Archives de la Catégorie : 1.1 Expériences vécues

Ce qui m’est arrivé

Un chat noir croise mon chemin …

Chat noir 01… quel malheur !!! Vraiment? Voilà une affirmation souvent entendue dans mon entourage. C’est ce que me racontait un ami l’autre jour. Depuis, j’ai laissé mon esprit approfondir le sujet dans une perspective bouddhiste que je partage avec vous ci-après.

La fonction de l’esprit est de percevoir et de connaître les objets et les phénomènes. Ainsi lorsque je vois un chat noir traverser mon chemin, mon esprit impute le nom « chat noir » à ce qui est une base d’imputation valide pour ce que je perçois un félin de couleur noire. Jusque-là cela me paraît bien clair. Mais c’est lorsque j’attribue à ce chat noir la propriété « de me porter malheur » que cette analyse devient intéressante. Pourquoi ? Parce que ce chat noir n’a pas d’existence intrinsèque, il n’est qu’une simple création de mon esprit. Et en tant que telle il n’a pas de propres caractéristiques comme celle de porter malheur. C’est seulement sur la base d’une croyance populaire que je peux dire du chat noir qu’il porte malheur. Il s’agit là d’une affirmation subjective et arbitraire de ma part. Pourquoi? Parce que si cette affirmation était objective, cela voudrait dire que premièrement ce chat noir existe vraiment de la manière dont il m’apparaît et que deuxièmement il porte malheur. En d’autres termes, cela veut dire que ce chat noir posséderait de manière intrinsèque le don de porter malheur. De ce fait il devrait porter malheur à tous ceux qui se trouvent sur son chemin. Quel triste sort pour ce chat noir.

Chat noir 02 À ce qu’il paraît beaucoup de gens affirment avoir vécu un événement malheureux après avoir rencontré sur leur chemin un chat noir. S’agit-il du même chat ou existe-t-il plusieurs chats noirs qui portent malheur ? Est-ce que certains chats noir portent malheur et d’autres pas? Alors dans ce cas comment les distinguer les uns des autres? Un tel raisonnement est totalement erroné parce qu’il se base sur la perception d’un chat noir existant intrinsèquement. Le chat noir perçu par mon esprit provient d’un écho karmique qui se manifeste dans mon esprit. Celui- ci fait référence à une empreinte karmique laissée par mes actions passées, basée sur une croyance personnelle ou collective présente sur mon esprit. Cette croyance n’a aucune base valide parce que provenant de mon ignorance de saisie du soi.

Comment je comprends le fonctionnement de l’écho karmique. Le karma est la loi de causalité, c’est-à-dire que toute action produit un effet. Ainsi une action produite dans une vie antérieure a engendré la potentialité d’un effet, une empreinte karmique. Lorsqu’un écho karmique se manifeste dans mon esprit, il transforme immédiatement une potentialité correspondante en une expérience. Cette expérience, dont la nature sera tantôt une tendance similaire à la cause, tantôt une expérience similaire à la cause, me fera vivre une situation heureuse ou malheureuse. Dans le cas du chat noir, il s’agit d’une tendance similaire qui fait que chaque fois que je vois un chat noir, je lui impute la caractéristique de « me porter malheur » selon cette croyance erronée qui imprègne mon esprit. De plus, chaque fois que je rencontre la même situation, je renforce ma tendance à recréer une telle situation. Aussi longtemps que, par ignorance, je considère qu’un chat noir qui porte malheur existe vraiment en dehors de mon esprit, je resterai piégé dans ce processus. Mais en méditant sur la vacuité du chat noir qui porte malheur, j’ai la possibilité de casser ce cycle infernal et de cesser de voir partout des chats noirs qui portent malheur.

Donner c’est aussi recevoir

Donner est l’une des six perfections enseignées par Bouddha. Elle est appelée perfection lorsque cette action est motivée par notre bodhitchitta, notre intention d’atteindre la libération du samsara et l’illumination pour venir en aide à tous les êtres vivants. Par cette pratique nous pouvons accumuler une grande quantité de mérite qui nous permettra de réaliser cette intention. Comme l’explique de manière détaillée Vénérable Kelsang Gyatso dans son livre « La Voie Joyeuse » il existe trois types de don. Le don de choses matérielles, le don du dharma et le don de la non-peur. Le propos de cet article est de partager une vision du premier type, la perfection du don matériel, inspirée d’un événement personnel récent dans ma vie.

Donner-01Lorsque nous pensons à l’action de donner, il s’agit en premier lieu de donner des biens à une ou plusieurs personnes mais pas seulement. Ainsi, nous pouvons donner quelque chose à quelqu’un afin de lui apporter un peu de bonheur ou de réconfort ou encore pour l’aider à traverser une situation difficile. Mais nous pouvons également donner spontanément une partie de notre temps. Donner ne serait-ce qu’un instant de notre temps peut avoir une valeur inestimable pour celui qui se confie à nous dans un moment difficile. Je me souviens d’avoir lu un slogan très inspirant à ce propos : « Soyez à l’aise, j’ai tout votre temps! ». Parfois, une simple présence sans rien dire, auprès de quelqu’un qui souffre peut être d’un grand réconfort. Qui n’a pas une fois posé sa main sur l’épaule d’un ami en situation pénible pour l’encourager à rebondir ? Une écoute centrée sur la personne permet également à celle-ci de déposer sa détresse, son souci, sa souffrance. Le simple fait d’être entendue peut lui être d’un grand réconfort. Et si nous faisons de telles actions avec un esprit de bodhitchitta, cela devient une puissante pratique spirituelle. En fait l’action de donner peut prendre une multitude de formes.

Donner-02Donner ne peut se produire que si quelqu’un à qui donner existe sur notre chemin de vie. Et pour que donner soit possible il faut que ce quelqu’un accepte de recevoir. Plus précisément, nous donnons avec cette intention vertueuse et non pas pour se défaire d’un objet ou pour avoir de l’influence sur le receveur. Apprendre à recevoir est souvent plus difficile qu’apprendre à donner. Étrangement, accepter de recevoir demande un état d’esprit particulier, pourquoi? Voici quelques situations qui illustrent cette difficulté.

  • Nous pensons que nous sommes suffisamment nantis et que nous pouvons décliner la proposition.
  • Nous pensons qu’accepter de recevoir dévoile notre fragilité.
  • Nous pensons que nous ne sommes pas dignes de recevoir quoi que ce soit venant de qui que ce soit ou que nous n’en valons pas la peine.
  • Nous pensons que recevoir implique d’être par la suite redevable à celle ou celui qui donne.
  • Nous pensons que notre statut ne nous permet pas de recevoir, parce que nous sommes assez fort et autonome.
  • Nous surestimons notre capacité à surmonter les obstacles et refusons alors toute aide, en pensant : « Je me débrouille très bien tout seul! ».
  • Nous refusons de revenir sur une décision alors qu’une aide extérieure le permettrait.
  • Etc.

Donner-05Dans tous les cas cette attitude ne tient pas compte de l’intention de celui qui donne. Elle a un effet pervers comme nous l’explique la loi du karma. Rappelons que toute action produit un effet. Ici l’action de rejeter le don d’autrui crée un effet qui sera une tendance similaire à la cause de réitérer cette action plus souvent encore et finalement de se couper de toute aide quelle qu’elle soit. Elle peut aussi bien créer une expérience similaire à la cause, c’est-à-dire que notre générosité sera également refusée. Et finalement les effets collatéraux d’une telle action priveront le donateur de sa possibilité de pratiquer le don et nous privera de bienfaits de recevoir que nous n’imaginons même pas. Recevoir, c’est donner l’occasion à l’autre de pratiquer le don.

 Donner-04Grâce au mérite que j’ai accumulé en écrivant cet article, puissent celles et ceux qui m’ont appris à recevoir, en pratiquant la perfection du don, être libérés des souffrances du samsara et atteindre les terres pures des bouddhas.

Nous apprenons beaucoup de nos erreurs

Faute-01Qui n’a pas fait d’erreurs dans son existence? Personne ! Habituellement, lorsque nous faisons une erreur, nous tirons les conséquences immédiates de celles-ci en cherchant dans mesure du possible une issue honorable. Nous avons aussi parfois la tendance de minimiser nos erreurs les considérant comme bénignes ou bien nous développons une telle culpabilité que nous souffrons longuement. L’ignorance est aussi un facteur qui peut nous conduire à commettre des erreurs et nous cherchons avec maladresse à en réparer les conséquences. Nous avons également été confrontés peut-être à quelqu’un qui ne veut pas reconnaître une erreur commise. Certaines fois, nous avons le sentiment voir même la conviction d’être la victime d’une erreur. Tant de situations décrites qui nous compliquent la vie et celle de notre entourage et dont la manifestation ordinaire peut être connue sans difficulté.

Faute-03Qu’en est-il maintenant de nos erreurs sur le plan spirituel? il faut savoir qu’une erreur est une action et en tant que telle suit la loi de causalité ou karma. Tout comme une action engendre un effet , une erreur produira un impact sous la forme d’une empreinte, sorte de mémoire résultante, qui s’ensemence sur notre esprit. Tout se passe de la même manière qu’une graine de céréale. Un grain de blé a par nature la potentialité de mûrir. Tant que celui-ci est stocké dans de bonnes conditions il peut se conserver très longtemps. Mais si nous semons ces grains, avec des circonstances favorables ils mûriront bientôt. D’une manière semblable les erreurs commises auront plusieurs effets dont des effets qui sont des tendances similaires à la cause et des effets qui sont des expériences similaires à la cause.

Qu’en est-il de ces effets. Les tendances similaires à la cause sont le fait que nous allons répéter cette erreur encore et de manière compulsive. Cela devient comme une mauvaise habitude, dont nous relativisons l’importance, lorsque nous pensons : « Je sais que ce que je fais est mal, mais je ne le ferai plus une prochaine fois! ». En répétant l’erreur, nous créons une nouvelle potentialité ou empreinte sur notre esprit perpétuant ainsi le processus karmique. Les expériences similaires à la cause sont le fait d’inverser les rôles c’est-à-dire que nous allons subir les effets des erreurs commises dans le passé. Cela devient comme si au lieu d’être à l’origine de l’erreur nous en subissons les conséquences. Autrement dit au lieu de porter préjudice à autrui par notre erreur nous sommes celui à qui le préjudice est fait, lorsque par exemple nous sommes l’objet de manipulations.

Faute-02Ne rien faire de ses erreurs est plus grave encore que les erreurs elles-mêmes. Parce que nous manquons une opportunité d’éradiquer les causes potentielles de celles-ci qui se trouvent encore sur notre esprit. Certes bien souvent nous ne pouvons faire le rapprochement entre nos expériences malheureuses actuelles et leur cause précise. Mais nous pouvons par l’analyse et la méditation en comprendre leur essence et adopter dans notre vie les comportements et attitudes nécessaires pour éviter de répéter des erreurs de même nature. Notamment en réfléchissant à la nature des erreurs possibles qui nous amènent à faire une expérience spécifique. En comprenant les dangers karmiques de nos erreurs, nous allons naturellement les éviter. Pratiquement, lorsque nous vivons une expérience douloureuse ou inconfortable, nous pouvons dans ce cas faire une requête à notre guide spirituel intérieur, notre nature de bouddha. Mon bienveillant enseignant disait : « Puisse l’expérience de souffrances que je vis en ce moment être la cause profonde de purification de mon karma négatif qui est à l’origine de celle-ci ».

Vivre comme si le but visé était déjà atteint

Il y a une différence subtile entre s’efforcer d’obtenir un résultat et le voir, le sentir comme déjà réalisé. Dans l’espoir d’obtenir un résultat, nous orientons généralement toute notre attention et toute notre énergie sur la préparation des étapes successives à sa réalisation. Puis une fois la décision prise de passer à l’action, nous entreprenons un interminable voyage vers son accomplissement. Bien que nous puissions identifier des jalons et établir des objectifs intermédiaires pour nous rapprocher de notre but ultime, dans notre esprit nous sommes toujours engagé dans une démarche visant à réaliser un jour notre objectif, au lieu d’avoir le sentiment d’être précisément en train de le réaliser.

Bouddha nous explique que tout est création de l’esprit et que le monde que nous créons est celui auquel nous prêtons attention. Or dans ce contexte,  tant que notre attention créatrice est totalement absorbée dans la phase de préparation, l’objectif reste au second plan. En fait nous pensons plus à la manière d’obtenir le résultat qu’au résultat lui-même. Le risque de nous perdre dans le dédale des innombrables chemins pour atteindre notre objectif peut nous amener parfois à la réflexion : « Euh … Au fait c’est quoi déjà mon objectif? ».

But-03Mais pour atteindre notre objectif : contempler la cible ne suffit pas non plus, faut-il encore savoir guider la flèche. En d’autres termes, si nous portons toute notre attention sur la cible sans tenir compte de la position de la flèche il sera peu probable que nous atteignons celle-ci. De même si nous portons uniquement notre attention à la flèche sans le souci de l’endroit où se trouve la cible il nous sera difficile même impossible de l’atteindre. Notre attention tient compte à la fois de l’objectif et du moyen de le réaliser.

Du point de vue spirituel, cela revient à ce raisonnement. Si je ne fais que contempler le but à atteindre, ma libération du samsara pour atteindre l’illumination, sans entreprendre quoi que ce soit pour y parvenir, jamais je ne réaliserai mon objectif. Également, si je m’affaire continuellement à préparer minutieusement une liste exhaustive de tout ce que je dois faire pour me libérer, sans effectuer les étapes successives et pensant : « Un jour je le ferai », je resterai de manière certaine toujours dans la phase de me rapprocher du but sans jamais l’atteindre.

ToscaneJe me souviens d’une anecdote de ma jeunesse qui illustre bien la situation. Avec mes camarades nous faisions une marche d’une trentaine de kilomètres à travers la Toscane. Le pays était une succession de vallons et de collines. Nous connaissions notre destination mais chemin faisant il nous était impossible en regardant devant nous de voir celle-ci. Nous ne pouvions que repérer sur la carte le chemin à prendre pour y parvenir. En temps réel celui-ci paraissait interminable. Souvent nous nous posions la question : « Est-ce que c’est encore loin? ». Mais en fait le souci de savoir que nous étions sur le bon chemin était bien plus important que de savoir la distance à parcourir.

Vivre comme si notre but était déjà atteint veut dire mobiliser notre esprit créateur pour activer les potentialités de réussite en nous. Cela veut dire également, que nous nous visualisons comme ayant atteint notre but en ayant franchi toutes les étapes nécessaire à  son accomplissement. Dans le cas de la marche évoquée cela veut dire nous visualiser comme étant déjà arrivés à destination en ayant marché par monts et par vaux. Ce faisant la distance devient relativement moins pesante.

But-01C’est pour cela que sur notre chemin spirituel, ne connaissant pas sa durée jusqu’à l’illumination, nous devons nous donner les moyens qui nous maintiennent sur la voie tracée par notre guide spirituel tout en nous visualisant comme déjà arrivés aux Pays purs de Bouddha. Jour après jour, vie après vie, à chaque instant nous souvenant de notre destination, en appliquant la discipline morale en toute circonstance nous pouvons réaliser ce but ultime.

L’esprit, le réalisateur de votre vie

Film Réalisat-02Dans les enseignements de Bouddha il est dit que « Tout est création de l’esprit ». Dans ce sens le monde que nous percevons est le monde auquel nous prêtons attention. De tout ce que nous percevons nous en projetons une image dans notre esprit. Lorsque nous percevons une bougie allumée devant nous une image de cette bougie est projetée dans notre esprit. Il ne saurait y avoir de bougie à l’intérieur de nous. Selon notre état d’esprit nous projetons un monde paisible ou un monde tourmenté par divers problèmes et souffrances. Pour mieux vous aider à comprendre cela, il m’est venu l’idée de la métaphore de la réalisation d’un film.

Vous êtes le réalisateur du film de votre vie et votre esprit « tient » la caméra. La mise en scène résultante est conforme au scénario qui suit fidèlement le script dicté par votre karma. Il n’y a dans le film strictement que ce que votre esprit perçoit au moment du tournage de votre expérience. Ce qui est en dehors du cadrage n’a pas été filmé et donc n’existe pas dans le film. Rien mis à part ce qui a été filmé n’existe. Que vous projetiez le film sur un petit ou un grand écran il n’y aura pas plus de contenu. Vous dirigez l’objectif de votre caméra dans une direction déterminée selon les graines karmiques qui mûrissent dans votre esprit.

Film Réalisat-01L’environnement et les objets présents devant la caméra forment le décor. Les gens avec lesquels vous êtes sont les personnages de votre film. Ils existent dans le rôle bien spécifique que vous leurs avez attribué en fonction de votre scénario. Chacun et chacune n’ont pas d’existence propre mais se manifestent uniquement en relation dépendante de votre état esprit du moment. Votre situation karmique détermine si vous êtes dans une romance ou dans un film d’horreur. Il se peut très bien que vous répétiez encore et encore une même scène, avec les mêmes acteurs ou avec d’autres.

Que faut-il comprendre de cette métaphore ? Nous avons une perception subjective de notre univers parce que vu à travers la lentille de notre esprit influencé par le mûrissement de notre karma. L’univers n’est pas en nous, seule une image de celui-ci se projette en nous à la manière d’un film. Par ignorance de saisie du soi nous sommes pourtant convaincus de l’existence intrinsèque des phénomènes et des gens que nous observons. Or ce ne sont que des images projetées par notre esprit. Si le scénario de notre film ne nous convient pas, nous pouvons à chaque instant le modifier en changeant notre état d’esprit et en changeant notre perception.

Film Réalisat-03En maintenant notre vigilance sur notre façon de percevoir ce qui apparaît dans notre vie, nous pouvons continuellement pratiquer la vertu et éviter ce qui est non vertueux, source de souffrance. En d’autres termes, il ne tient qu’à nous de créer un scénario agréable et sans souffrance. En éliminant de notre esprit les trois poisons que sont l’attachement, la colère et l’ignorance, celui-ci deviendra de plus en plus pur. Finalement quand l’esprit est pur ses créations seront pures et nous vivrons dans un monde pur.

Expérience inattendue de compassion

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Je suis quelques jours à la montagne dans un chalet d’alpage à 1500 mètres d’altitude. Je partage cette résidence avec 6 vaches qui passent leur journée à pâturer et dorment la nuit dans l’étable attenante à mon logis.
Ce matin tôt, alors que je m’installais pour ma pratique quotidienne, la présence de ces ruminants devint manifeste dans mon esprit par la réflexion suivante:
« Ces vaches sont des êtres sensibles qui font l’expérience du règne animal. Ces esprits comme moi ont eu d’innombrables renaissances dans les règnes du samsara. Actuellement je profite de ma vie humaine pour développer ma vie spirituelle, mais eux n’ont aucune possibilité de pratiquer le dharma ».
Alors, je sentis grandir un sentiment de compassion pour ces êtres sensibles piégés dans le samsara. Par l’imagination, je vais donc les aider à créer la cause d’une renaissance humaine. Je peux le faire en les invitant autour de moi lors de ma pratique.
Durant la pratique formelle de la sadhana, à chaque fois que le texte mentionnait « … êtres vivants…. » je percevais en mon coeur de façon concrète la compassion se manifester à leur égard. Au moment de faire les.requêtes, spontanément j’ai formulé en moi : « Puissent mes colocataires, ces vaches, recevoir les bénédictions spéciales qui créeront les causes d’une renaissance en tant qu’être humain ».
Ce matin j’entrai dans une belle journée ensoleillée avec le coeur rempli de gratitude.
Rédigé et publié sur place sur mon smartphone

Un Jour spécial pour moi

Chemin de vieSur la route de la vie je viens de franchir la septantième borne et j’en suis ravi. Ce matin dans ma méditation m’est venue cette pensée merveilleuse : « Nous devons apprendre à nous contenter de ce que nous avons au lieu de souffrir de ce que nous n’avons pas! »

J’ai fait mienne cette phrase très profonde, parce que depuis de nombreuses années j’ai également réalisé que ce que je possède de plus merveilleux est cette précieuse vie humaine. Sans elle, tout le reste est sans consistance. Cette vie me permet d’être en contact direct ou virtuel avec toutes mes lectrices et mes lecteurs et de progresser sur le chemin spirituel guidé par Bouddha. Merci de cet accompagnement subtil et bienfaisant.

Puissiez-vous aussi vous inspirer de cette merveilleuse phrase et je vous souhaite une bonne route. Que tout soit auspicieux pour chacun d’entre-vous.

 

Le karma, on peut détester mais on peut aussi aimer

BoomerangLe karma c’est la loi de causalité enseignée par Bouddha. Plus précisément chaque action aura une conséquence qui sera une expérience en relation dépendante et il ne peut y avoir d’expérience sans cause. Ainsi, les expériences ou les situations qui se manifestent actuellement dans notre vie quotidienne ne sont pas dues au hasard. Elles résultent d’actions que nous avons commises dans un passé plus ou moins lointain. Selon ce que nous vivons actuellement, par ignorance, nous pouvons détester ou aimer notre karma.

Pourquoi pouvons-nous détester ce karma? Si nous nous focalisons essentiellement sur les situations pénibles et douloureuses que nous traversons évidemment la vie nous semble une sinécure jonchée de problèmes et de souffrance. Et à cause de notre grande ignorance nous recherchons en vain un coupable responsable de notre déconvenue, que ce soit un objet, une situation ou quelqu’un. Nous pensons qu’il y a forcément une raison liée à ces objets et phénomènes extérieurs à notre esprit. En fait en aucun moment nous pensons que ce que nous vivons n’est autre que l’effet d’actions que nous avons créées antérieurement. Nous serions bien inspirés de comprendre que nous sommes les seuls responsables de ce qui nous arrive.

ChoixPourquoi pouvons-nous aimer ce karma? Grâce à un statut social élevé ou à la possession de nombreux biens matériels nous avons l’impression d’être heureux. Et de la même manière nous croyons que les objets et les phénomènes extérieurs à notre esprit sont responsables de ce que nous vivons. Toujours en vertu de la loi de causalité, si nous expérimentons des situations agréables et heureuses, nous comprenons que ce sont nos actions passées qui sont la cause de notre bonne fortune.  Ce sont là aussi des potentialités que nous avons créé par le passé qui sont responsables de cette bonne situation. Lorsque tout va bien, enclins à l’insouciance nous en venons même à oublier l’existence de notre karma.

Nous pouvons douter de l’existence de ces potentialités sur notre karma. C’est normal car nous n’avons pas la capacité de les voir. Pourtant, nous réagissons de manière différente devant chacune de nos perceptions. Ce que l’un perçoit un autre ne le perçoit pas, et pourquoi ? Parce tout est création de l’esprit, et celui-ci utilise le « matériel karmique » à disposition. Il utilise les empreintes et les potentialités qui habitent notre propre esprit.
Lorsque nous aurons une profonde compréhension de ce mécanisme, nous pourrons voir ce qui nous entoure comme le reflet dans un miroir de ce qui se trouve en nous. Bouddha nous enseigne que chaque action créée des effets similaires à celle-ci. Ces derniers se manifesteront plus tard dans nos vies futures. En portant notre attention à ce qui va bien dans notre vie plutôt que de s’agiter et de se plaindre parce qu’il nous semble que tout va mal, nous déplaçons notre énergie créatrice vers ce qui est positif. Il y a un lien direct entre notre quotidien et précédemment dans cette vie ou dans nos vies antérieures. Et comme notre mémoire ne se souvient que de cette vie-ci, nous pouvons difficilement trouver une explication à ce qui nous arrive.

Ceci démontre simplement l’existence de ces situations potentielles entretenues dans votre esprit. Alors posez-vous la question dès maintenant : « Pourquoi ce fait divers vu dans les médias me préoccupe tant? » Est-ce une simple curiosité ? ou encore « Pourquoi j’ai une relation conflictuelle avec cette personne? ».
EngrenagesDites-vous bien que ce n’est pas l’autre qui est désagréable avec vous, mais bien ce que révèle cette personne à ce propos de votre état d’esprit. Si vous vivez dans le bien-être, le succès est présent dans votre vie, vous pensez que c’est normal parce que vous avez tout fait extérieurement pour cela et vous dites : « J’en ai bavé pour arriver où je suis » ou encore « J’ai de la chance, tout vient à moi naturellement ». Là encore ce ne sont pas les conditions extérieures qui en sont responsables, mais bien les potentialités se trouvant sur votre esprit qui ont mûri. Dans ce sens le karma nous indique où se situent les choses potentiellement néfastes ou au contraire bénéfiques que nous pouvons respectivement  purifier ou cultiver.

Réflexions qui me sont venues lors de ma retraite du 15 au 22 mai 2013, avec pour thème la purification de l’esprit par une pratique de Vajrasattva et son mantra en cent syllabes.

Le chantier de notre libération de la souffrance

Lorsque nous sommes impliqués dans un projet conséquent et d’une grande importance, dont la réalisation se fera par étapes plus ou moins longues et dont la durée s’étale sur plusieurs années voire toute une vie, nous parlons souvent de chantier, de chantier du siècle, etc. Je vais donc utiliser comme base une métaphore de ce chantier pour illustrer celui qui nous amènera à la libération de la souffrance.

Chantier-01Notre libération de la souffrance est de l’ampleur d’un chantier pharaonique. L’édifice à construire est notre libération du samsara et les innombrables ouvriers travaillant sur ce chantier sont chacune de nos intentions vertueuses qui mettent en place les éléments de l’édifice. Comme le travail de chaque ouvrier est important, parce qu’il contribue au tout, chacune de nos intentions vertueuses est une graine de libération.
Pour construire cette libération de la souffrance, chacun doit savoir ce qu’il lui faut abandonner et au contraire connaître ce qu’il doit mettre en place dans sa vie. En abandonnant toute action qui, tôt ou tard, se traduira en souffrance, nous garantissons la solidité de l’édifice de notre libération.

Il est fort probable que ce chantier durera bien au-delà de cette vie-ci, d’où la nécessité d’œuvrer non seulement pour notre vie actuelle, mais pour nos vies futures. La tentation de penser « De toute façon je n’y arriverai pas » avec une perspective à court terme sera avantageusement remplacée par « Un jour certainement j’y arriverai » avec une perspective à long terme, sachant que peut-être de nombreuses vies seront nécessaires pour atteindre le but.
Pour construire notre libération du samsara, il n’y pas d’intention vertueuse insignifiante. Toute intention vertueuse se traduit par une action et, si petite soit-elle, contribuera à notre objectif. Ainsi, toute action vertueuse a son importance, tout comme dans la construction d’un édifice il y a de petits éléments et d’autres plus grands, tous sont nécessaires. C’est pourquoi nous ne devons pas sous-estimer chacune de nos actions, en pensant : « A quoi bon, cela n’en vaut pas la peine! »

Chantier-02 Notre esprit est le créateur de notre vie et de son environnement. Nous « créons » de bonnes ou de mauvaises choses, selon notre état d’esprit. Il y a des jours où nous sommes pleins d’ambitions et sommes capables de réaliser de grandes choses et d’autres où nous sommes sous l’emprise de nos perturbations mentales et sommes capable de ne rien faire ou pire encore de nous complaire dans des actions non-vertueuses.
VGL nous dit dans le livre « La Voie Joyeuse » : Les actions vertueuses sont des voies qui mènent  au bonheur ultime de la libération. De telles actions découlent de la pratique de la discipline morale, en comprenant les dangers de commettre des actions non-vertueuses. La pratique de la discipline morale nécessite la sagesse qui réalise les effets des actions négatives. En nous abstenant de commettre toute action non-vertueuse, si tant est que c’est possible, nous devons également pratiquer la vertu par des actions positives et vertueuses.

Chantier-03Alors, dans notre vie de tous les jours, développons des intentions vertueuses si petites soient-elles. En saisissant chaque opportunité de le faire et en appliquant la discipline morale dans chacune de nos actions nous construisons l’édifice de notre libération de la souffrance, notre libération du samsara. Quoi que nous fassions, nous le ferons en accord avec notre discipline morale en nous rappelant que celle-ci est comme le ciment qui maintient ensemble de façon durable les élément de notre construction, la libération de la souffrance.

Compilé à partir de mes lectures de « La Voie Joyeuse » de Ghéshé Kelsang Gyatso et de mes transcriptions du « Programme d’Etude » au Centre Atisha de Genève.

Réflexion par temps de grippe

grippe-02Quand bien même j’ai pris beaucoup de précautions pour ne pas tomber malade, j’ai fait cette mauvaise rencontre le week-end passé! Ceci m’obligea de rester couvert et de garder le lit tout en me prodiguant les soins appropriés. J’avais donc le temps de méditer et de réfléchir au problème de la souffrance dans le samsara et en particulier à celle de ma grippe.

Ainsi mon corps malade m’amena tout naturellement à la constatation : « J’ai un problème, je suis malade! » En fait cette vision de la situation est incorrecte, car c’est mon corps qui est malade et pas moi. La maladie est le problème de mon corps mais ce n’est pas mon problème. Comment est-il possible d’affirmer cela? Par un simple raisonnement logique. Lorsque je dis « mon corps » cela confirme que je suis le possesseur et que ce corps est le mien. Or possesseur et objet possédé sont par nature des éléments distincts et donc le sens de « J’ai un problème, je suis malade » diffère de sa signification première.
grippe-01En d’autres termes, le fait que mon corps soit malade est perçu négativement par mon esprit et devient mon problème. Mon problème est mon esprit négatif envers le fait que mon corps soit malade. La maladie de mon corps est juste une situation particulière correspondant à une expérience karmique qui vient à maturité. C’est le problème qui affecte mon corps. Mon problème apparaît dès l’instant où mon esprit impute « problème » au fait que mon corps est malade.

grippe-03Certes mon corps malade requiert des soins et des médicaments appropriés et aura peut-être besoin d’une consultation chez le médecin. Tout cela concerne mon corps malade. Ce n’est pas pour autant que je dois créer une souffrance supplémentaire en m’identifiant à la maladie de mon corps. Pourtant, aussi longtemps que je m’identifie à ce corps, je m’identifie également à sa maladie et en conclusion, je souffre doublement. La seule manière de trouver une solution à mon problème consiste à changer mon état d’esprit. En changeant mon état d’esprit, j’arrête t’imputer « problème » sur quoi que ce soit. Bien que la situation extérieure à mon esprit ne change pas instantanément, mon esprit n’a plus de problème avec la dite situation.

Bouddha nous dit que tout est création de l’esprit, la maladie y compris. Comment cela est-il possible? L’expérience d’une maladie est l’effet d’une cause karmique créée dans les vies passées. Ces potentialités, ou graines karmiques sont ensemencées dans notre esprit et viennent à maturité lorsque les causes circonstancielles sont remplies. Cela montre bien que la source de la maladie se trouve au niveau de notre esprit et que si nous voulons abréger ou supprimer la maladie, nous pouvons y contribuer en changeant notre état d’esprit. Il a été vérifié que de deux patients hospitalisés avec la même pathologie, celui qui maintiendra un état d’esprit optimiste accélérera de façon signification sa guérison. Cela ne veut pas dire non plus qu’il suffit d’un changement radical d’état d’esprit pour nous guérir de la maladie, mais cela y contribuera.