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Pratiquant bouddhiste affilié à la Nouvelle Tradition Kadampa

Comment bien pratiquer

À priori, mettre en pratique les enseignements ne nous semble pas si compliqué. Les vraies difficultés surviennent lorsque nous recherchons à pratiquer d’une manière habile et efficace. La toute première chose que nous nous efforçons de faire consiste à identifier nos perturbations mentales et ne pas s’identifier à elles. Lorsque nous disons : « Je suis contrarié !!! », alors que nous ne sommes pas la contrariété. Notre esprit est conditionné par une perturbation mentale qui est la contrariété. Nous devrions plutôt nous identifier à notre potentiel pur et voir nos perturbations mentales comme des obstacles à notre développement spirituel.

Le fait de nous identifier à nos perturbations mentales entraîne différents problèmes. En plus de nous conditionner et de nous distraire, celles-ci font obstruction à notre progression spirituelle. Elles développent en nous un sentiment de culpabilité d’être à une telle distance de l’objectif fixé. Nous avons alors le sentiment : « Pfff … je ne vais jamais y arriver, c’est trop dur! ». Le plus souvent aussi, nous supprimons momentanément nos perturbations sans pour autant les éliminer complètement et ce n’est pas suffisant.

L’entraînement principal consiste donc à observer notre esprit. Nous devrions être constamment vigilants afin que nous puissions identifier cette perturbation dès son apparition dans notre esprit. Par analogie, le skipper sur son voilier veille constamment à garder son cap, ne se laissant pas dériver de sa trajectoire. Plus il attend pour réagir, plus il devra manœuvrer pour reprendre la bonne direction. De même, si nous identifions assez tôt une perturbation mentale naissante, il est relativement facile de l’empêcher de croître et de retrouver notre paix intérieure.

C’est pourquoi, cette première difficulté est réellement la plus coriace. Une fois que nous identifions la perturbation mentale dans sa phase initiale, il est relativement facile de l’éliminer. Tout ceci découle d’une claire compréhension de sa signification karmique  et d’une ferme détermination de l’éliminer.

Nous devons être absolument clairs et intransigeants à leur sujet en développant des pensées et des affirmations telles que : « Cela n’est pas moi! » ou bien « Je ne me reconnais pas dans cette perturbation » ou encore « Je ne te donne pas mon assentiment! ». En prenant pour cible nos perturbations mentales, nous les démasquerons rapidement pour finalement les anéantir définitivement. Sans s’attacher au résultat, nous essayons juste de réussir ce défi en faisant de notre mieux.

Nous vivons dans l’illusion et l’apparence des choses.

Nous croyons que ce qui apparaît à notre esprit est vrai parce que nous estimons que notre esprit ne fait pas d’erreur. Mais tout ceci n’est qu’illusion. Les objets et les phénomènes qui apparaissent à notre esprit n’existent pas vraiment d’une façon inhérente. Ils existent uniquement en relation dépendante de la façon dont nous les percevons. Les objets et les phénomènes n’existent que d’une manière conventionnelle. Tout au long de notre vie nous désignons les choses et les personnes qui nous entourent par un nom représentatif pour nous.

Ainsi, le plus souvent selon notre état d’esprit du moment, les choses et les phénomènes nous semblent différents. N’avez-vous jamais remarqué comment un objet précis qui vous est agréable habituellement est particulièrement détestable en d’autres circonstances. Qu’est-ce qui a changé? Vous … ou l’objet?

Notre perception alternera entre des interprétations toutes perçues comme valides, mais qui ne confirment pas une représentation unique et absolue. Nous vivons dans l’illusion et l’apparence des objets et des phénomènes de nature impermanente.

Notre esprit, conditionné par d’innombrables perturbations mentales, aboutit à une perception déformée de la réalité. Ces perturbations mentales ne sont que des états d’esprit qui projettent sur les choses une appréciation subjective en accentuant de manière arbitraire certains aspects particuliers de celles-ci, puis de la considérer comme vraie.

En dépendance de notre perception erronée, nous développons une attention inappropriée et nous sommes capables de nous attacher à certaines illusions, ceci parfois pour notre plus grand malheur.

L’attention inappropriée nous induit dans une erreur d’appréciation de la réalité. Cette ignorance nous laisse dans l’illusion que les choses et les phénomènes existent vraiment de leur propre côté. Aussi longtemps que nous resterons dans cette illusion des choses, nous connaîtrons un cycle sans fin d’insatisfactions et de souffrances et n’aurons aucune possibilité de connaître un bonheur pur et durable. Mais si nous pratiquons la voie bouddhiste de la libération, nous pourrons détruire notre ignorance, la saisie du soi, et atteindre un état de paix et de liberté parfaite.

J’ai lu … le 9 mars 2012

Dans « Huit étapes vers le bonheur » Guéshé Kelsang Gyatso écrit :

Un homme plein de compassion trouva un jour un gros poisson au bord de la route. Il était tombé d’un chariot d’un pécheur et vivait encore. Voulant le sauver, l’homme le ramassa avec soin et le mit dans un étang non loin de là. Peu de temps après cependant, les habitants qui vivaient là s’aperçurent que tous les petits poissons avaient disparu de l’étang en question et seul y restait le gros poisson. Lorsqu’ils comprirent que le gros poisson avait mangé tous les autres, ils furent très irrités et le tuèrent. L’action compatissante de l’homme eut pour conséquence la mort de non seulement  de tous les poissons de l’étang, mais aussi du gros poisson qu’il avait essayé de sauver.

Cette histoire nous montre que, si nous souhaitons vraiment aider les autres, nous avons  besoin d’avoir plus que le simple désir compatissant de les aider. Il est nécessaire de développer aussi notre sagesse, car sans sagesse nos efforts pour aider pourront souvent avoir des retombées négatives.

En effet souvent, animés d’une grande compassion, nous cherchons à aider les autres pensant sans autre que nous en serons capables. Ainsi, persuadés de pouvoir le faire, nous sommes parfois finalement déçus, n’ayant pu faire grand-chose par ignorance ou par maladresse. Nous souffrons alors de ne pas avoir obtenu de résultat. En écoutant notre sagesse, nous sommes à même de savoir si la situation est à notre portée et si nous sommes capables d’aider vraiment.

Pourtant, il ne faut pas se laisser aller au découragement, mais persévérer dans nos actions. À chaque expérience, nous pouvons faire de notre mieux, sachant que le résultat ne nous appartient pas. Si notre intention est profonde et sincère, nous développons sur notre esprit les potentialités de pouvoir le faire à l’avenir jusqu’à ce que finalement nous obtiendrons effectivement un résultat.

Apprendre à accepter sans réserve les situations difficiles

Quelle que soit la situation difficile que nous avons à affronter, nous n’avons que deux possibilités. Soit nous pouvons faire quelque chose, soit nous ne pouvons rien faire. Si nous pouvons faire quelque chose, nous faisons l’effort de le faire sans pour autant être contrarié ou en colère. Et si nous ne pouvons rien faire, nous sentir triste ou nous mettre en colère ne fait que d’ajouter une frustration supplémentaire à la souffrance existante. Dans ce dernier cas, la solution est à rechercher dans l’acceptation patiente de la situation difficile. Par exemple, si vous souffrez d’un mal de tête, vous allez prendre un analgésique. Mais jusqu’à ce que celui-ci fasse effet, vous n’avez pas d’autre choix que d’attendre qu’il fasse effet et d’accepter momentanément la douleur.

La patience est un esprit capable d’accepter complètement la situation quelle qu’elle soit. C’est bien plus que de serrer les dents et de supporter celle-ci. Cela signifie accueillir sans réserve quoi qu’il arrive et abandonner l’idée que les choses devraient se passer autrement.

En changeant notre perception de ce qui nous paraît une circonstance désagréable, vision de notre esprit perturbé, en une circonstance agréable, vision dictée par notre sagesse qui nous renseigne sur l’inutilité de notre première impression, le désagrément causé par la situation disparaît et par la même occasion la frustration et la colère aussi.

Pour revenir à l’exemple du mal de tête cité ci-dessus, le fait de s’énerver parce que le médicament ne fait pas assez vite de l’effet ne fera que prolonger la souffrance inhérente au mal de tête. Tandis que si nous prenons patience, sachant que son effet est imminent, tout rentrera rapidement dans l’ordre.

Chaque situation est une occasion d’approfondir notre compréhension de la loi du karma.

 Lorsque des situations indésirables surviennent dans notre vie, elles sont la conséquence de la maturation de nos actions non-vertueuses passées. Nous les exploitons pour augmenter notre détermination d’abandonner toutes les actions non-vertueuses et de renforcer seulement ce qui est vertueux.

Nous utilisons aussi chaque situation pour augmenter notre motivation de purifier notre karma négatif.  Les potentialités de ce karma sont semblables à une bombe à retardement pendue dans  notre dos, et nous ne savons pas quand elle va exploser.

Les êtres vivants n’ont aucun défaut

Habitués à ne voir principalement que les défauts chez les autres, nous avons une grande difficulté à voir ceux-ci comme parfaitement bons et sans perturbations. Ainsi, comment pouvons nous considérer la personne en face de nous dont l’esprit est rempli de colère comme quelqu’un exempt de tout défaut? Cela nous paraît d’une certaine façon impossible.

Pourtant, en comprenant que tous les êtres sensibles sont en quelque sorte pris en otage par leurs perturbations mentales et ne réagissent qu’en fonction de celles-ci, ils sont simplement incapables de manifester autre chose. En d’autres termes, les êtres vivants sont tous atteints d’une maladie mentale qui s’appelle perturbations mentales.

Tout comme nous n’allons pas blâmer une personne pour la maladie qui la fait actuellement souffrir, nous ne pouvons par le même raisonnement blâmer une personne sous l’emprise de la maladie de ses perturbations mentales. En développant notre patience et notre compassion, nous pouvons ainsi faire abstraction des perturbations mentales manifestes, et nous pouvons voir tous les êtres sans aucun défaut.

Les êtres vivants n’ont aucun défaut est le thème du cours du mercredi 7 mars 2012

Voir nos défauts dans le miroir du dharma

Aspect scientifique

Depuis notre naissance, nous considérons le monde dans lequel nous vivons comme possédant une réalité matérielle absolue. Par ce conditionnement, nous évoluons dans notre vie avec cette vision des choses. Toutes les informations que nous possédons sur le monde extérieur  nous sont fournies par nos cinq sens. Le monde que nous connaissons consiste en ce que nos yeux voient, nos oreilles entendent, par les odeurs que nous sentons, les saveurs de tout ce que nous goûtons et par tout ce qui entre en contact avec notre peau. L’homme depuis sa naissance dépend uniquement de ses cinq sens. Et le monde extérieur ne lui est connu qu’à travers eux.

Afin de mieux saisir le mécanisme de notre perception de la matière, rappelons succinctement comment fonctionne notre sens de la vue, qui nous apporte la majeure partie de l’information sur le monde extérieur. Tout objet exposé à la lumière réfléchit une partie de celle-ci sous forme d’ondes lumineuses perçues par nos yeux. Ces ondes lumineuses traversent le cristallin de notre œil et viennent imprimer une image optique sur la rétine. Celle-ci est ensuite acheminée sous forme de stimuli sensoriels vers une partie spécifique du cerveau appelée centre de la vision. À ce moment-là il faut bien comprendre que c’est une image et non l’objet qui se trouve à l’intérieur de notre cerveau.

C’est cette image que notre esprit perçoit. Ainsi, quand nous disons que nous voyons, ce sont les signaux électriques résultants de notre vision qui sont finalement perçus par notre esprit. En d’autres termes, notre esprit a une perception subjective de ce qui est supposé être à l’extérieur. C’est notre ignorance qui nous fait croire que quelque chose existe de façon inhérente à l’extérieur de notre esprit. En réalité ce ne sont que des images virtuelles perçues par un esprit dont l’état change constamment. De la même manière nous pouvons appliquer ce raisonnement à nos autres sens.

Aspect spirituel

Puisque l’interprétation du monde « extérieur à notre esprit » dépend essentiellement de notre état d’esprit, nous percevons les choses de manière changeante. Ainsi, selon les perturbations mentales actives à un moment donné, notre perception de la réalité est elle aussi changeante. Par exemple, si nous sommes de mauvaise humeur, nous avons l’impression que tout se met de travers dans notre vie. Tandis que si nous sommes de bonne humeur, au contraire nous avons tendance à voir la vie positivement. Autrement dit, les expériences que nous traversons sont essentiellement dépendantes de notre état d’esprit.

Alors, au lieu de nous épuiser à vouloir changer ce que nous croyons à tort être à l’extérieur, si nous voulons que quelque chose change dans notre vie nous devons changer l’image que nous en avons, en changeant notre état d’esprit. En prenant chaque situation vécue comme le reflet de notre esprit qui observe sa propre image dans un miroir, il nous appartient d’en changer et de retrouver la paix dans notre esprit. « Changez votre façon de voir les choses, et les choses que vous regardez … changeront! »

Le karma

Le karma est un terme sanskrit qui veut dire acte ou action. Sa signification est souvent mal comprise par la plupart des gens qui croient qu’il s’agit d’une sorte de destin contre lequel on ne peut rien faire. Du reste, on retrouve cette croyance dans l’expression populaire : « Ah! C’est mon karma, je n’y peux rien, je dois faire avec … ».

En fait le karma est un cas particulier de la loi de causalité qui dit qu’un acte a obligatoirement une conséquence ou en d’autres termes qu’une action entraîne inévitablement une réaction. Ainsi à l’origine de chacune de nos expériences, il y a une action et chacune de ces actions nous conduira à faire une expérience, conséquence directe de cette action. Le corollaire de cette loi est qu’il ne peut y avoir une action sans réaction, tout comme il ne peut y avoir une réaction sans une action qui lui ait donné naissance.

Dans notre vie, nous avons à assumer les conséquences de nos actes et chacun peut le vérifier aisément. Par exemple, si maladroitement nous nous tapons sur les doigts avec un marteau, la conséquence est immédiate : la douleur qui va très vite nous faire lâcher le marteau. Ou bien, si nous ne respectons pas le code de la circulation avec notre véhicule, nous nous exposons à une contravention ou pire à assumer les conséquence d’un accident. Ou encore si nous ne sommes pas consciencieux dans notre travail, nous allons finalement recevoir un blâme ou être licencié. Mais heureusement pour nous, ce qui se produit avec des actions négatives ou non vertueuses se produit aussi bien pour nos actions positives et nos actes vertueux. Ces actes vertueux et ces actions positives nous conduiront à faire des expériences agréables et remplies de bonheur.

Pourtant il y a des situations et des expériences de vie dont les causes nous échappent  totalement, pourquoi? Parce que leurs causes sont les actions commises dans une vie précédente, et de cela nous n’en avons évidemment aucun souvenir. Mais nous ne pouvons pas pour autant prétendre que puisque nous ne nous en souvenons pas, ces causes-là n’existent pas.

Chaque acte ou action engendre une empreinte sur le continuum de notre esprit dont l’effet mûri se manifestera lorsque les causes circonstancielles adéquates seront réunies. Ce qui veut dire qu’une action n’est jamais perdue et que le mûrissement de cette action peut très bien arriver aujourd’hui dans cette vie, mais aussi bien plus tard dans une vie future.

Le karma de chacun est comme un abonnement des transports publics il est nominatif et non transmissible. Ce qui veut dire que nous ne pouvons pas déléguer notre karma qui nous gêne et le céder à quelqu’un d’autre. Nous en assumons l’entière responsabilité. Et de ce fait nous devons cesser de rechercher un coupable de tous nos maux et infortunes.

Cette compréhension nous incite analyser notre esprit et son comportement perturbé pour mettre fin à notre inconfort et à notre souffrance. C’est se dire avec bienveillance et sans aucun jugement : « La véritable cause de ce que je vis en ce moment est en moi. Que dois-je comprendre de ce qui m’arrive? » plutôt que de dire : « Qui est-ce qui m’a fait cela? »

La nature de l’esprit

Réflexion du weekend

Les enseignements de Bouddha disent que la fonction de notre esprit est de percevoir et de connaître les objets et les phénomènes et que celui-ci est sans forme et sans limites. Quoi que notre esprit perçoive, il l’appréhende comme l’une de ses parties et sans obstruction quelconque il peut contenir une infinité de représentations.

Ce qui est vrai pour l’esprit A l’est également pour l’esprit B, C et D. Chacun peut ainsi étendre son champ de perception à l’infini. Or, deux ou plusieurs champs de perception infinis ne peuvent être distincts. Car cela voudrait dire qu’il y a une limite à l’infini de A à partir de laquelle l’infini de B commence ce qui est une aberration.

Ainsi, tous les champs de perception sont finalement confondus en un seul champ de perception, la vacuité ou le dharmakaya. Bien qu’apparemment distincts les uns des autres. Chacun contient la totalité de ce champ infini. Seule notre perception limitée par l’ignorance de saisie du soi, nous fait croire que les champs de A, de B, de C et D sont distincts et séparés les uns des autres.

Dans le monde mathématique des fractales, cette représentation est possible et l’image ci-jointe le démontre. Chaque partie de l’image contient la totalité de l’image et à partir de chacune des parties de l’image il y a suffisamment d’éléments pour reconstruire l’image dans sa totalité.

La bonté des autres

Avez-vous songé une fois à toutes les personnes qui ont contribué à ce qui fait que vous puissiez jouir de cette corbeille de légumes. Combien de celles-ci ont travaillé durement, parfois dans des conditions difficiles, par tous les temps pour que ce qu’ils ont semé se développe le mieux possible et vous les proposer. Sans leur contribution, nous ne pourrions pas profiter des bienfaits des produits de leur terre. Du point de vue spirituel, ce labeur est la manifestation de la bonté de toutes ces personnes, en une chaîne interrompue jusqu’à vous.

Nous avons hélas souvent le sentiment que tout nous est dû et nous consommons toute chose sans arrière-pensée et sans état d’âme, comme si c’était normal. Il en va de même pour tout ce que nous avons, tout ce que nous utilisons. Chaque fois que nous tenons quelque chose entre nos mains, pensons : « Combien de personnes bienveillantes ont contribué à l’existence de ce que je tiens dans mes mains? Puissé-je leur rendre leur bonté! »

La bonté des autres est le thème du cours de mercredi 22 février 2012