Développer l’esprit qui chérit les autres

Chérir les autres est la meilleure méthode pour résoudre nos propres problèmes comme ceux des autres. Nous avons à comprendre pourquoi c’est si important, puis de le mettre réellement en pratique. Il y a essentiellement deux raisons à cela. La première est parce que la nature de chaque être est la bonté et deuxièmement c’est très bénéfique pour nous de le faire.

C’est la meilleure méthode parce que l’esprit qui chérit les autres nous aide à vaincre nos perturbations mentales, cause principale de notre malheur et de notre tristesse. Il nous aide à résoudre nos problèmes quotidiens et c’est le fondement de notre voie spirituelle.

Pour comprendre de quelle manière il nous aide à surmonter toutes nos perturbations, contemplons la jalousie, la colère et l’attachement qui empoisonnent si souvent notre existence.

Chérir les autres surmonte notre jalousie, parce que nous sommes heureux de la bonne fortune et du bonheur des autres. Chérir les autres nous aide à surmonter notre colère, parce qu’il s’agit d’un état d’esprit d’amour à l’opposé de la colère et qui souhaite juste que les autres soient heureux. De plus cela crée un contexte harmonieux de sorte qu’aucune base de conflits n’existe. Finalement chérir les autres surmonte notre attachement désirant, principale cause des relations disfonctionnelles et qui contribue à notre solitude. L’objet principal de notre attachement est nous-même tandis que l’objet de chérir les autres est justement les autres. En résultat, nous développons des relations stables et satisfaisantes et nous ne nous sentirons plus jamais seuls.

Pour comprendre de quelle manière il nous aide à résoudre tous nos problèmes quotidiens, nous pouvons observer comment chaque problème que nous éprouvons vient de notre auto-préoccupation, et toutes les bonnes choses viennent de chérir des autres. Nous devons éprouver chaque situation pour nous convaincre de la pertinence de cette méthode. La manière de résoudre tous nos problèmes quotidiens est l’esprit qui chérit les autres.

Pour comprendre de quelle manière chérir les autres est le fondement de notre voie spirituelle, nous contemplons comment c’est la racine d’un bon karma et par conséquent du vrai bonheur. Chérir les autres nous permet d’accumuler une grande quantité de mérite ou énergie mentale positive qui sera la principale cause de notre illumination.

La meilleure manière de mettre cela en pratique est (1) toutes les fois que nous sommes avec les autres nous considérons leur bonheur au moins aussi important que notre propre bonheur, (2) nous commençons avec notre famille et nos amis en les utilisant comme exemple de comment nous pouvons aimer les autres, (3) quand nous possédons quelque chose, au lieu d’être avare, nous devrions être heureux de pouvoir le partager parce qu’ils peuvent ainsi en profiter également, (4) réjouissons-nous de leur bonne fortune et de ses causes. De cette manière nous pouvons profiter de tous ce qui existe : être simplement heureux pour les autres. Et (5) nous utilisons chérir les autres en tant qu’antidote pour vaincre nos perturbations.

Pour réaliser l’esprit qui chérit les autres nous allons chercher à identifier les obstacles à cet amour qui chérit. Les deux principaux obstacles sont notre auto-préoccupation qui s’oppose à ce que nous reconnaissons honnêtement nos fautes et notre perspicacité à déceler les défauts des autres plutôt que leurs bonnes qualités. Alors qu’il est bien plus bénéfique d’affronter nos propres fautes et d’observer uniquement les bonnes qualités chez les autres. Ce faisant nous clarifions des situations qui sont mal comprises pour finalement mieux les comprendre.

Habituellement nous chérissons que ce que nous apprécions, ce que nous trouvons attrayant, ce que nous trouvons bon et nous ne chérissons pas ce que nous détestons, que nous trouvons contraire à nos idées ou qui manque de bonnes qualités.

Les enseignements habiles des bouddhas nous apprennent comment développer une vue différente. Ainsi, comprenant que tout est simplement une projection de notre esprit, le monde que nous expérimentons est le monde auquel nous prêtons attention. En d’autres termes, c’est de choisir de croire en ce qui est bénéfique pour notre esprit.

Ce qui ne veut pas dire que, comme une autruche, nous mettons la tête dans le sable et prétendons que les choses qui ne sont pas visibles n’existent pas, mais portons notre attention sur les objets d’une manière bénéfique pour nous. La principale cause de nos perturbations mentales est notre attention inappropriée. Nous exagérons voire même nous inventons les bonnes et les mauvaises qualités des objets et percevons de manière erronée toutes les choses tandis qu’en résultat nos perturbations augmentent. La voie de la libération est vraiment une reconsidération de notre vision des choses.

Le problème principal est que nous ne pouvons pas voir même nos propres défauts, cependant que nous sommes très habiles à voir les défauts des autres.

Nous ne savons pas voir de manière bénéfique les bonnes et les mauvaises qualités en nous-même ou chez les autres. La grande confusion à ce sujet est le principal obstacle à développer l’esprit qui chérit les autres.

N’oublions pas qu’une des fonctions principales du Dharma est de servir comme un miroir dans lequel nous pouvons voir nos propres fautes. En identifiant nos fautes nous pouvons finalement nous en débarrasser. Mais nous devons être prudent de ne pas utiliser ce miroir comme un télescope pour mieux voir les fautes chez les autres.

 [Tirés des enseignements reçus oralement de Kadam Ryan, mon Enseignant]
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