Jeux de rôles, le chemin de l’illumination

Mieux comprendre les notions d’imputation et de base d’imputation.

Rôle-01Ces deux notions souvent plongent le néophyte dans une grande perplexité quand bien même nous les expérimentons constamment inconsciemment dans notre vie. Chaque expérience que nous faisons est subordonnée à la situation mise en scène par notre esprit ou si vous préférez due à l’activité faite dans une situation donnée. Par exemple, si nous sommes un parent : lorsque nous sommes avec nos enfants nous assumons totalement notre fonction avec les attributs et les qualifications d’un père ou d’une mère ; mais lorsque nous sommes au bureau, à notre place de travail nous utilisons nos compétences professionnelles. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’une activité exclusive. Lorsque que nous sommes un parent nous ne sommes pas simultanément celui ou celle qui travaille. Soit nous sommes à la maison soit au bureau, pas aux deux endroits simultanément. Tout se passe comme si nous jouerions différents personnages au fil du temps.

Rôle-02Étymologiquement, le mot “personne” provient probablement de l’étrusque qui désigne le masque que portaient les comédiens au théâtre. Ainsi, tout au long de notre vie nous changeons continuellement de masque donc de personnage. Nous pouvons dire que les propriétés et les caractéristiques de chaque personnage constituent la base d’imputation pour imputer le nom spécifique qui lui correspond. Et à chaque nom, chaque personnage, correspond une base d’imputation différente. Partant de l’idée que le JE de nous-mêmes a pour base d’imputation ce corps actuel, nous avons eu par le passé différents corps, celui d’un nouveau-né, d’un enfant, d’un adolescent et maintenant un corps d’adulte. Il est évident que tous ces corps ont eu un aspect temporaire différent les uns des autres. En conclusion nous avons continuellement changé de base d’imputation. Ces changements se sont fait naturellement de façon continue.

Du point de vue spirituel, une clé importante est de faire la distinction entre la base d’imputation et l’imputation elle-même. Nous venons de comprendre qu’il s’agit bien de deux choses distinctes. De la même manière, notre JE n’est rien de plus qu’un nom, une simple étiquette que nous imputons sur la collection de notre corps ordinaire et de notre esprit ordinaire. La seule raison pour laquelle nous sommes un être humain est que de par notre karma nous imputons notre JE sur un corps humain. Rôle-03Rien ne nous empêche d’apposer cette étiquette sur une autre base. Et de toutes les bases d’imputation possibles, la meilleure est celle d’un bouddha. Si nous ne le faisons pas, c’est parce que d’une part nous croyons que ce corps humain existe vraiment de son propre côté et d’autre part que nous y sommes très attachés.

Or les enseignements sur la vacuité nous expliquent que tous les objets sont vides d’existence intrinsèque et n’existent qu’en relation dépendante de leurs parties, de causes et de conditions et de l’esprit qui les perçoit. C’est pour cette raison que si nous considérons que ce JE est plus qu’une simple désignation et existe de son propre côté attaché à ce corps existant de manière intrinsèque, nous ne pouvons imputer ce JE sur autre chose. C’est parce que ce JE est vide d’existence intrinsèque et que c’est juste un nom que nous pouvons imaginer d’échanger sa base d’imputation actuelle avec le corps et l’esprit d’un bouddha. C’est la voie à suivre pour atteindre l’illumination d’un bouddha.

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