choses comme elles existent grâce à sa réalisation de la vacuité. La sagesse de Bouddha comprend le karma, la loi de cause à effet.

Ces quelques aspects révélés de manière très subtile ont fait que chaque fois que je regarde une représentation de Bouddha, derrière son expression souriante je me rappelle de ses innombrables qualités. Il a dit aussi : « Ce que j’ai fait, chacun d’entrevous peut le faire également ». Puissiez-vous en faire de même.

Enseignement donné le samedi 14 septembre 2013, dans le cadre du programme du Centre Atisha de Fribourg par Kadam Hélène Oester, enseignante du Centre Dromtönpa de Berne